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02/05/2015 08:08 EDT | Actualisé 02/05/2016 05:12 EDT

Le retour de la multipolarité: la fin du monde américain ?

Si les États-Unis assurent encore militairement et financièrement le leadership de la planète, est-ce suffisant pour considérer que le nouvel ordre mondial tel qu'établi par le président Bush en 1990 existe encore? Les États-Unis sont-ils toujours une superpuissance?

La chute de l'URSS avait consacré les États-Unis comme l'unique superpuissance du système. Ce moment inédit de l'histoire faisait dire aux présidents George H. W. Bush et Mikhaïl Gorbatchev que le monde était entré dans une nouvelle ère historique, pacifique et basée sur le respect de la liberté et de la justice.

Selon la définition de ce nouvel ordre mondial, les États-Unis devaient jouer le rôle de leader incontesté en mobilisant le monde contre l'Irak de Saddam Hussein, en assumant les interventions, les premières de l'histoire de l'OTAN, en Bosnie ou au Kosovo, ou encore en stigmatisant les États qui refusaient de rejoindre ce nouveau modèle, les qualifiant au passage d'États voyous.

Mais ce monde semble attaqué de toutes parts et de tous côtés. L'Europe, à sa façon, critique le modèle américain: adoption de l'euro, politique étrangère et de sécurité commune; l'Arabie Saoudite semble se détacher toujours davantage de Washington; la Russie de Poutine redessine la carte de l'Europe pendant que Pékin tente la même chose en Asie-Pacifique tout en délégitimant partout le géant américain.

À différents niveaux, les nouveaux pôles de puissance testent les capacités américaines ou les mettent au défi de l'action. Chaque année Washington ressent de plus en plus les limites de sa puissance, par exemple l'opposition qu'il a rencontré lorsqu'Obama proposait de frapper le régime syrien de Bachar al-Assad en août 2013.

Si les États-Unis assurent encore militairement et financièrement le leadership de la planète, est-ce suffisant pour considérer que le nouvel ordre mondial tel qu'établi par George H. W. Bush en 1990 est toujours là? Les États-Unis sont-ils toujours une superpuissance? Les velléités des pays émergents font-ils nécessairement d'eux des aspirants au leadership mondial ?

Ce dossier spécial propose une lecture plurielle et constructive de l'horizon qui nous attend.

Nous remercions nos collaborateurs du Centre d'Études et de Recherches Internationales de l'Université de Montréal pour le temps, la qualité et l'apport de leur contribution à ce dossier.

Bonne lecture

Guillaume A. Callonico, Directeur général de Monde68, politologue et professeur de science politique au collège Jean-de-Brébeuf.

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