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14/02/2016 09:47 EST | Actualisé 14/02/2017 05:12 EST

Petits États insulaires en développement: position et stratégie vs changements climatiques

Nous oublions parfois les conséquences majeures que ces changements climatiques peuvent avoir sur des pays comme les petites îles en développement.

Le réchauffement climatique: depuis des années nous entendons parler de ce phénomène qui, malheureusement, ne cesse de grandir.

Bien que nous sachions qu'il s'agisse d'un réel problème causant la fonte des glaciers, une élévation du niveau des océans et la destruction de la couche d'ozone, nous oublions parfois les conséquences majeures que ces changements climatiques peuvent avoir sur des pays comme les petites îles en développement.

En effet, ces dernières sont en proie aux changements climatiques qui menacent leur avenir.

Comment définir les petits États insulaires en développement (PEID/SIDS)?

Tout d'abord, il est important de comprendre ce que sont les petits États insulaires en développement (PEID ou SIDS). Ces petits États sont des îles isolées que l'on retrouve dans la mer des Caraïbes, ainsi que dans les océans Indien, Pacifique et Atlantique.

Ces îles sont parmi les plus belles du monde, avec leurs plages de sable blanc, leurs atolls et les magnifiques récifs coralliens qui les entourent. Kiribati, Tuvalu, les Maldives, Samoa, la Jamaïque, Fidji et les Bahamas se placent tous dans la catégorie des petits États insulaires en développement.

Ces îles sont reconnues comme étant de petites puissances (small powers), c'est-à-dire qu'elles détiennent beaucoup moins de pouvoir (politique, économique, militaire, etc.) que les grandes puissances comme les États-Unis, la Chine ou la Russie, ou les puissances moyennes comme le Canada, la Finlande ou le Japon. Conjointement, ces petites puissances sont peu influentes dans les décisions internationales, faute de pouvoir.

Le problème des changements climatiques pour les îles

Les États insulaires sont les premières victimes des changements climatiques: la montée du niveau de la mer, le réchauffement de la surface de la mer, une variation climatique de plus en plus importante, ainsi qu'un risque d'une plus grande fréquence et intensité des événements climatiques (ouragans, tempêtes, inondations) constituent de réels et graves problèmes, tant au niveau environnemental qu'économique.

Ces îles sont généralement isolées et leurs populations, qui sont très denses, se retrouvent regroupées à un même endroit, ce qui expose une plus grande portion de la population aux dommages causés par les changements climatiques. Par conséquent, les habitants de ces îles sont en proie à une très forte insécurité alimentaire, c'est-à-dire que le risque de privation alimentaire individuelle est d'autant plus accentué par les conséquences néfastes des phénomènes naturels.

Les changements climatiques menacent des industries de subsistance telles que la pêche, alors qu'on assiste à des épisodes de blanchiment des coraux; ou l'agriculture, qui pourrait se voir affectée par des problèmes de stress sur les plantes, des problèmes de précipitations trop abondantes et d'humidité du sol ainsi que des dommages causés par la montée extrême du niveau des eaux (infiltration d'eau salée).

Ces dommages environnementaux rendent ces îles en développement encore plus vulnérables au plan économique, puisque l'économie de ces petits pays dépend grandement des industries de la pêche, de l'agriculture et de l'industrie touristique.

Ces îles ont aussi une faible capacité d'adaptation aux changements climatiques. Des infrastructures vulnérables ainsi qu'un emplacement géographique qui les isole des marchés, des réseaux et des communications globales et mondiales, sont des facteurs qui n'aident certainement pas les petits États insulaires à combattre les changements climatiques.

Toucher le cœur des grands: une force des petits États insulaires en développement

Bien que les PEID soient la plupart du temps peu influents dans les décisions sur la scène internationale, ils ont en revanche un fort potentiel de négociation dans les décisions internationales sur les changements climatiques, eu égard à la puissance de leur discours moral.

Les îles font preuve de beaucoup de leadership moral, c'est-à-dire qu'elles savent faire un appel à l'humanité qui touche le cœur des grands. C'est grâce à leur discours moral incomparable qu'elles réussissent à avoir un certain contrôle sur les pays du monde, en les incitant à agir face aux changements climatiques. L'Alliance des petits États insulaires (AOSIS), qui représente l'ensemble des petits États insulaires en développement dans les décisions climatiques, tient notamment à faire comprendre aux pays du monde que le problème des changements climatiques n'est pas à prendre à la légère. Les effets néfastes des changements climatiques sont susceptibles de toucher la planète entière dans le futur, et ces petites îles en sont les premières victimes: il faut agir.

Le leadership moral des petits États insulaires en développement, qui leur a permis de gagner de la crédibilité et d'influencer certains résultats des négociations internationales sur le climat, est un outil important pour que ces derniers puissent créer de nouvelles coalitions et gagner le support et l'aide des autres pays du monde.

Quel avenir pour les petits États insulaires?

Les petites îles possèdent certes une volonté de négocier et un désir de contrôle sur la scène internationale, mais cela ne suffit pas. Leur vulnérabilité environnementale, politique et économique limite leurs capacités d'être de véritables acteurs influents sur la scène internationale en ce qui a trait aux décisions climatiques et c'est ce qui rend leur avenir incertain...

La puissance de leur discours moral saura-t-elle les sauver?

Par Frédérique Gauvreau, étudiante en sciences humaines au collège Jean-de-Brébeuf.

Pour l'article avec ses références complètes: monde68.ca

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