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07/02/2017 09:10 EST | Actualisé 07/02/2017 09:10 EST

Libérons les provinces atlantiques de leur statut de provinces «pauvres»

La péréquation ne devrait pas être un programme permanent pour maintenir des régions et des provinces entières plus pauvres que le reste du pays. Malheureusement, c'est ça le résultat.

Samedi dernier, au cours du débat à Halifax, d'autres candidats m'ont accusé d'avoir abandonné les provinces atlantiques. Ils ont dit que ma proposition visant à geler le budget de la péréquation jusqu'à ce que nous ayons réévalué son financement et la façon dont l'argent est distribué nuirait économiquement à cette région.

Bien sûr, à court terme, certaines personnes pourraient ne pas aimer cette idée. Mais nous transférons de l'argent du reste du Canada vers les provinces atlantiques depuis des décennies. Et si nous ne faisons rien, cela va probablement continuer pendant plusieurs décennies. Ne devrions-nous pas penser à des solutions à long terme ?

La question que nous devrions nous poser est la suivante : comment créer les meilleures conditions pour que les entrepreneurs des provinces atlantiques créent des emplois et de la richesse ? (Y compris à Terre-Neuve-et-Labrador, qui ne reçoit plus de péréquation depuis quelques années à cause des revenus du pétrole, mais qui a toujours une économie faible et un taux de chômage très élevé.)

La péréquation ne devrait pas être un programme permanent pour maintenir des régions et des provinces entières plus pauvres que le reste du pays. Malheureusement, c'est ça le résultat.

Diverses études ont démontré que la péréquation favorise la croissance du secteur public dans les provinces qui en reçoivent, ce qui retire des ressources et des travailleurs au secteur privé et l'affaiblit. Cela encourage les gouvernements provinciaux à maintenir les impôts élevés et à intervenir davantage dans leurs économies. Ils n'ont pas autant d'incitations à rendre leur économie plus compétitive parce qu'une plus grande croissance du secteur privé mènera à moins d'argent de la péréquation.

Des gouvernements plus gros, des entreprises privées moins concurrentielles : c'est la recette de la stagnation économique.

Kevin O'Leary a déclaré la semaine dernière qu'il « obligerait » les provinces à adopter certaines politiques qu'il privilégie, comme le développement du gaz naturel en Nouvelle-Écosse. Et qu'il serait « très punitif » si elles ne s'y conforment pas. Il s'agit d'une approche totalement arrogante et imprudente, qui ravivera les querelles constitutionnelles entre Ottawa et les provinces.

Mon approche n'est pas d'imposer la volonté d'Ottawa aux provinces, mais plutôt de réformer le programme de péréquation pour qu'il offre les incitations appropriées au développement économique. Je respecterai les provinces et notre Constitution.

C'est une honte qu'après 150 ans, notre pays ne soit toujours pas un libre marché.

Un deuxième changement très important qui doit être fait pour aider les provinces atlantiques à devenir plus prospères consiste à éliminer les obstacles au commerce et au travail entre les provinces. C'est une honte qu'après 150 ans, notre pays ne soit toujours pas un libre marché.

Si vous êtes un consommateur, vous pouvez avoir une amende pour avoir traversé une frontière provinciale avec trop de bières, comme c'est arrivé à Gérard Comeau au Nouveau-Brunswick. Si vous êtes un travailleur, vous pouvez avoir besoin d'une nouvelle licence, ou voir vos qualifications non reconnues, quand vous allez travailler dans une autre province. Et si vous êtes un entrepreneur, vous aurez peut-être besoin de plus de permis, devrez faire plus de démarches bureaucratiques, ou tout simplement faire face à un mur, lorsque vous essayerez d'exporter vers une autre province.

Un comité sénatorial a estimé que ces barrières pourraient coûter jusqu'à 130 milliards de dollars par an à notre économie. C'est presque la moitié du budget fédéral !

Mais c'est encore plus coûteux pour les petites provinces qui ont de petits marchés plus dépendants du commerce. Elles ne peuvent pas bénéficier des économies d'échelle d'un plus grand marché. Il est plus difficile pour leurs entreprises de croître. Et cela coûte plus cher à leurs consommateurs qui ne peuvent pas acheter des produits provenant d'ailleurs.

Le Conseil économique des provinces de l'Atlantique a publié un rapport en octobre dernier expliquant pourquoi la région ne peut pas se permettre de maintenir ces obstacles. Selon l'étude, l'élimination de toutes les barrières commerciales entre les provinces pourrait créer des gains aussi élevés que 3,3 % du PIB, mais ces gains seraient plus du double pour les provinces de l'Atlantique, soit 7,6 % du PIB.

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