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20/05/2014 12:48 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Et si nous avions une vraie discussion au sujet de l'apartheid?

Alors que la plupart des grands médias évitent généralement de relayer l'analogie diffamatoire entre Israël et l'apartheid et permettent d'effectuer des corrections, il existe des exceptions.

Alors que se tenait la Conférence mondiale des Nations Unies de 2001 contre le racisme à Durban en Afrique du Sud et où l'on a entendu le slogan « un Juif , une balle », une campagne fut lancée pour isoler Israël. Elle avait pour but de délégitimer Israël en utilisant le modèle réussi de l'isolement international du régime de l'apartheid en Afrique du Sud. Ce qu'on ne pouvait pas obtenir par la vérité, on essaierait de l'obtenir par la propagande. La discrimination effroyable qui s'exprima à Durban poussa le sous-ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du Sud , Aziz Pahad, à émettre une déclaration dans laquelle il déplorait les «événements honteux » qui avaient eu lieu et le « détournement » de la conférence en « un événement antisémite ». Comme Irwin Cotler l'a remarqué, la conférence, qui devait mettre fin au racisme, était elle-même l'expression du racisme. Dix pays occidentaux ont boycotté Durban II.

Malheureusement , les échos honteux de la conférence de Durban se répercutent encore aujourd'hui dans certains milieux où le mot «apartheid» est utilisé pour délégitimer l'État juif . Alors que la plupart des grands médias évitent généralement de relayer l'analogie diffamatoire entre Israël et l'apartheid et permettent d'effectuer des corrections, il existe des exceptions. Notre demande de correction concernant la récente comparaison faite par la chroniqueuaw de La PresseAgnès Gruda entre Israël et l'apartheid a été rejetée par les rédacteurs de La Presse. Voilà ce qu'il en est des principes journalistiques d'exactitude et d'équité.

Le terme apartheid est défini exclusivement dans un contexte de discrimination raciale et implique une intention de discriminer sur la base de la race (Statuts de Rome). Le mot apartheid a une signification particulière. Il n'existe pas de « sens général» au terme «apartheid», ainsi que Mme Gruda le soutient. L'apartheid est soit une discrimination fondée sur la race ou ça ne l'est pas. Si ça ne l'est pas, il ne s'agit ni de racisme ni d'apartheid et l'utilisation du terme est donc inflammatoire et diffamatoire.

Cela résume l'article de Mme Gruda qui affirme à tort que «les colons juifs de Cisjordanie, eux, circulent sur des routes séparées». Le message de l'apartheid est clair, mais faux. Parmi les milliers de kilomètres de routes et d'autoroutes de Cisjordanie empruntées à la fois par les Juifs et par les Palestiniens, une poignée de routes sont considérées comme étant trop dangereuses pour les Israéliens. Ces routes sont situées dans des zones qui ont été la cible d'attaques sanglantes par des cellules terroristes palestiniennes de Cisjordanie, qui visent les véhicules avec des plaques israéliennes. En effet, au cours de la deuxième intifada, des milliers d'Israéliens ont été tués dans des attaques terroristes, et les problèmes demeurant encore aujourd'hui. C'est ainsi qu'en avril, un Israelien a été tué lorsque des terroristes palestiniens ont ouvert le feu sur des véhicules israéliens en Cisjordanie.

Ce petit nombre de routes n'est pas exclusivement réservé aux juifs, comme Mme Gruda le prétend, mais a toutes les religions et ethnies - les arabes israéliens, Bahai, chrétiens, druzes, circassiens et toutes autres qui circulent en voiture avec une plaque d'immatriculation israélienne. Cela démontre assez clairement qu'il n'y a aucune ségrégation, ni religieuse ni raciale.

Pour Mme Gruda, Israël pratique « l'apartheid » parce que les Palestiniens de Cisjordanie n'ont pas le droit de vote en Israël. Mme Gruda omet de mentionner que les Palestiniens de Cisjordanie ne sont pas citoyens israéliens. En prévision de l'échange de territoires contre la paix, Israël n'a jamais annexé la Cisjordanie.

De plus, de nombreux pays du monde qui ont annexé des territoires n'accordent pas de droit de vote à leurs résidents. Pourtant, ces pays ne sont pas accusés d'apartheid. Tel est par exemple le cas de Puerto Rico dont les habitants ne peuvent pas voter aux élections américaines. Le critère reconnu est celui de la nationalité (et non pas du territoire) et n'a rien avoir avec l'apartheid.

Avec une presse libre, des élections libres, la liberté religieuse, les droits complets pour les femmes et les minorités, la primauté du droit et un système judiciaire indépendant, Israël est une démocratie dynamique et progressive où les Arabes jouissent non seulement des mêmes droits que tous les autres citoyens israéliens mais occupent également des postes importants. Selon Salim Joubran, Israélien arabe et juge de la Cour suprême du pays, « Israël est un endroit ou règnent les règles de la diversité « . Richard Goldstone , ancien juge de la Cour constitutionnelle sud-africaine et chef de la mission d'enquête des Nations Unies sur la guerre de Gaza en 2008, a affirmé : « En Israël, il n'y a pas d'apartheid. Rien ne s'y approche de la définition de l'apartheid « . C'est ainsi que dans le cadre d'opérations militaires courageuses, le gouvernement israélien a sauvé presque la totalité de la communauté juive opprimée d'Éthiopie en les faisant venir en Israël où ils ont pu profiter pour la première fois de l'égalité et de la liberté.

Alors qu'Israël ne pratique pas la ségrégation ethnique ou religieuse ni dans son réseau routier ni autrement, il y existe effectivement des routes au Moyen-Orient qui sont ségréguées, par exemple en Arabie saoudite, ou certaines routes sont réservées seulement aux musulmans. Les Saoudiens pratiquent également l'apartheid fondé sur l'orientation sexuelle en emprisonnant et exécutant les homosexuels et lesbiennes. Des politiques discriminatoires sont également pratiquées en Jordanie où les Palestiniens n'ont pas le droit d'exercer certaines professions. À Gaza, le Hamas discrimine ouvertement les femmes, les homosexuels et les chrétiens et va bien au-delà de l'apartheid en affirmant officiellement son aspiration d'anéantir les Juifs à travers le monde. En Cisjordanie, le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré ouvertement qu'un futur État palestinien ne tolérera pas la présence de Juifs. En Iran, les homosexuels sont publiquement pendus a des grues. Dans pratiquement tous les pays du Moyen-Orient, la population chrétienne a chuté - à une exception près : en Israël, ou la population chrétienne a quadruplé.

En fin de compte, le silence face au véritable apartheid est peut-être la preuve la plus révélatrice de la malhonnêteté de la campagne qui est menée contre l'État d'Israël. Il est regrettable que La Presse se joigne a cet effort.

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