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29/05/2016 09:04 EDT | Actualisé 30/05/2017 05:12 EDT

23 juin: la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne?

Voici quelques arguments en faveur du Brexit, et contre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le premier ministre du Royaume-Uni a annoncé pour le mois de juin un référendum portant sur : le Royaume-Uni devrait-il rester dans l'Union européenne, oui ou non? C'est ce que l'on appelle le Brexit, mot-valise composé de Britain et exit. Pour mieux comprendre la situation actuelle, il faut faire un saut dans le passé.

La première tentative du Royaume-Uni d'entrer dans l'Union européenne se fit en 1963 ; elle fut rejetée par la France. Le même scénario se reproduisit en 1967. Il faudra attendre le 1er janvier 1973 pour que le Royaume-Uni entre finalement dans la communauté européenne. En 1979, la victoire des conservateurs de Margaret Thatcher donnera un nouveau ton aux relations entre la Grande-Bretagne et l'Union. Madame Thatcher, eurosceptique, réussira à faire diminuer la contribution de son pays au budget européen et elle lutta avec acharnement contre l'adoption de la monnaie unique (euro). Depuis les années Thatcher, le Parti conservateur, à la base pro-européen, est devenu un parti eurosceptique.

Maintenant que nous avons fait un peu d'histoire, parlons de la situation politique actuelle au Royaume-Uni.

La scène politique britannique est dominée par deux partis : le Parti travailliste et le Parti conservateur. Le Parti travailliste, à l'origine le parti des travailleurs, est un parti de tendance socialiste. Depuis la fin des années 1990, il est devenu un parti à tendance centriste et européiste. Il représente actuellement l'opposition officielle au parlement de Westminster. À la dernière élection de 2015, ce parti récolta 232 sièges sur 650.

Le Parti conservateur, quant à lui, est un parti de droite qui prône la liberté individuelle et, comme écrit plus tôt, est de tendance eurosceptique et surtout contre la zone euro. C'est donc ce parti qui remporta les élections de 2015, obtenant une majorité absolue avec 331 sièges sur 650.

En revanche, avant d'entrer dans le vif du sujet, il reste un aspect de la vie politique britannique qu'il faut prendre en compte. La fin du 20e siècle est marquée par une décentralisation des pouvoirs. En effet, certains pouvoirs du parlement de Westminster ont été donnés à des nouveaux parlements tels en Écosse (1999) et au Pays de Galles (1997). En 2014, l'Écosse a tenu un référendum sur une éventuelle indépendance du Royaume-Uni. Un des arguments du camp du Oui était de se départir des conservateurs, qui veulent sortir de l'Union européenne. Les Écossais sont pour l'Union.

C'est donc à la suite de la victoire conservatrice en 2015 que le premier ministre David Cameron annonça qu'il allait tenir sa promesse de campagne : faire un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne d'ici 2 ans. Il supporterait le camp du Oui s'il réussissait à négocier un changement de certains traités.

Voici quelques arguments en faveur du Brexit :

• Ils estiment qu'ils doivent récupérer le contrôle de leurs frontières, pour contrôler les migrations en provenance de l'Union européenne ;

• Le Royaume-Uni pourrait récupérer sa contribution monétaire au budget européen ;

• Les coûts de la paperasse administrative de l'Union européenne sont trop élevés ;

• Le Royaume-Uni resterait un pays influent, une puissance nucléaire dans l'OTAN, au sein du conseil de sécurité de l'ONU.

Voici quelques arguments contre :

• Les migrants européens rapportent plus d'argent qu'ils n'en coûtent ;

• L'Union européenne est le principal partenaire économique du Royaume-Uni : le Brexit pourrait entraîner une baisse du PIB et, de plus, le Royaume-Uni perdrait des investisseurs étrangers ;

• Puisque le Royaume-Uni est le principal partenaire économique de l'Union européenne, il devra respecter les normes européennes sans avoir un mot à dire ;

• Cela diminuerait l'influence du Royaume-Uni dans le monde et augmenterait les chances d'un nouveau référendum en Écosse.

Le 18 et 19 février, les 28 dirigeants européens se sont rencontrés à Bruxelles pour trouver une solution pour que la Grande-Bretagne puisse rester dans l'Union européenne. Les dirigeants ont trouvé un accord le vendredi 19 dont voici les principaux points :

• Le Royaume-Uni sera exempté de suivre obligatoirement l'Union européenne si elle décide d'étendre ses compétences.

• Le Royaume-Uni n'aura pas à fournir les avantages sociaux (assurance sociale, emploi, etc.) aux travailleurs venant de l'Union européenne et pourra contrôler l'entrée des travailleurs venant de l'Union européenne ;

• La Grande-Bretagne n'est pas dans la zone euro, elle ne veut pas être désavantagée. Le premier ministre désire que l'Europe reconnaisse la présence de plusieurs monnaies en Europe. N'étant pas dans la zone euro, le Royaume-Uni ne veut pas avoir à payer pour les crises concernant cette zone. Le premier ministre obtient que la City ne soit pas désavantagée par le fait qu'elle n'est pas dans la zone euro.

Donc, ayant obtenu ce qu'il désirait, le premier ministre britannique a annoncé qu'il soutiendrait le camp du Non lors du référendum qui aura lieu en juin 2016. Déjà, il y a des divisions dans son parti. L'ex-maire de Londres, Boris Johnson, aussi député conservateur et un des principaux adversaires de David Cameron au sein du parti, s'est prononcé en faveur de la sortie de l'Union européenne. On observe même dans le Parti travailliste (parti pour l'Europe) quelques députés qui se sont prononcés en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Donc voilà, les sujets de Sa Majesté sont divisés sur la question. Quelle en sera le résultat? Nous le saurons le 23 juin 2016. Mais en attendant, il y a encore beaucoup d'eau qui va couler sous les ponts.

Par François S. Beaucage, étudiant en sciences humaines au Collège Jean-de-Brébeuf.

Texte complet, avec ses références sur monde68.ca

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