Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.
Les blogues

L'indicateur du Super Bowl: le S&P500 devrait baisser

L'être humain recherche constamment de nouvelles méthodes d'analyse lui permettant de prévoir le comportement futur des marchés boursiers.

Motivé par l'appât du gain, mais aussi pour satisfaire son besoin de contrôle, l'être humain recherche constamment de nouvelles méthodes d'analyse lui permettant de prévoir le comportement futur des marchés boursiers.

Que ce soit par l'intermédiaire d'ingénieurs financiers, de mathématiciens ou des professeurs d'économie, les firmes de Wall Street investissent des sommes astronomiques pour trouver la formule gagnante. Selon moi, cette quête est futile pour deux raisons. D'une part, il est impossible d'obtenir un modèle de prévisions financières assurant un taux de réussite à 100% (des transactions non profitables sont une réalité à la bourse) et, d'autre part, il existe déjà un outil d'analyse à fort pourcentage de succès: l'indicateur du Super Bowl...

Selon la théorie de cet indicateur, l'équipe qui remporte la partie ultime offre une perspective boursière haussière si elle représente la conférence nationale (National Football Conference - NFC). À l'inverse, l'équipe gagnante, si elle est issue de la conférence américaine (American Football Conference-AFC), suggère un marché à la baisse. Depuis 1967, cet indicateur a visé juste dans plus de 80% du temps.

Le 7 février 2016, les Broncos de Denver ont remporté la 50e édition du Super Bowl en disposant des Panthers de la Caroline par la marque de 24-10. Étant donné que cette formation fait partie de la conférence américaine, la croyance voudrait que le S&P 500, l'indice de référence américain, procure un rendement négatif d'ici la fin de l'année.

La corrélation n'implique pas la causalité

En dépit de sa probabilité de réalisation élevée, la prudence est de mise avec ce type d'indicateurs. Effectivement, il est essentiel de différencier les notions de corrélation et de causalité. D'un point de vue statistique, deux événements peuvent être liés, c'est-à-dire que le résultat de l'un semble être la conséquence de l'autre. C'est ce que l'on appelle une corrélation. Cependant, il faut poser la question suivante: est-ce qu'il existe réellement une relation de cause à effet, c'est-à-dire une relation de causalité?

Une étude effectuée par David Leinbewer démontre bien ce point: entre 1983 et 1999, nous pouvons observer que la production de beurre au Bangladesh justifierait 75% de la variation des rendements du S&P 500. Comme pour le résultat d'une partie de football professionnel, il est évident que cette donnée n'est aucunement liée à la performance boursière américaine.

Malheureusement, les médias financiers utilisent à outrance ce genre d'indicateurs. Par exemple, l'indicateur du baromètre de janvier tente de prédire la performance du S&P 500 en se basant uniquement sur le rendement enregistré lors du premier mois de l'année. En suivant la logique de ce type d'indicateurs, si l'indice affiche un gain, il faudrait être optimiste alors qu'en situation de perte, il faudrait être pessimiste.

Par ailleurs, si nous observons l'indicateur de l'édition maillots du magazine Sports Illustrated, la nationalité du modèle en couverture aurait lui aussi un pouvoir prédictif. Un mannequin d'origine autre qu'américaine indiquerait un rendement positif pour le marché boursier de son pays sur une période de quatre ans. Pour certaines éditions antérieures, le résultat est impressionnant: en 1993, à la suite de la présence de Vendela Kirsebom en page couverture, l'OMX Stockholm, l'indice de référence suédois, a gagné 263%!

C'est pourquoi l'investisseur doit développer une approche rigoureuse basée sur des nouvelles, des statistiques et des données qui sont pertinentes. De plus, il peut recourir aux services de différents spécialistes tels qu'un courtier en valeurs mobilières, un conseiller financier ou un planificateur financier afin de mieux naviguer dans un environnement où l'information superflue abonde.

Sources

- Eric Fry, Bikinis and Bolsas: The Sports Illustrated Swimsuit Indicator, Of Wealth, July 21, 2015.

- Larry Swedroe, What Butter Production Means For Your Portfolio, MoneyWatch, April 29, 2013.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Les billets de blogue les plus lus sur le HuffPost

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.