LES BLOGUES
25/09/2016 07:45 EDT | Actualisé 25/09/2016 07:45 EDT

Hillary et le «bullying»

Depuis que Hillary est candidate à la présidence des États-Unis, j'entends des propos scandaleux, dont celui-ci : «Si elle n'a pas été capable de contrôler son mari, comment peut-elle contrôler les États-Unis?» Commentaire misogyne, humiliation totale?

J'admire Hillary Clinton. Je l'admire en tant que femme. J'ai rarement vu une femme en politique se faire autant talocher. On l'attaque sans cesse sur sa vie personnelle, sur sa santé, sur son image. Elle est continuellement bombardée par des propos hargneux. Je ne parle pas ici de ses idées politiques, mais bien de l'image de la femme en politique. Et pourtant, elle est toujours là, prête à combattre.

Vous me direz qu'elle a soif de pouvoir et c'est probablement le cas, mais jusqu'où peut-on absorber des coups en tant qu'être humain? J'admire sa force. L'histoire sur sa pneumonie est scandaleuse. On lui reproche de l'avoir cachée ou de ne pas être assez forte physiquement pour être présidente des États-Unis. Really?, comme disent les Américains. Devait-elle étaler sur la place publique le fait qu'elle ait une pneumonie? Est-ce que les gens l'auraient crue? Car même lorsque son médecin annonce qu'elle va mieux et est apte à être présidente des États-Unis, il y a des doutes. Des doutes qui assombrissent son image.

Et on va loin dans les propos. Vous vous rappelez sûrement l'affaire sur Lewinsky, cette stagiaire de 23 ans qui avait fait une fellation au président Bill Clinton, son mari. Il y a 20 ans de cela. À l'époque, les Américains avaient crié au scandale. Depuis que Hillary est candidate à la présidence des États-Unis, j'entends des propos encore plus scandaleux, dont celui-ci : «Si elle n'a pas été capable de contrôler son mari, comment peut-elle contrôler les États-Unis?» Commentaire misogyne, humiliation totale?

C'est certain que l'entourage de Trump n'a pas pris connaissance de la politique de harcèlement des écoles

On s'acharne sur elle et cela s'appelle du harcèlement, du «bullying» comme on dit ici. Et pourtant, les États-Unis sont très sensibles au harcèlement. Pour vous donner un exemple, en tant que parent d'une fille de 11 ans, je reçois continuellement de l'école la politique contre le harcèlement (Anti-Bullying Policy) . La politique est suivie religieusement et malheur à ceux qui ne la respectent pas et avec raison. Si un enfant harcèle un autre enfant, il y aura bien sûr de sévères sanctions, mais l'enfant aura aussi un dossier qui le suivra durant toute sa vie scolaire. Je ne parle pas ici d'un verdict d'accusation de harcèlement déterminé par un jury, mais d'une lettre écrite par l'école. C'est très sérieux. Oublier votre rêve d'envoyer votre enfant à Harvard, s'il a un dossier sur le harcèlement!

C'est certain que l'entourage de Trump n'a pas pris connaissance de la politique de harcèlement des écoles ou peut être que cette politique ne s'applique plus lorsqu'on annonce sa candidature pour la présidence des États-Unis? Deux poids, deux mesures.

Il y aura le premier débat politique entre Hillary et Trump, le lundi 26 septembre. C'est certain que je serai assise devant mon téléviseur. J'espère que les attaques et les arguments seront basés uniquement sur leurs idées politiques. Il s'agit quand même d'un débat pour devenir président d'une des plus grandes puissances économiques du monde, soyons sérieux! Mais malheureusement, j'ai peu d'espoir.

À LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES

>Du pareil au même - Henry Mintzberg et John Breitner

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Galerie photo Les polémiques de Donald Trump en campagne Voyez les images