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27/03/2016 09:07 EDT | Actualisé 28/03/2017 05:12 EDT

Le terrorisme n'est pas la conséquence de la disparition des dictatures dans le monde arabe

Pour la énième fois, j'ai écouté de la bouche d'un journaliste la thèse selon laquelle ce sont les Américains et leurs lobbies qui ont préparé et déclenché le Printemps arabe.

Hier, sur une radio, et pour la énième fois, j'ai écouté de la bouche d'un journaliste la thèse selon laquelle ce sont les Américains et leurs lobbies qui ont préparé et déclenché «le Printemps arabe» (naturellement pour servir leurs intérêts) et que le terrorisme n'est que la conséquence de la disparition des régimes qui arrivaient à contrôler et à mater les candidats au terrorisme.

Bien entendu, cette thèse m'irrite au plus haut degré car elle méprise les aspirations des peuples et leur capacité à se libérer du joug des dictatures.

En plus, le journaliste semble oublier que sans ce Printemps arabe, il n'aurait jamais eu la chance de s'exprimer sur une radio et de nous expliquer librement son opinion sur le Printemps arabe (alors, merci les Américains).

Il fallait s'attendre qu'après la chute brusque et brutale de régimes qui, pendant des décennies, tenaient d'une main de fer leurs pays, il y aurait une période de turbulences, voire de chaos, selon la configuration politique et sociale de chaque pays.

Si le Yemen, la Syrie ou la Libye sombrent aujourd'hui dans la guerre civile, c'est bien pour des raisons objectives qui leur sont propres : faiblesse de l'État, tribalisme, traditions de violence, intensité de la répression des ex-régimes, frontières artificielles, proximité des zones de conflit, circulation des armes...

Nous avons à faire face à une situation complexe où se mêlent plusieurs facteurs internes et externes.

Je ne nie pas le rôle des intérêts étrangers, et notamment d'Israël et de l'Iran, mais de là à réduire les révolutions arabes (oui, il s'agit bien de révolutions contre des régimes répressifs dépassés) à une simple manipulation télécommandée de Washington (symbole des puissances étrangères) me semble un non-sens historique.

Le monde arabe a pendant longtemps refoulé ses souffrances, il a accumulé tant de frustrations et de haine, sa libération et son émancipation ne pouvaient se faire sans souffrance et sans violence. Nous y sommes!

Ce billet a initialement été publié sur le Huffington Post Maghreb - Tunisie.

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