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Attentats de Paris : les autres voix qui comptent

Après le choc et l'effroi provoqués par les attentats de Paris, ce fut la douleur et la compassion nécessaires à l'égard des victimes - mortes ou blessées - et de leurs familles.

Après le choc et l'effroi provoqués par les attentats de Paris, ce fut la douleur et la compassion nécessaires à l'égard des victimes - mortes ou blessées - et de leurs familles.

Puis, vint ensuite, en Occident particulièrement, le flot ininterrompu et spectaculaire des analyses des commentateurs et des «experts» de tout acabit - des plus sérieuses aux plus fantaisistes -, des reportages, des images, des témoignages et des souvenirs remémorés des longues heures d'angoisse et d'horreur que vécut la population parisienne; le tout sur fond de discours officiels sécuritaires et belliqueux.

Alors que sur la Syrie déjà s'abattent et se multiplient les bombardements que l'on sait indiscriminés, dans les pays limitrophes (Jordanie, Liban, Turquie) s'entassent par centaines de milliers les réfugiés de cette guerre meurtrière.

Si, au Canada, les gouvernements fédéral et provinciaux comme la population font preuve en général d'une grande générosité relativement à l'accueil prochain de réfugiés, ailleurs, en Occident, et à quelques exceptions près - notamment en Allemagne et en Suède -, se poursuit et s'affirme plus que jamais la peur soigneusement entretenue de l'autre avec ce que cela implique de fantasmes qui n'imaginent ce dernier que sous la figure du musulman indésirable, toujours-déjà radicalisé, potentiellement terroriste, et, menaçant, comme disent les beaux esprits, le «vivre-ensemble»; expression dont on sait aujourd'hui toutes les perverses ambigüités et l'hypocrisie qu'elle recouvre et à laquelle certains polémistes et plumitifs canadiens ont recours - en français et en anglais.

Mais, dans cet indescriptible tumulte, des voix justes, lucides et mesurées s'élèvent. Des voix dissonantes mais fécondes qui demeurent cependant minoritaires, je le crains, puisqu'elles ne recueillent justement pas toute l'attention qu'elles mériteraient.

Je pense notamment à l'analyse des attentats de Paris qu'a proposée l'historien français Vincent Lemire. Dans un texte concis et d'une rigueur historique irréfutable - «13 novembre 2015 : une histoire française» -, il rompt résolument avec l'amnésie et l'immédiateté soporifiques auxquelles les «croassements rauques des vautours» et les discours politiciens nous condamnent puisqu'il nous replace résolument dans le temps long des enjeux qui ont façonné notre présent.

Aujourd'hui, c'est la voix de l'écrivain et poète martiniquais Patrick Chamoiseau qui nous interpelle. Voix de sagesse et de «démesure de la démesure» qui sait nommer les dangers mortifères qui nous guettent, et qui, si elle nous invite à nous détourner du mirage des «fictions totalitaires» et de la terreur programmée, nous rappelle aussi à nos devoirs face à la nécessaire reconnaissance et à «l'acceptation de l'autre», comme à l'impérative «refondation» de nos pratiques et de nos imaginaires.

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