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18/01/2016 10:29 EST | Actualisé 18/01/2017 05:12 EST

Les leçons de L'Allier pour Coderre

Si le maire de Montréal espère avoir un impact durable sur Montréal, il doit s'inspirer de la sensibilité de Jean-Paul L'Allier. Sinon, l'impression qu'aura laissée son règne sera aussi éphémère qu'une publication sur Twitter...

L'écart idéologique qui sépare M. L'Allier et M. Coderre est infiniment plus grand qu'un aller-retour Montréal-Québec. L'Allier était souverainiste, a fait ses premiers balbutiements en politique au palier provincial et était connu pour ses textes de réflexions qu'il publiait dans Le Devoir.

Coderre est un fervent fédéraliste, s'est d'abord fait élire comme député fédéral et a gagné en notoriété grâce à ses courts textes publiés... sur Twitter.

Malgré leurs différents, les nombreux hommages qu'a reçus M. L'Allier démontrent à quel point Coderre aurait tout à gagner de s'inspirer du défunt maire de Québec.

L'héritage de Jean-Paul L'Allier est colossal. Avec le souci d'un chirurgien plastique, il a su cicatriser les plaies esthétiques et les fissures sociales de la ville de Québec avec des interventions urbaines précises.

Au-delà de ses nombreuses réalisations coulées dans le béton, M. L'Allier lègue aussi un style de gouvernance marqué par une grande sensibilité, qui se manifestait autant dans sa vision urbanistique que dans ses relations avec les employés de la ville de Québec. C'est de cette sensibilité dont le Maire Coderre devrait s'imprégner.

Le pouvoir de l'inspiration

Les détracteurs de M. L'Allier le trouvaient trop conciliant envers les employés de la ville de Québec. La réalité était tout autre, aimait rappeler le défunt maire. Ce fin gestionnaire savait qu'il ne pouvait pas implanter sa vision audacieuse sans l'appui de ces employés. Grâce à son ouverture aux revendications des syndicats et une approche ancrée dans la collaboration, le défunt maire de Québec a su inspirer les employés de Québec à donner le meilleur d'eux-mêmes.

Il est difficile d'imaginer le Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal louanger Denis Coderre de la même manière que la CSN a célébré M. L'Allier à sa mort. L'arrogance du maire Coderre rend la collaboration avec les employés de la ville de Montréal presque impossible. Que ce soit lorsqu'il a affirmé aux policiers du SPVM l'été passé qu'ils ne pouvaient pas lui donner des ordres parce qu'il était leur boss ou la sanction démesurée qu'il a donné au syndicat des cols bleus en décembre, le maire démontre un grand manque de sensibilité envers les employés de la ville.

Alors que les préparatifs menant aux célébrations du 375e de Montréal vont demander de grands efforts pour les cols bleus de Montréal, l'attitude autoritaire du Maire Coderre est improductive. Face à un maire aussi désobligeant, on peut douter que les cols bleus trouvent la motivation nécessaire pour réussir les tâches surhumaines qui les attendent d'ici 2017.

L'immédiateté vs la pérennité

M. L'Allier connaissait l'importance de la beauté. En misant sur des interventions urbaines esthétiques, M. L'Allier faisait le pari que les habitants de Québec allaient se réapproprier leur ville et peut-être même devenir de meilleurs citoyens. La revitalisation de quartiers mal famés tels que Saint-Roch lui a donné raison.

De l'autre côté de l'autoroute 40, la vision urbanistique à court terme de M. Coderre inquiète. Le maire semble opposer l'utile et le beau, oubliant que les deux peuvent être complémentaires. M. Coderre a donc demandé de construire un trottoir inutilisable tellement il est petit au Parc Laurier pour préserver quelques places de stationnements. Le même maire préconise aussi la destruction de monuments artistiques, comme l'Agora du square Viger ou la Maison Alcan, pour permettre la construction de nouveaux projets sans ambitions.

Jean-Paul L'Allier avait pris l'engagement de faire de sa ville un spectacle urbain. Denis Coderre préfère être lui-même le spectacle sur lequel tous les yeux se rivent. Si le maire de Montréal espère avoir un impact durable sur Montréal, il doit s'inspirer de la sensibilité de Jean-Paul L'Allier. Sinon, l'impression qu'aura laissée son règne sera aussi éphémère qu'une publication sur Twitter...

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