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22/03/2016 09:49 EDT | Actualisé 23/03/2017 05:12 EDT

Nous devons apprendre à vivre avec les attentats, comme en Israël

Une sécurité maximale n'est pas réaliste, nous devons apprendre à vivre avec.

Depuis le 11 septembre 2001, il y a 15 ans déjà, toutes les forces de police du monde savent que les aéroports et les avions sont des cibles privilégiées des terroristes. Mais peu de choses ont été faites pour sécuriser les aéroports et les gares. On a fait beaucoup plus pour empêcher les terroristes d'embarquer à bord des avions. À très grands coûts et avec une efficacité toute relative, comme l'ont démontré les tests réguliers effectués par les autorités américaines.

Une sécurité maximale n'est pas réaliste, nous devons apprendre à vivre avec

Dans cette campagne, il y a les forces de l'ordre d'un côté et les passagers et pilotes de l'autre, avec peu ou pas de coordination, tout le monde étant considéré comme un terroriste potentiel. Le coût réel et global n'a jamais vraiment été chiffré avec exactitude, car la sécurité des vies n'a pas de prix. De plus, une sécurité maximum serait la fin de notre économie, car presque plus personne ne pourrait aller au travail ou les élèves aller à l'école.

Nous devons donc apprendre à vivre avec, comme en Israël, où tous les vestiges d'un attentat sont nettoyés dans la demi-heure qui suit.

Les contrôles d'identité sont d'une efficacité nulle

Compte tenu des milliers de vols dans le monde chaque jour, la probabilité d'un attentat est très faible, comme celle de gagner deux fois de suite le gros lot au loto.

Bien que les pilotes aient une préoccupation légitime compte tenu des contrôles dans l'aéroport et le blindage du poste de pilotage, cette préoccupation n'est pas génératrice d'un stress excessif. Les contrôles d'identité, bien qu'indispensables, sont d'une efficacité nulle, car pratiquement tous les terroristes prennent l'avion régulièrement sans grandes difficultés. Les terroristes, eux, ont des faux papiers et des fausses identités qui semblent à toute épreuve.

Les zones d'enregistrement des aéroports ont déjà été le lieu d'attentats

Les zones d'enregistrement des aéroports ont déjà été le lieu de plusieurs attentats. Mais pour un terroriste, c'est moins médiatique que de s'écraser avec un avion. Les tentatives déjouées sur le lieu de l'attentat sont très rares, surtout dans le cas d'un attentat-suicide.

Les autorités israéliennes ont plus de résultats dans ce registre puisqu'elles ont l'ordre de tirer en pleine tête pour ne pas laisser au terroriste le temps d'appuyer sur le bouton.

Le dilemme, c'est que si l'on augmente les contrôles dans la zone d'enregistrement au sein de l'aéroport, alors la queue se formera sur le trottoir. Le terroriste n'aura qu'à se faire sauter sur le trottoir au milieu d'une centaine de passagers.

Des complicités sont-elles forcément nécessaires? Lorsque l'on vise une attaque dans un avion, la complicité du personnel au sol est utile, mais pas indispensable. En revanche, pour attaquer au niveau de la zone d'enregistrement, aucune complicité n'est nécessaire.

Le renseignement est efficace, mais l'arrestation dépend du passage à l'acte

Le renseignement est indispensable pour traquer les terroristes, mais malheureusement, une fois la cible identifiée, la justice occidentale se refuse à autoriser l'arrestation tant qu'il n'y a pas eu de passage à l'acte et des dizaines de morts.

Plus de 10 000 jeunes Européens sont allés faire du tourisme en Syrie pour s'entraîner à tuer à l'école de l'État islamique. Ils ont tous pris l'avion. À leur retour, ils n'ont pas été arrêtés. Ce sont les mêmes qui avaient annoncé haut et fort qu'ils allaient commettre des attentats en Europe qui sont sont aujourd'hui coupables du carnage.

Les écoutes de la NSA n'auraient pas empêché un seul attentat en 10 ans

L'écoute téléphonique est un outil indispensable pour le renseignement, mais ce n'est pas une arme infaillible, car tous les terroristes partent du principe qu'ils sont écoutés en permanence. Donc ils communiquent de plusieurs manières différentes.

La NSA américaine, qui écoute 100 % des communications, n'a pas pu prouver au Congrès américain que les écoutes aient empêché un seul attentat en 10 ans.

Une question reste en suspens : quand Salah Abdeslam a été arrêté vendredi dernier, pourquoi ne pas avoir arrêté en même temps ses 20 ou 100 «amis» les plus proches?

Ce billet a initialement été publié sur le Huffington Post France.

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