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04/06/2017 12:20 EDT | Actualisé 04/06/2017 12:20 EDT

Subventions aux énergies fossiles: les trahisons du gouvernement Trudeau

Il ne faut pas se leurrer, le Canada est un pays pétrolier. En fait, il s'agit d'une des trois plus grandes réserves de pétrole au monde donc il serait étonnant de voir le gouvernement Trudeau se dresser contre l'exploitation des sables bitumineux.

Le Canada ne respecte pas ses engagements internationaux dans la lutte aux changements climatiques, fonce tête baissée dans l'approbation d'oléoducs et le développement des sables bitumineux et cache des informations à la population.

Au cours du mois de mai, le vérificateur général (VG) du Canada, Michael Ferguson, un rapport qui traitait entre autres des subventions accordées par le gouvernement aux combustibles fossiles. Chose inhabituelle, M. Ferguson a débuté son discours en s'indignant de ne pas avoir obtenu tous les renseignements dont lui et son équipe avaient besoin pour mener à bien leur travail.

Le ministère des Finances du Canada lui a refusé 243 pages de notes sur les mesures fiscales favorisant les combustibles fossiles et a caviardé les évaluations environnementales stratégiques sur le sujet invoquant le secret du cabinet. C'est plutôt pratique, comme prétexte!

Un constat alarmant

Le constat du VG est accablant, tant au niveau de la transparence que de ce qui a été entrepris dans ce dossier. Il y a certes eu l'ère Harper, mais rappelons-nous que lors des élections de 2008, 2011 et 2015, les libéraux ont promis de mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles. Non seulement le Parti libéral du Canada n'a pas tenu parole, mais le VG nous apprend qu'il n'a même pas l'ombre d'un plan pour y arriver.

Le constat du VG est accablant, tant au niveau de la transparence que de ce qui a été entrepris dans ce dossier.

Il faut savoir qu'en 2009, lors du sommet du G20 tenu à Pittsburgh, le Canada et les autres pays membres se sont engagés à « éliminer progressivement et [à] rationaliser à moyen terme les subventions inefficaces aux combustibles fossiles». Ils ont réaffirmé cet engagement tous les ans depuis, y compris lors du sommet du G20 tenu en septembre 2016 en Chine.

À ce sujet, Michael Ferguson est catégorique. Le ministère des Finances n'a pas donné suite aux engagements du G20 et à ce jour les mesures fiscales relatives aux combustibles fossiles n'ont pas toutes été examinées. Il a ajouté que le ministère n'avait pas non plus défini de plan d'action pour éliminer progressivement et rationaliser d'ici à 2025 les mesures fiscales qui sont toujours en vigueur et qui visent expressément les secteurs pétrolier, gazier et minier.

Pourtant, le Canada a officiellement reconnu que les subventions inefficaces aux combustibles fossiles nuisent à la lutte contre les changements climatiques, favorisent le gaspillage de la consommation d'énergie, réduisent la sécurité énergétique et freinent l'investissement dans les sources d'énergie propre. Malgré cela, plusieurs groupes environnementaux soutiennent que les pétrolières ont tout de même reçu en subventions 3,3 milliards de dollars de fonds publics, et ce, en 2015 seulement.

Bref, malgré les promesses de Justin Trudeau et l'entérinement de l'Accord de Paris sur le climat, les généreuses subventions que les pétrolières ont pour se développer sont toujours en place.

Le Canada, pays pétrolier

Il ne faut pas se leurrer, le Canada est un pays pétrolier. En fait, il s'agit d'une des trois plus grandes réserves de pétrole au monde donc il serait étonnant de voir le gouvernement Trudeau se dresser contre l'exploitation des sables bitumineux. Non seulement il approuve, mais tout comme les conservateurs, il facilite son développement au détriment de l'environnement, de ses engagements envers la communauté internationale et aussi, au détriment du Québec.

Le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles, qui fait défaut au Canada, a pourtant commencé en 2010 aux États-Unis à la suite du sommet de Pittsburgh et prend de plus en plus d'ampleur à travers le monde. L'inaction du gouvernement canadien au cours huit dernières années n'en est que plus déplorable. Sans le rapport de M. Ferguson, aurions-nous vu au-delà des mensonges auxquels nous sommes soumis par le gouvernement Trudeau?

Selon moi, le rapport du VG est extrêmement alarmant. D'une part, il y a l'environnement et la lutte aux changements climatiques, car que ce soit au G20 ou à Paris, le gouvernement ne semble aucunement avoir l'intention de respecter les engagements qu'il prend devant la communauté internationale.

La façon dont le ministère des Finances gère l'argent des contribuables est aussi inquiétante. En investissant des milliards dans des subventions inefficaces aux combustibles fossiles, avançons-nous en tant que société? Et au-delà de tout cela, il y a une atteinte formelle à la démocratie.

L'heure est grave quand ceux qui gouvernent obstruent le travail de ceux qui effectuent des études indépendantes afin de fournir des avis objectifs au Parlement, aux assemblées législatives des territoires, aux conseils d'administration de sociétés d'État, au gouvernement et ultimement aux citoyens auxquels nous sommes tous redevables. Pour ma part, je continuerai de talonner le gouvernement Trudeau en Chambre afin que toute la lumière soit faite sur ce dossier. Si Trudeau ne collabore pas avec les Michael Ferguson de ce monde, le Bloc Québécois se lèvera pour eux.

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