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07/11/2015 09:23 EST | Actualisé 07/11/2016 05:12 EST

La bouffée d'air

La nomination de Mélanie Joly à titre de Ministre me laisse plutôt perplexe. Mélanie Joly qui était là pour rester à la mairie de Montréal... Mélanie Joly qui... Bref...

Le NPD a perdu. La base n'a pas été satisfaite et l'électeur moyen n'a pas été convaincu. Mulcair en a lourd sur le dos maintenant et il ne mérite pas notre vote de confiance, s'étant écarté des origines du NPD pour se concentrer sur une politique plus « rassembleuse », c.-à-d. qui tire plus vers le centre et qui n'a pas convaincu les électeurs.

Maintenant que Justin est en poste, que ses ministres québécois ont été nommés et que nous sommes officiellement dans l'ère Trudeau, je me dois de me poser des questions. Je vous invite donc à prendre le temps de réfléchir aux promesses de l'équipe libérale et de les positionner par rapport à certaines valeurs.

D'abord, j'aimerais souligner que le dossier de la marijuana en est un d'importance. En effet, il semblerait que la pression soit grande sur le gouvernement pour voir ce dossier avancer rapidement. J'ai déjà écrit sur le sujet et je maintiens que la légalisation ou la décriminalisation restent les options les plus avantageuses. Maintenant, j'ai bien hâte de voir la presse et l'engouement du gouvernement à mettre en place cette promesse. D'ailleurs, je crois que l'idée de favoriser la légalisation est un gage honnête de progressisme au sein du PLC, chose qui semblait plutôt floue au NPD qui, sous la gouverne de Mulcair, semble plus conservateur à ce niveau.

En termes d'environnement, il semblerait que le gouvernement libéral ait invité les partis d'opposition et divers représentants à la Conférence de Paris. Par contre, il y a lieu de croire que la délégation gouvernementale n'a pas de position claire et d'objectifs à présenter. Ça reste à surveiller, mais en juin 2015, à Vancouver, Justin Trudeau annonçait son plan sur l'environnement, plan qui visait essentiellement à détourner le Canada de sa dépendance aux énergies fossiles et à investir dans l'énergie verte... à suivre donc!

En termes d'économie, l'idée de ne pas favoriser le déficit zéro au profit de l'austérité semble plaire et, surtout, semble plus facile à concéder au PLC qu'au NPD en termes de crédibilité. En effet, comme le disait la troupe de Radio-Canada le soir de l'élection du 19 octobre, si monsieur Mulcair avait promis des déficits comme monsieur Trudeau, le premier se serait fait attaquer assez solidement! Bref, ici aussi la plateforme semble assez progressiste.

Maintenant, qu'en est-il de la question culturelle et nationale du Québec ? Certains me diront que c'est de réveiller les morts que d'en parler. Par contre, n'oublions pas qu'en 2011, le parti de Thomas Mulcair, à l'époque dirigé par feu Jack Layton, avait misé sur la carte de l'identité des Québécois et sur leur désir de changement. Or, la réélection d'un gouvernement libéral rime avec clarté référendaire et Canada uni.

Des vieux principes et de vieilles idées ? C'est là, je crois, que le PLC m'échappe : Pourquoi se borner à refuser un 50% + 1 comme représentant une majorité ? Cette question est inévitable avec l'élection d'un gouvernement libéral. L'idée du NPD et de la déclaration de Sherbrooke me semble beaucoup plus acceptable à présent. Par contre, est-ce que cette question est encore d'actualité ? Oui me répondront certains, « on s'en fout » diront d'autres. Je commence tranquillement à pencher vers les « on s'en fout » mais...

Pour le reste, il faut se le dire : Justin a du charisme et de la gueule. Il passe l'Halloween déguisé en pirate, prenant la peine de déposer un petit selfie sur les réseaux. Pourquoi pas une arrivée commune sur la colline parlementaire au lieu du ringard défilé de limousine pour l'assermentation du conseil des ministres ? On va se le dire : Justin, il l'a l'affaire! Le coup de fil a Barack Obama, son apparition surprise dans le métro de Montréal au lendemain de sa victoire, etc.

J'émets cependant une grande réserve qui est la suivante. En ce moment, Justin il l'a l'affaire, mais il ne gouverne pas encore réellement. Il l'a l'affaire quand c'est le temps des apparences, mais je tiens à souligner qu'il y a 174 promesses de l'équipe libérale à surveiller.

Qui plus est, la nomination de Mélanie Joly à titre de ministre me laisse plutôt perplexe. Mélanie Joly qui était là pour rester à la mairie de Montréal... Mélanie Joly qui... Bref...

Est-ce que Justin va savoir mener la barque ? Je donne la chance au coureur, car jusqu'à maintenant, il dégage un leadership et un charisme qui fait du bien à un Canada qui sort d'une ère de conservatisme plutôt moche et désagréable.

Une vraie bouffée d'air frais!

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