LES BLOGUES
25/09/2018 06:00 EDT | Actualisé 25/09/2018 11:44 EDT

Revenons sur Terre, les jeunes

Soyons réalistes: si nous continuons à rouler en Cadillac sur le dos des entreprises et citoyens qui ont les moyens de déménager hors Québec, nous subirons assurément les coûts de leurs départs.

J'ai moi aussi soif de faire changer les choses, mais aux jeunes qui constitueront la prochaine vague de contribuables, est-ce que Québec solidaire incarne réellement le changement dont nous avons besoin?
THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz
J'ai moi aussi soif de faire changer les choses, mais aux jeunes qui constitueront la prochaine vague de contribuables, est-ce que Québec solidaire incarne réellement le changement dont nous avons besoin?

Il y a quelques jours à peine, les résultats du sondage CROP-COGECO nous informaient que plus du tiers des 18 à 34 ans ont l'intention de voter pour Québec solidaire le 1er octobre prochain. Les jeunes semblent avoir soif de changement. Ce que je me demande, c'est comment autant de jeunes, comme moi, peuvent appuyer un parti dont les promesses électorales se chiffrent à près de 30 milliards$ et qui crache sans hésiter sur le système économique actuel. Pourquoi autant d'appuis?

Répétez après moi: rien n'est gratuit!

Ce qui semble avoir charmé les jeunes, c'est l'idée d'offrir une multitude de services publics «gratuits» tout en combattant le méchant libéralisme économique. Que ce soit par des propositions telles que l'éducation «gratuite» du CPE au doctorat, une assurance dentaire pour tous, la nationalisation de grandes entreprises, la création d'une banque d'État, l'idée de «plafonner les revenus et les primes versées aux administrateurs du secteur bancaire» ou encore de promettre «d'augmenter les revenus de l'État québécois de 12 milliards de dollars au terme d'un premier mandat», Québec solidaire sait comment aller chercher les jeunes en leur promettant le beurre et l'argent du beurre.

J'aimerais souligner un fait qui m'apparaît fondamental et qui semble être oublié par plusieurs: rien n'est gratuit dans ce bas monde!

J'aimerais souligner un fait qui m'apparaît fondamental et qui semble être oublié par plusieurs: rien n'est gratuit dans ce bas monde! Il faudrait vivre dans un monde imaginaire alternatif pour croire que l'État puisse offrir tous ces services sans en demander davantage aux contribuables. Les Québécois sont déjà parmi les plus taxés au monde, mais Québec solidaire semble croire que les poches des citoyens sont encore plus creuses qu'on ne le pensait! Oui, mais Miguel, me direz-vous, nous allons taxer les riches et les grandes entreprises! Nous partirons en croisade contre ces gens qui ne paient pas leur juste part!

C'est avec cette mentalité simpliste que Québec solidaire compte aller piger 2,1 milliards$ de plus dans les poches des individus, dont le revenu est supérieur à 97 000$ par année. De plus, ils augmenteraient le taux d'imposition des grandes entreprises, afin d'aller chercher un autre 2,2 milliards$.

Est-ce que Québec solidaire aurait oublié que les 20% d'individus les plus riches paient déjà 70% de l'impôt perçu de la province? Est-ce que Québec solidaire aurait oublié que nos voisins du sud ont récemment adopté une réforme fiscale ayant réduit le taux d'imposition des entreprises, rendant le Canada moins compétitif fiscalement comparativement à eux? Est-ce que Québec solidaire aurait oublié que les capitaux et les individus sont plus mobiles que jamais?

Soyons réalistes: si nous continuons à rouler en Cadillac sur le dos des entreprises et citoyens qui ont amplement les moyens de déménager hors Québec, nous subirons assurément les coûts de leurs départs.

Cessons de se prendre pour Robin des bois

Soyons réalistes: si nous continuons à rouler en Cadillac sur le dos des entreprises et citoyens qui ont amplement les moyens de déménager hors Québec, pensons entre autres à Eugénie Bouchard qui est devenue résidente des Bahamas, nous subirons assurément les coûts de leurs départs.

Les pays et provinces sont en constante concurrence fiscale. Comment prétendre être le parti qui combattra l'évasion fiscale d'un côté, tout en comptant augmenter les impôts de manière draconienne de l'autre?

Ce n'est plus un secret, le plan économique de Québec solidaire est complètement farfelu et nuira aux citoyens qu'ils veulent aider.

L'État devrait plutôt instaurer un cadre réglementaire et fiscal favorisant la création de richesse et qui serait propice aux investissements.

L'État devrait plutôt instaurer un cadre réglementaire et fiscal favorisant la création de richesse et qui serait propice aux investissements. Après tout, comme le soulignait récemment Francis Vailles, la forte croissance économique des trois dernières années a fait augmenter les revenus de l'État, provenant de l'imposition des entreprises de 2,5 milliards$. N'est-ce pas une bonne partie du magot que Québec solidaire souhaite aller chercher en augmentant les taux d'imposition?

Je vais vous faire une confession: j'aimerais moi aussi que tout soit gratuit. Imaginez un monde où nous n'aurions pas un sou à sortir pour profiter des services qui nous sont offerts. Malheureusement, ce monde n'existe pas et n'est pas le nôtre (même si Québec solidaire était au pouvoir!).

Nous devons pousser la réflexion plus loin et encourager un plan plus solide qui favorisera les libertés économiques et sociales. Un plan qui fera la promotion d'une économie plus durable et verte, mais qui ne compromettra pas notre prospérité. Un plan qui aidera réellement les moins nantis à se sortir de la pauvreté via des politiques publiques cohérentes et non «déresponsabilisantes». Bref, un plan réaliste et rationnel qui sera bénéfique pour tous.

J'ai moi aussi soif de faire changer les choses, mais aux jeunes qui constitueront la prochaine vague de contribuables, est-ce que Québec solidaire incarne réellement le changement dont nous avons besoin? Poser la question, c'est y répondre. Les jeunes, revenons sur Terre.

À LIRE AUSSI:

» Prenons-nous en main!
» Faire du travail invisible un enjeu politique
» Élections 2018: encourager les transports actifs, une priorité
» Fredy fait désormais partie de l'histoire de Montréal-Nord