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29/03/2017 12:29 EDT | Actualisé 29/03/2017 12:31 EDT

Budget provincial: la place de l'éducation

En attendant la diffusion des mesures et des modalités d'application des investissements annoncés, c'est tout le système scolaire qui devra faire un véritable examen de conscience.

L'analyse suivante se base sur le fascicule en éducation disponible sur le site Internet de Finances Québec dans la section «budget». Les points qui seront abordés concernent les mesures prévues pour l'enseignement préscolaire, primaire et secondaire.

L'ensemble

Dans une rédaction quasi électoraliste, on présente de nombreuses données visant à démontrer la proactivité du gouvernement en matière d'éducation. Le ton est donné en introduction: le monde scolaire est une priorité. On pourrait même y voir une demande de pardon pour les budgets précédemment déposés. Cette opération de relations publiques est à peine camouflée. Toutefois, et considérant les consultations tenues à l'automne 2016, une approche différente aurait été le paroxysme de l'égarement pour ces dirigeants. À ce stade, la réponse aux besoins ne pouvait pas être inférieure. Outre la politique, il faut reconnaître qu'une attention particulière a été accordée à la recherche et aux pratiques probantes. Voir l'éducation comme une responsabilité partagée, dans un continuum de services, est une stratégie prometteuse. Politique de la réussite éducative oblige, le document présenté le 28 mars 2017 redonne un peu d'espoir aux acteurs essoufflés du système scolaire québécois. Globalement, le nouveau budget en éducation obtient tout juste la note de passage.

Quelques chiffres

Le budget prévoit des investissements additionnels en éducation pour de l'année scolaire 2017-2018 jusqu'à celle de 2021-2022. À terme, les engagements financiers, pour le préscolaire, le primaire et le secondaire, se chiffrent à un peu plus de 1,8 milliard. D'ici le prochain dépôt budgétaire, il faut cependant se résoudre à une bonification de l'enveloppe de 23 millions; une hausse très modeste compte tenu des besoins criants et de la taille du réseau concerné.

Les choix à faire dans la réalité seront donc critiques si l'on souhaite rendre l'investissement efficace.

Pour la rentrée à venir, 1500 personnes seront embauchées pour apporter une contribution supplémentaire auprès des élèves, et ce, dans les 2350 écoles primaires et secondaires de la province. Les choix à faire dans la réalité seront donc critiques si l'on souhaite rendre l'investissement efficace. La diminution du ratio élèves/adulte ne signifie pas pour autant que les interventions seront adéquates et que des différences marquées seront visibles par rapport à la situation actuelle. À cet effet, et sans intention démagogique, je note le fait suivant: lesdits ratios ont chuté considérablement depuis le début des années 2000... Qu'en est-il de la réalité? Les services spécialisés sont-ils plus au rendez-vous? Le personnel scolaire est-il plus confortable dans l'exercice de ses fonctions qu'il y a dix ans?

Des bons coups

L'attention particulière qui a été accordée à la recherche en éducation est sans doute le point le plus réjouissant. On y voit là une réelle intention d'apporter des changements de fond qui contribueront directement à la réussite éducative et pour aider les élèves ayant des besoins particuliers. Parmi ces bonnes nouvelles, il y a:

  • Une affirmation forte, dès l'introduction, qui rappelle l'importance «d'un système éducatif inclusif»;
  • Le soutien annoncé pour un dépistage précoce et une intervention rapide au niveau du préscolaire et de la première année (ajout d'enseignants);
  • L'accompagnement à venir pour les ateliers d'éveil à la lecture;
  • La présence, à terme, d'un intervenant dans chaque école qui devra assurer la liaison avec l'élève, sa famille et ses intervenants extérieurs (s'il y a lieu);
  • La préoccupation d'offrir un accompagnement adéquat aux étudiants ayant des besoins particuliers dans les réseaux d'enseignement supérieur (notable même si cela ne concerne pas les élèves plus jeunes).

De la parole aux actes

En attendant la diffusion des mesures et des modalités d'application des investissements annoncés, c'est tout le système scolaire qui devra faire un véritable examen de conscience. Beaucoup de choses ont été dites quant au manque de ressources en éducation et une cohésion semblait émerger dans le discours de chacun. Maintenant, il faut passer de la parole aux actes. Quand les sommes supplémentaires, si petites soient-elles, figureront au budget des écoles ou des commissions scolaires, les gens impliqués dans le processus décisionnel devront faire des choix motivés par l'intérêt de l'élève. Les considérations purement partisanes, celles qui favorisent les conditions de travail sans tenir compte des impacts pour le jeune, doivent être mises de côté. L'argent est un facilitateur, mais le quotidien demeurera extrêmement douloureux pour ceux qui croient que l'école n'a d'autre mission que l'instruction.

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