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07/03/2019 16:21 EST | Actualisé 07/03/2019 16:21 EST

L’écosystème canadien s’atrophie

Le futur est entre nos mains et il est de notre devoir en tant que citoyens canadiens de prendre les mesures nécessaires afin d’arrêter le processus néfaste qui mène à la dégradation de notre environnement et des écosystèmes.

Jérémie LeBlond-Fontaine via Getty Images

Parsemé de nombreux biomes et de paysage étonnant, le Canada nous permet un contact réel avec le monde sauvage et la forêt boréale. De l'océan Atlantique au Pacifique, le territoire nous offre un nombre considérable de parcs nationaux et de réserves protégées nous permettant de goûter aux joyaux qui nous entourent.

Avec nos montagnes Rocheuses, nos forêts de séquoias, nos prairies et nos côtes maritimes, nous avons de quoi être fiers. Malheureusement, nous ne respectons pas cette œuvre de la nature en répondant à nos besoins toujours plus grands de consommation.

On observe une diminution considérable de l'abondance écologique et un effondrement drastique des écosystèmes au Canada et ailleurs dans le monde.

Nous exploitons sans cesse nos forêts au-delà des limites de la régénération et nous polluons nos milieux naturels. Faute d'habitats, les espèces sont menées à l'extinction et les populations décroissent à une vitesse vertigineuse.

Les conséquences se font ressentir jusque dans notre province, ici, au Québec.

L'humain et son impact sur l'environnement

Il est aisé de reconnaître que l'humain a toujours été une espèce invasive d'exception et qu'il est la cause probable de plusieurs extinctionsà travers les âges.

Encore aujourd'hui, l'humain fait des ravages au sein de l'écosystème afin de répondre à ses besoins, et ce, bien au détriment de sa propre espèce. En effet, il a progressivement basé son système économique sur un modèle de surconsommation et de marketing abusif l'ayant éventuellement mené à une augmentation de la température moyenne mondiale de 0,85 °C entre 1880 et 2012.

Également, en plus de l'exploitation excessive des ressources, l'emballage plastique et la production d'objets de consommation à outrance sont également des causes de cette dégradation environnementale. Pour réduire notre impact écologique au niveau sociétal, il faudrait se tourner vers un système de consommation dit «décroissant» qui va à l'encontre de l'idéologie actuelle. Sans cela, nous courrons à notre perte.

Situation de l'abondance écologique au Canada

Nous savons que, mondialement, la situation de l'abondance faunique et florale est alarmante. Mais qu'en est-il au Canada? Un rapport d'étude concernant la biodiversité et les écosystèmes fut publié en 2017 par la WWF (World Wildlife Fund). L'étude se base sur l'indice planète vivante (IPV), indice calculé selon plusieurs facteurs de données, afin de décrire nettement l'évolution démographique générale des espèces au Canada.

On constate un déclin de 8% de l'IPV entre 1970 et 2014. Donc généralement, l'écosystème s'atrophie et la biodiversité s'amenuise. Au niveau faunique, on observe que 50% des espèces contrôlées au Canada ont subi un déclin moyen de 83%. Parmi eux, les populations de mammifères font face à une diminution de 43% alors que les populations de poissons ont diminué de 20%.

On constate toutefois une légère augmentation du nombre total d'oiseaux. Néanmoins, certaines espèces, dont les oiseaux de rivage, les insectivores aériens et les oiseaux des prairies voient leurs populations s'amenuiser considérablement depuis les années 70 à cause, entre autres, de l'activité agricole intensive.

Espèces en danger notables au Québec

Le Goglu des prés

Le 30 mars 2018, un article dans Le Soleil nous informait d'une baisse démographique importante de plusieurs espèces d'oiseaux nicheurs québécois se trouvant généralement dans nos campagnes. Par exemple, le Goglu des prés, une espèce de passereau observé surtout en zone agricole, a connu une diminution remarquable entre 1970 et 2015. Les causes sont sans aucun doute l'étalage de pesticides dans nos champs. Les oiseaux se nourrissent alors d'insectes contaminés ou font face à la famine. L'intensification des cultures et l'agrandissement des surfaces seraient également en cause privant ainsi les oiseaux d'habitat.

Également, entre 1970 et 2015, les populations d'alouette hausse-col et d'hirondelle de rivage ont diminué de 97% et 98% respectivement. La situation s'en retrouve alors plus critique pour ces espèces. L'article mentionne que 28 autres espèces présentes dans les milieux agricoles qui nichent au Québec ont perdu le tiers de leur population dans le même intervalle de temps.

Le Caribou des bois

Le caribou est un mammifère majestueux. Il est le seul cervidé dont le mâle et la femelle possèdent tous deux des bois. Son aire de répartition touche principale le Grand Nord québécois et quelques sommets de montagne de la Gaspésie.

Toutefois, la détérioration de son habitat due à l'exploitation des forêts le rend inapte à assurer sa survie en pleine nature. Par exemple, le troupeau de la rivière aux Feuilles dans le nord-ouest du Québec est toujours en déclin: depuis seulement novembre 2017, il a fait face à une perte d'environ 10%. Plus que 187 000 individus subsistent, sur les 600 000 comptés en 2000.

Le caribou représente un apport considérable de nourriture pour le peuple autochtone innu. Il est également un aspect culturel et spirituel important au sein de la nation. Différentes mesures d'action sont théoriquement mises en places, mais elles ne semblent pas suffisantes.

L'abeille

L'abeille est un acteur important de l'environnement en raison de son action de pollinisation. Il est primordial de comprendre que la disparition de cette espèce est un phénomène mondial et que si les abeilles disparaissent, une bonne partie de ce qui est dans votre assiette n'y sera plus.

Encore une fois, les activités agricoles seraient en cause avec les insecticides, entre autres le néonicotinoïde qui agit sur le système nerveux central des insectes. Lors de la pollinisation, les abeilles se retrouvent intoxiquées par ces substances, les menant ainsi, tranquillement, vers l'extinction. La Fédération des apiculteurs du Québec estimait les pertes en 2018 avoir perdu plus de 50% des ruches. Cela résultera d'une baisse de production des pommes, des citrouilles et des bleuets, pour ne nommer que ceux-là.

Pour conclure, le futur est entre nos mains et il est de notre devoir, en tant que citoyens canadiens, de prendre les mesures nécessaires afin d'arrêter le processus néfaste qui mène à la dégradation de notre environnement et des écosystèmes.

Il est vrai de dire que les industries ont leurs chemins à faire et qu'ils sont les acteurs directs de la dégradation. Mais si nous changeons nos habitudes de vie, les entreprises devront s'adapter à la nouvelle idéologie véhiculée. Il faudra s'orienter de plus en plus vers des modes de vie comme le minimalisme si l'on veut avoir un impact significatif.

Imaginez si tous cultivaient leur propre nourriture et fabriquaient leurs propres sources d'électricité, comme le solaire, par exemple. Imaginez un monde où nous baserions l'aspect financier de notre vie sur une économie locale, circulaire et de partage. Imaginez un monde plus juste où chaque être humain vivrait une relation symbiotique saine avec les autres espèces et son environnement. Est-ce l'utopie tant recherchée?

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