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22/02/2013 03:05 EST | Actualisé 24/04/2013 05:12 EDT

Universités: Il faut revoir le mode de financement et le modèle d'affaires

PA
University students on Brighton Beach demonstrate against the introduction of fees, before the education debate at the Labour Party Conference.

Dans tout ce débat qui perdure sur la question du financement des universités, plusieurs argumentaires s'opposent. Le mouvement d'opposition aux hausses des droits de scolarité des associations étudiantes aura inscrit ce débat avec plus d'urgence; il porte aussi sur des questions sociales et économiques constructives.

Il semble que le Sommet s'articulera autour de quatre axes : la promotion de la qualité de l'enseignement et la gouvernance des établissements ; le renforcement de la recherche et la collaboration entre les établissements ; l'évolution du financement des universités en fonction de la capacité de payer des Québécois ; et la recherche d'une stratégie visant l'accessibilité et la persévérance aux études.

Positivement, nous disons que sous cette dynamique tardive, même si le Sommet n'apportera pas toutes les réponses, devrait inscrire l'occasion de faire avancer la réflexion vers une meilleure formation de qualité. Puis viendra une suite à cet exercice, nécessairement puisque tout n'aura pas été dit et agréé.

Nous avions précédemment fait valoir des éléments constructifs (Suggestion constructive en vue du Sommet sur l'enseignement supérieur : inclure tous les paramètres importants et des non-dits https://quebec.huffingtonpost.ca/michel-page/capharnaum-sommet-education_b_2712139.html ).

Pourtant, un sujet émotif a été tu ; il devrait faire partie de la réflexion amorcée. Le cahier suivant demeure pertinent et utile : Financement des universités et hausses des droits de scolarité :solidarité citoyenne, contrat social, saine gestion et des non-dits. (http://www.coopuqam.com/257901-Livres--produit.html), nommément la section Déséquilibre systémique et récurrent entre le secteur anglophone et francophone et des effets pervers du mode de financement. Ce déséquilibre aura été croissant; il inscrit une iniquité fondamentale insupportable : le réseau des universités anglophones du Québec reçoit plus de 29% du financement alors que la population de langue maternelle, voire même anglophone, est largement moindre.

Mais au-delà de critiques émotives faciles, il faut comprendre que ce déséquilibre est inséparable du mode de financement au pro rata du nombre d'élèves/étudiants. Attention aux réactions trop expéditives : Je le redis, on ferait fausse route en ciblant McGill, une université de renom, d'excellence et de contributions essentielles au dynamisme historique, présent et futur de Montréal. Mais la montée fulgurante de l'université Concordia coïncide largement avec l'introduction de ce mode de financement par le gouvernement québécois en 1999/2000. Ce sont deux non-dits sur lesquels certains auront tenté d'attirer l'attention du ministre responsable...

Par ailleurs, on comprendra que certains pourraient cibler plus singulièrement l'université Concordia. ... Son mode de marketing du savoir est dynamique, voire agressif, et son modèle d'affaires l'éloignerait d'une mission normale et d'objectifs de qualité. Elle recrute une large proportion d'étudiants de pays anglophones (Pakistan, Inde). Ainsi, le Québec participe alors au financement international d'étudiants anglophones étrangers - sans conditions normales d'apprentissage de la langue commune - dont un certain nombre obtiendront la citoyenneté canadienne après leurs études subventionnées et participeront à l'anglicisation de Montréal...

Il faut aussi préciser qu'à part l'université Moncton, le Canada anglais n'a pas d'université francophone indépendante importante, que des campus affiliés ou des universités bilingues sous la gouverne de CA anglophones. On a l'impression d'une étreinte dégradante alors que le Québec subventionne trois universités anglophones Elles peinent à recevoir une juste part du financement ( Rapport du Commissaire aux langues officielles). Vous pouvez consulter les références suggérées.

L'université Corcordia ne devrait-elle pas être une université bilingue... ou ramenée à des proportions qu'elle avait avant la distorsion du mode de financement et des développements immobiliers spéculatifs? Son modèle de développement d'affaires ne devrait-il pas être examiné en fonction de critères qu'imposent la mission universitaire, la qualité des formations et l'équité envers la langue commune du Canada français et du Québec, le français? Nous vous soumettons ces questions...

Ainsi, le déséquilibre du financement entre le réseau universitaire francophone et anglophone au Québec doit être inclus dans un Sommet de fond, ou éventuellement dans des discussions ultérieures. Ainsi, tous les citoyens mus par une conscience nationale cohésive voudront que soit entreprise avec ouverture et détermination une telle remise en question...

Je soumets un ensemble de mots clés qui constitue autant de points de réflexion autour de la mission de l'Université et de l'organisation universitaire. Je fais valoir que tout ce qui est important devrait faire partie de la réflexion, et qu'il n'y a pas de discussion fructueuse sans un accord sur la définition des termes. Si des différends sont inévitables, qu'au moins ils n'émanent pas d'une confusion sémantique.

Mots clés:

- Mission, rôles et finalité de l'université

- Accessibilité définition et paramètres

- Barrières à l'accessibilité ( dont le décrochage préuniversitaire)

- Gratuité, le contrat social

- Qualité de l'enseignement

- Principes structurants : équité, conditions d'admission, exigences

académiques, qualité, évaluation, concurrence et excellence

- Frais et droits de scolarité

- Financement et exigences comparés. Modes de financement et

impacts

- Valeur des diplômes, coûts réels, avantages des formations