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20/03/2019 06:00 EDT | Actualisé 20/03/2019 16:40 EDT

Une communauté pour la décarbonation des transports

L'industrie de la mobilité a besoin d'un plan d'action audacieux pour mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le climat visant une économie zéro émission nette.

halbergman via Getty Images
Parler de décarbonation des transports et de qualité de l’air en entreprise est un premier pas vers une collaboration mondiale entre les acteurs de la mobilité.

On le sait, les gouvernements, les entreprises, les ONG et ceux qui luttent contre les changements climatiques dans toutes les industries doivent s'unir et mettre des actions en place pour décarboner le transport.

Au Sommet Movin'On 2019, qui aura lieu en juin prochain, des conférenciers et experts de la mobilité provenant de partout dans le monde se réuniront pour discuter des grands enjeux sous le thème de la décarbonation et la qualité de l'air.

Pour vous aider à comprendre le contexte et vous préparer à participer à ces discussions, j'ai préparé un condensé de ce que l'on connaît sur le sujet. En espérant qu'il vous inspirera à passer à l'action pour accélérer la décarbonation!

Les conducteurs rêvent-ils de voitures électriques?

L'électrification des transports est au cœur de la stratégie de mobilité verte au Québec, pour la simple et bonne raison que notre production hydroélectrique est abordable et à impact environnemental relativement faible.

Mais pour que les conducteurs se prennent à rêver du vrombissement d'une voiture électrique, les points de recharge, l'autonomie et le prix devront changer. En effet, selon Denis Le Vot de Nissan, les éléments suivants sont cruciaux pour une adoption massive de la voiture électrique:

  • un réseau tentaculaire de bornes de recharge pour une conduite électrique sans souci, peu importe la destination;

  • 1000 km d'autonomie, acquise en moins de 10 minutes de charge, comparativement aux 800 km d'autonomie des véhicules à combustion interne les plus écoénergétiques;

  • des véhicules électriques à moindre prix que les véhicules à combustion interne, en tenant compte du prix d'achat et des coûts d'exploitation (et les subventions annoncées dans le budget fédéral 2019).

Côté prix et autonomie, on y est presque. La technologie de charge rapide et les batteries à l'état solide (plus petites, moins chères, plus efficaces et faciles à recycler que celles au lithium-ion) sont déjà en déploiement.

Mais côté infrastructures, c'est une autre histoire. Le nombre de bornes de recharge sur les rues et l'adaptation du réseau électrique sont des problèmes plus ardus à régler puisqu'ils dépendent de plusieurs instances. C'est donc un défi de collaboration plutôt qu'une question de technologie ou de marché.

Peut-on décarboner l'air pour en tirer de l'essence liquide?

J'ai été étonnée de l'apprendre, mais la réponse, c'est oui! Par un processus qu'elle nomme Direct air capture, la compagnie Carbon Engineering transforme le CO2 présent dans l'air ambiant en carburant liquide.

Il peut être distribué dans les stations-service telles qu'elles sont aujourd'hui et être utilisé dans les voitures, les autobus et les camions, sans devoir modifier leur moteur.

Dans les endroits où l'électricité est produite de façon polluante, ou alors pour les gens qui souhaitent conserver leur voiture à combustion, c'est une option de transition intéressante, même si cela signifie que l'on continue à produire du CO2.

Comment penser vert dès le design?

En 2019, personne ne s'assoit à sa table à dessin pour concevoir un véhicule sans penser à son impact sur l'environnement. Mais au moment de faire le design d'un camion, d'une voiture, d'un autobus ou d'un avion, le choix vert est plutôt matière à zones grises.

Souvent, l'écodesign est fait de concessions et de calculs plutôt que d'un choix entre une option conventionnelle et une autre, plus écolo. Selon Kahina Oudjehani, chef de l'écoconception et des affaires environnementales chez Bombardier, l'écodesign se base sur une approche systématique pour quantifier les impacts, évaluer diverses avenues et prendre les décisions éclairées qui s'imposent, selon quatre indicateurs-clés:

  1. L'impact sur les ressources non renouvelables

  2. La consommation d'énergie

  3. Le potentiel de recyclage

  4. Le potentiel d'impact sur les changements climatiques

Parfois, le choix du meilleur matériau s'impose, mais souvent on doit faire des concessions pour que tous les départements de l'entreprise aient la même vision, incluant ceux qui se préoccupent plutôt de coûts et de rentabilité que d'impact environnemental.

Ces indicateurs-clés sont utiles parce qu'il est facile de les prendre en considération. Si votre entreprise n'utilise pas de processus d'analyse pour mesurer l'impact de ses produits sur l'environnement, c'est un bon point de départ pour amorcer la conversation.

Près de quatre ans après la COP21, 85% de la population mondiale vit dans des régions où les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé ne sont pas respectées, entre autres à cause des émissions liées à nos modes de transport.

L'industrie de la mobilité a besoin d'un plan d'action audacieux pour mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le climat visant une économie zéro émission nette. De plus, le risque de voir le nombre de propriétaires de voitures doubler et le transport de marchandises tripler d'ici 2050 est encore très élevé. Parler de décarbonation des transports et de qualité de l'air en entreprise est un premier pas vers une collaboration mondiale entre les acteurs de la mobilité.


Avec toute l'équipe du Sommet Movin'On, nous préparons la 3e édition de ce sommet mondial de la mobilité durable qui aura lieu du 4 au 6 juin 2019 à Montréal. Chaque année, des innovateurs de la mobilité s'y rencontrent pour discuter, collaborer et s'inspirer, afin de façonner ensemble la mobilité de demain. Dans mes billets sur ce blogue, je vous présente des idées, des personnalités et des technologies qui font la différence pour créer cette mobilité durable, inclusive et innovante.