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26/03/2018 09:00 EDT | Actualisé 26/03/2018 10:13 EDT

Facebook: un réseau social? Disons que c’est le terme poli

Dans ce beau système capitaliste à énergie globale planétaire, il serait naïf de croire que Facebook figure dans la liste des œuvres de charité. 

bigtunaonline via Getty Images

Quand l'étudiant a inventé Facebook, il n'avait pas d'amis et intéressait les filles comme un maringouin. Un soir après quelques bières, l'instinct a implosé. Un mélange de frustration et de créativité jumelé à un éclair de génie. La recette parfaite pour l'invention du siècle ! Ce soir de haute testostérone s'est soldé par le piratage de l'annuaire de l'Université Harvard. En quelques heures, le gamin avait créé un site pour coter la beauté des filles. C'est la façon dont l'auteur américain, Ben Mezrich, raconte les raisons de l'invention de Facebook par Mark Zuckerberg. Gardez l'histoire en tête.

Pour le fondateur du sigle bleu, l'idée derrière le t-shirt était claire : développer un programme qui permettrait de colliger et de partager des informations reliées aux goûts des boys sur la gent féminine. Je ne crois pas que les votants de fin de soirée aient signé la clause de confidentialité. Néanmoins, ce que je crois, c'est que ce jeu innocent traça la ligne de ce qui est aujourd'hui, l'algorithme 2.0 qui questionne et définit des profils.

Ni une coopérative ni un OSBL

Dans ce beau système capitaliste à énergie globale planétaire, il serait naïf de croire que Facebook figure dans la liste des œuvres de charité. Il s'agit ici d'une machine incroyable à imprimer de l'argent. D'ailleurs, les comptes sont tellement pleins que Zuckerberg a dû en ouvrir un aux iles Caïmens par l'entremise de différents holdings, évasion fiscale oblige. Ceux-ci faisant partie des récentes révélations touchant les Paradise Papers (Forbes.fr).

La réelle mécanique de l'entreprise

On «like» candidement. Facebook met ainsi le tout dans son sac à mémoire. Petit à petit, on forme votre empreinte digitale. Elle vous est unique. Cela dit, tout ce que vous êtes ... et ça vaut de l'or. Dans un monde de consommation, le marketing est maître et roi. Si on peut cibler le beurre, eh bien, on a aussi des chances d'avoir l'argent du beurre.

Si on peut cibler le beurre, eh bien, on a aussi des chances d'avoir l'argent du beurre.

Du graphe social, Facebook s'est tout naturellement tourné vers le graphe d'intérêt. C'est ce qu'explique Scott Galloway dans « Four » son livre sur la face cachée des quatre grands que sont Amazon, Apple, Facebook et Google. Concrètement, il s'agit pour eux de développer trois axes : votre confiance, votre localisation et vos goûts.

Le verbiage inutile devient alors utile pour le F bleu. Comme on dit : « Qui s'assemblent, se ressemblent. » Et c'est ainsi que le tout devient exponentiel. Les informations recueillies sont ainsi codifiées et permettent de connaître bien plus que vos habitudes d'achat... mais vos instincts les plus profonds, vos idéologies ou vos choix politiques. Et ce genre de Freud infaillible, et bien, tous les Cambridge Analityca de ce monde payeraient pour l'avoir. Facebook est-il toujours un réseau social ou s'agit-il maintenant d'un réseau comportemental ? Poser la question, c'est y répondre. Et dire qu'on riait de Big Brother il y a presque 20 ans !

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