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03/12/2018 11:33 EST | Actualisé 03/12/2018 11:36 EST

L’économie canadienne va bien, mais il reste beaucoup à faire

Alors que l’économie tourne à plein régime, des déficits budgétaires persistent. Qu’en sera-t-il en cas de récession?

Bloomberg via Getty Images
L’Énoncé économique du ministre Morneau présente des avancées importantes pour les entreprises. Mais force est cependant d’admettre qu’il reste beaucoup à faire.

L'économie du Canada est robuste, nos entreprises sont confiantes, le nombre de Canadiens en emploi atteint des sommets et nous venons tout juste de renouveler le plus important traité commercial avec notre premier partenaire économique, les États-Unis. Certains diront que tout va bien. Malheureusement, on ne doit jamais rien tenir pour acquis.

De bonnes nouvelles pour nos entreprises

Depuis la réforme du président Trump, nos entreprises se sont retrouvées dans une situation fiscale difficile et non concurrentielle — il devenait notamment plus intéressant pour les entreprises canadiennes d'investir aux États-Unis ou d'y laisser leurs profits que de les rapatrier au Canada, où ils seraient taxés davantage.

Il fallait réagir, et c'est ce qu'a fait le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, dans son Énoncé économique. Nous accueillons très favorablement les mesures qui stimuleront les investissements dans de nouveaux équipements et autres actifs et qui se répercuteront positivement sur la productivité de nos entreprises.

Nous avons également pris bonne note de l'engagement du ministre à soutenir un allégement du fardeau réglementaire. La mise en place d'un processus de révision annuelle et la revue accélérée d'une liste de règlements qui alourdissent indûment le fardeau des entreprises pourraient permettre à ces dernières de réaliser des économies substantielles et d'être plus concurrentielles.

Enfin, l'augmentation des sommes allouées à la Stratégie de diversification des exportations permettra à nos entreprises de mieux saisir les occasions d'affaires découlant des accords commerciaux conclus par le Canada. Les difficiles négociations pour obtenir un nouvel accord avec les États-Unis et le Mexique ont mis en lumière l'importance capitale de réduire la dépendance de nos entreprises au marché américain et d'augmenter nos exportations vers les autres marchés internationaux.

Le milieu des affaires demeure préoccupé

De vives préoccupations du milieu des affaires ne trouvent toutefois toujours pas de réponse dans le récent énoncé budgétaire.

Le gouvernement reconnaît la priorité qui doit être accordée à la disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée dans le contexte de resserrement démographique. Cette priorité est aussi la nôtre. C'est pourquoi nous demandons la mise en place rapide de mesures concrètes pour relever ce défi.

Trop de nos entreprises se trouvent à risque de ne pouvoir poursuivre leur expansion, voire de régresser. Les cris du cœur de plus en plus nombreux de nos dirigeants, partout au Québec, doivent être entendus et des solutions, mises de l'avant.

Nous avons aussi souligné à maintes reprises l'importance d'assurer un système de taxation qui soit équitable en matière de commerce en ligne. Nous demandons au gouvernement de corriger cette anomalie, afin que nos commerçants ne soient plus lésés face à des concurrents étrangers qui profitent d'un traitement fiscal plus favorable.

L'Énoncé économique du ministre Morneau présente des avancées importantes pour les entreprises. Mais force est cependant d'admettre qu'il reste beaucoup à faire.

Enfin, nous réitérons le consensus fortement établi au sein du milieu des affaires quant à l'importance que le gouvernement propose dès son prochain budget un plan crédible de retour à l'équilibre budgétaire. Alors que l'économie tourne à plein régime, des déficits budgétaires persistent. Qu'en sera-t-il en cas de récession? Il faut profiter de la conjoncture favorable pour se donner, dans les plus brefs délais, la marge de manœuvre nécessaire pour résister à un éventuel choc économique.

L'Énoncé économique du ministre Morneau présente des avancées importantes pour les entreprises. Mais force est cependant d'admettre qu'il reste beaucoup à faire.

Les signataires:

- Yves-Thomas Dorval, Président-directeur général du Conseil du patronat du Québec;

- Stéphane Forget, Président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec;

- Martine Hébert, Vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante;

- Michel Leblanc, Président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain;

- Véronique Proulx, Présidente-directrice générale, Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

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