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31/01/2014 12:52 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Médias sociaux et relations de travail, les trois côtés de la médaille

(Ce billet n'est pas un avis juridique et vous êtes fortement conseillés de discuter avec un avocat spécialisé en droit des technologies avant de rédiger vos politiques. Mais pour les aspects non juridiques, il me fera grand plaisir de vous aider. )

Les médias sociaux sont désormais partie prenante de la société et des organisations. Ils deviennent très utiles pour le recrutement, mais ils sont aussi la cause de certains maux de tête des dirigeants d'entreprise ou même, des syndicats. C'est que de plus en plus d'employés se servent des médias sociaux pour critiquer l'employeur ou même le syndicat ou la position syndicale. C'est ce que l'on nomme une lame à triple tranchant.

Les enjeux du côté employeur

Un employeur devrait toujours avoir une politique d'utilisation des technologies de l'information qui inclut spécifiquement une politique d'utilisation du Web et des médias sociaux. La majorité des contrats d'embauche stipulent déjà ce que l'employé peut ou ne peut pas dire à l'extérieur de l'entreprise et le Web et les médias sociaux font déjà partie de l'extérieur de l'entreprise. J'en discutais abondamment dans mon billet Comment créer une politique médias sociaux. Mais dans ce billet, je ne développais pas beaucoup l'aspect spécifique de la politique d'utilisation des médias sociaux pour les employés. C'est que cet aspect spécifique devra cadrer avec :

  • La culture d'entreprise,
  • Le cadre juridique dans lequel évolue l'organisation (et sa zone géographique d'opération et les jurisprudences qui s'y rattachent),
  • Le respect des données personnelles et organisationnelles,
  • La gradation des sanctions en fonction de la gravité des contraventions à la politique d'utilisation des médias sociaux,
  • L'adéquation et la synchronisation juridique avec les autres politiques de l'organisation,
  • Et enfin le processus de validation et la preuve que l'employé à pris connaissance de la politique d'utilisation des médias sociaux.

Sur ce dernier point, un de mes clients, qui est une organisation transnationale et syndiquée, me signifiait que le syndicat réagirait certainement très négativement à toute modification du contrat ou des conditions de travail des syndiqués de l'entreprise. L'une des options envisagées était d'inclure la nouvelle politique dans la même enveloppe que le chèque de paye. Ainsi, l'employé et le syndicat ne pourraient invoquer la non-connaissance de la politique d'utilisation des médias sociaux. Mais ce dossier particulier étant toujours en cours, la justesse de cette stratégie patronale reste encore à valider. Plusieurs autres stratégies peuvent aussi être mises de l'avant, mais ce sera justement la culture d'entreprise et l'historique des relations patronales-syndicales qui dicteront la manière la plus efficace d'intervenir sur ce point précis.

Les enjeux du côté syndical

Les syndicats aussi ont plusieurs enjeux organisationnels liés aux médias sociaux. Le client et ami Pierre Bouchard en a identifié plusieurs dans une série de billets spécifiques à cet effet.

Comme toute organisation, les syndicats se doivent aussi, maintenant, d'être présents sur les médias sociaux dans une perspective de relations publiques ou de marketing. Ils se doivent aussi d'entrer en dialogue avec leurs membres. Mais comme pour les organisations d'employeurs, ils peuvent aussi vivre des dérapages néfastes à leurs stratégies internes de négociations. Par exemple, les membres d'un syndicat peuvent se dire insatisfaits d'une position de négociation et décider de l'exprimer publiquement sur les médias sociaux. La négociation devient alors une négociation en temps réel, qui ne se passe plus que derrière des portes closes.

Les enjeux du côté travailleur

Indépendamment de la présence d'une politique d'utilisation des médias sociaux ou d'un syndicat, l'employé a déjà un devoir de loyauté envers son employeur. Le site Educaloi est d'ailleurs assez limpide à ce propos. Par ailleurs, il peut aussi être déchiré entre son devoir de loyauté envers l'employeur, son adhésion syndicale et ses intérêts personnels. Il sera aussi le bénéficiaire ultime ou la victime déçue d'une confrontation patronale-syndicale lors d'une grève ou d'un lock-out. En France, le journal Le Monde, dans l'article Patronat contre syndicats : une lutte com' à com', expliquait comment les syndicats étaient très en retard sur les employeurs dans ce genre de situation. Mes observations personnelles (de même que celles de Pierre Bouchard) indiquent qu'ici aussi il y a probablement une adéquation entre l'usage efficient des médias sociaux des entreprises et des syndicats...

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