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25/01/2013 08:20 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

<em>Rouge Sang</em>, un film du réalisateur Martin Doepner

Capture

Rouge sang est le premier long-métrage d'un jeune réalisateur né à Ottawa, d'origine allemande: Martin Doepner. Retenez bien ce nom, il vous surprendra.

Synopsis

La nuit, une ferme isolée dans un coin perdu de la vallée du Saint-Laurent, une tempête de neige, le réveillon du 31 décembre 1799 se prépare. Il tournera au cauchemar pour la jeune mère de famille, qui vit là avec ses enfants (son mari bloqué au loin par la tempête), lorsqu'elle se verra contrainte d'héberger cinq soldats britanniques. Malgré quelques moments de grâce accompagnés de musique, de chant et de danse, la nuit sera longue et terrible...

Martin Doepner est un perfectionniste

J'ai eu le plaisir de voir un court-métrage de ce réalisateur, La lettre. Allemagne 1916, le récit qui se déroule sur sept minutes, avec la fanfare militaire en ouverture, puis la photo d'un jeune soldat entre ses parents au moment du départ pour le front. De la langue allemande au français, même combat, la même souffrance. Il y avait déjà, dans ces quelques minutes, une réflexion sur l'autre, l'étranger, l'ennemi.

Dans la petite ferme isolée de Rouge sang, la veille de la nouvelle année est pleine de promesses et de réjouissances. La photographie est soignée, la lumière est ambrée, tout est au diapason, la musique (Michel Cusson) en accord avec l'époque et le lieu, c'est beau, calme et rassurant. Mais la tempête et la neige nous prépare à la fatalité de cette nuit charnière. Espérance (Isabelle Guérard) a une beauté sereine; autant son calme que sa violence sont crédibles. Elle porte le film comme une guerrière.

Il y a une homogénéité dans la mise en scène, tout est maîtrisé. Martin Doepner sait s'entourer, chaque détail est soutenu par son équipe technique, que ce soit la caméra de Nathalie Moliavko-Visotsky, la direction artistique de Raymond Dupuis ou les costumes de Madeleine Tremblay.

La puissance volontaire du réalisateur

Il en faut pour vaincre les difficultés d'un premier long-métrage, qui en plus est un film historique! Martin Doepner a réussi, il a reconstitué l'époque avec autant de simplicité que de justesse. Le scénario est brillant et révèle un savoir-faire élégant et original. Les cinq soldats britanniques, qui pénètrent dans la maison et en deviennent brusquement les maîtres, sont les occupants. L'occupant n'est jamais accepté par l'autre. Ils ne parlent pas la même langue, ils ne se connaissent pas. Sur ce thème, le réalisateur nous offre une vision personnelle et inattendue. Rouge sang porte la signature d'un vrai cinéaste, Martin Doepner.