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Le côté hautement pratique des médias sociaux et du Web, même perdu dans le bois

Depuis quelques semaines, j'observe une étrange fougère qui s'est installée juste à côté de bleuetiers que j'ai plantés.

Depuis plus d'un an, je vis à 60 % de mon temps sur un demi-hectare, près d'un lac et d'une rivière dans le bois à Chertsey dans la région de Lanaudière. J'ai l'internet (qu'on appelle honteusement la haute vitesse, mais ce n'est pas le propos de mon billet) et j'y travaille et j'y socialise avec mes potes virtuels comme si j'étais en plein cœur de Montréal (juste pas mal moins rapide pour beaucoup plus cher).

Toujours est-il que je suis curieuse, que je découvre mon nouvel environnement, que je m'y adapte. Depuis quelques semaines, j'observe une étrange fougère qui s'est installée juste à côté de bleuetiers que j'ai plantés. Il s'avère que c'est un endroit peu propice au gazon, car le sol y est très acide et il est sous de grands pins centenaires. Par ailleurs sur Facebook, on parle de la Berce du Caucase, plante hautement toxique et dangereuse, qui se répand au Québec. Je vois rapidement que ma nouvelle fougère n'est pas cette Berce qui peut causer des brulures au 2e degré. Mais ça pique ma curiosité néanmoins et ce que l'on nomme les mauvaises herbes, sont souvent des plantes pour lesquelles nous n'avons pas d'utilité (petite citation de l'un de mes cours d'anthropologie : on ne nomme que ce que l'on considère utile, ou nuisible). Je partage donc la photo que je prends avec mon iPhone sur mes différentes présences médias sociaux.

Très rapidement on m'informe que c'est de l'herbe à dinde, connu aussi sous le nom de l'achillée millefeuilles. Puis je vérifie sur Wikipédia et je découvre que c'est l'une des plus vieilles plantes médicinales. . Elle était connue de l'homme de Néandertal, des Chinois, des Grecs et que durant la Première Guerre mondiale, elle faisait partie du kit de première urgence porté par chaque soldat qui, faute de médicaments, pouvait soigner des blessures légères avec cette plante. Je découvre aussi qu'elle est vendue comme couvre-sol alternatif au gazon (et ça fait vraiment mon affaire), qu'elle sert aussi une fois séchée à donner une bonne odeur à la maison et qu'elle peut être utilisée à d'innombrables usages médicinaux (grâce au site Passeport Santé). Tout d'un coup, grâce aux médias sociaux et au web, ma mauvaise herbe devient une plante quasi miraculée.

C'est aussi ça l'un des avantages des médias sociaux et du web. Même perdu dans le bois, on se couche moins niaiseuses et on évite (par ignorance) d'arracher une partie de l'histoire de l'humanité qui s'est adonnée à pousser sur son terrain... :-)

Afin d'en savoir plus sur la flore de mon coin de pays, je viens d'acheter le grand classique de botanique, Flore laurentienne, 3e édition du Frère Marie-Victorin.

Parfois, l'information la plus pertinente et condensée n'est pas toujours en ligne...

Afin d'éviter d'être exposé à la plante extrêmement dangereuse qu'est la berce du Caucase, Santé et Services Sociaux du Québec recommande d'être capable de l'identifier.

MAJ3

Pour revenir à l'achillée millefeuilles, selon Floramedicina.com (PDF)

Son nom fait référence au dieu Achille, car on dit que sa mère l'a trempé dans un bain d'achillée millefeuille pour le rendre invincible. Comme elle le tenait par son talon, cette partie de son corps n'a pas pu devenir invincible.

Tout comme Achille avait fait avec ses soldats après la guerre de Troie, les soldats du temps de l'Empire Romain et ceux de la Deuxième Guerre mondiale étanchaient leurs plaies avec de l'achillée, ce qui arrêtait les saignements et stimulait la guérison.

En Chine, on utilisait la tige sèche d'achillée pour tirer le I-Ching.

L'achillée était utilisée dans les oreillers pour enlever la mélancolie.

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