LES BLOGUES
02/08/2018 12:48 EDT | Actualisé il y a 4 heures

As-tu peur de briller?

J'ai peur de briller, car briller c'est m'habiter pleinement.

Pixabay

Je me suis souvent posé cette question, et, pendant que j'étais dans ma tête à réfléchir, je n'étais pas dans mon cœur, connectée à cette magnifique essence que je suis. Tout déviait alors, me donnant l'impression d'être une balle de ping-pong en plein milieu d'un match olympien.

J'ai peur de briller, car briller c'est m'habiter pleinement. C'est valser à chaque instant avec l'Univers, m'accueillant dans TOUT ce que je vis avec compassion. C'est laisser les archives mentales et émotions cristallisées remonter, circuler et se dissoudre, pour me permettre de ressentir la joie et la plénitude.

C'est cesser de vouloir tout contrôler et faire arriver les choses, de mesurer, analyser, rationaliser... C'est faire 100% confiance à mes inspirations, sans avoir aucune idée de leur raison d'être. C'est cesser de retenir tout: la souffrance, la tristesse, la peur, la performance, la perfection, le désir d'aider les autres, de les «sauver» comme de cesser complètement de me dire «victime» de quelque situation, pour accueillir pleinement la magnifique cocréatrice que je suis.

Au-delà de tout ça, briller ça veut dire découvrir qui je suis vraiment, tout au fond de moi, au cœur du cœur, dans l'essence.

J'ai été dans cette quête toute ma vie. J'ai tout fait pour me trouver, pas juste une facette du diamant que je suis, mais l'entièreté du joyau et pourtant, arrivée aux portes de la grotte cachant ce fabuleux trésor, mes jambes se sont mises à branler. J'aurais parfois eu envie de m'enfuir en courant à l'autre bout du monde pour ne pas voir ce qui s'y trouve. Pourquoi?

Je suis très consciente que plus je brille, plus ça dérange ceux qui choisissent de ne pas s'ouvrir à eux-mêmes, comme ceux qui brillent me dérangent parfois.

Parce que je suis très consciente que plus je brille, plus ça dérange ceux qui choisissent de ne pas s'ouvrir à eux-mêmes, comme ceux qui brillent me dérangent parfois. Ça nous confronte à ce qui n'est pas accueilli et dissout en nous; ressentir cela n'est pas vraiment agréable, on va se le dire.

J'ai toujours eu l'impression que si je brillais, j'allais faire souffrir les gens autour de moi et ayant pris toute ma vie le lourd poids d'épargner le plus de souffrance possible à quiconque croisait ma route, je me suis coupée de moi-même pour ne pas «faire de mal». J'ai absorbé la souffrance des autres, impactant lourdement mon expérience et sacrifiant la connexion à la personne que je suis.

Je ne savais pas alors que c'est en m'habitant pleinement et en me permettant d'exprimer qui je suis, de briller, que je soutiendrais le plus tout un chacun à accueillir ces contractions dans leur corps, afin de leur permettre de se libérer. Quoique parfois très inconfortable lorsque vécu, n'est-ce pas le plus beau cadeau que l'on puisse offrir à quelqu'un? L'opportunité d'accueillir la liberté?

Je me suis toutefois rendu compte que ce qui se cachait sous la peur de voir les gens souffrir, et pire, la peur de «faire souffrir» était en fait la peur de ne pas être aimée. J'ai ainsi rejeté l'amour le plus précieux qui soit, celui qui vivait en moi depuis toujours. Je me suis coupée de moi-même, rejetée, trahie.

J'accueille donc de plus en plus qui je suis et, par le fait même, je brille sans m'en rendre compte, car connectée à l'essence, il irradie quelque chose de nous qui est non mesurable et tellement grandiose.

Nous avons été forgés à croire que tout était limité et que si quelqu'un prenait une pointe de la tarte, il y en aurait moins pour nous. Nous nous battons donc sans cesse pour la plus grosse part, inutilement. Le fait de briller ne peut rien enlever à qui que ce soit. Au contraire! Quelle merveilleuse opportunité d'offrir à chacun la possibilité de revenir à lui-même.

Nous tentons si fort d'être différents, mais, dans l'unicité, il n'y a aucune différence ni comparaison possible. Nous n'avons pas de «valeur», nous sommes inestimables. Personne ne peut donc être une menace pour nous si nous la regardons avec les yeux du cœur, comme nous ne pouvons être une menace pour personne. Ce n'est qu'avec le mental et l'ego que nous voyons cette différence.

Ça n'est pas évident, je sais. Nous avons souvent peur de perdre un amoureux, une amie, un enfant. Nous connectons souvent profondément avec les animaux et les bébés d'ailleurs, car ils nous offrent l'Amour Pur sans condition, et ils ne sont pas une menace pour nous. Ils sont là, simplement, et ils laissent l'amour circuler librement.

La peur que quelqu'un soit «plus que moi» est encore souvent présente.

En ce qui me concerne, la peur que quelqu'un soit «plus que moi» est encore souvent présente. J'ai été valorisée toute ma vie pour être spéciale, forte, différente. D'accueillir alors que je suis sur le même pied d'égalité que chacun est un défi par moments. Dans la conception du mental, si je ne suis pas spéciale, je ne suis rien, alors d'accueillir que je sois moi simplement, unique et entière, c'est dire adieu à être spéciale.

Quand on complète avec ça, il y a un moment de transition avant de connecter à notre merveilleuse unicité, où nous avons l'impression de n'être rien. Ça me fait penser au décollage d'une navette spatiale. Elle perd tout signal avec la Terre pendant un moment... avant de voir se dévoiler un univers infini rempli d'étoiles, dont la beauté unique est indescriptible. Cette beauté unique vit en chacun de nous.

Je vous invite, en terminant, à prendre un moment pour accueillir toutes les peurs qui vous empêchent d'être qui vous êtes, même si vous n'avez aucune idée de ce que c'est. Laissez remonter ce qui se présentera. Respirez abondamment, laissez circuler l'inconfort et il se dissoudra. Ça peut être désagréable et souffrant momentanément, mais c'est la clé qui ouvre la porte sur cette inestimable et grandiose unicité.

Amour et compassion

À LIRE AUSSI:

» Le besoin de ne rien faire
» Dire «merci» plutôt que «désolée» a changé ma vie
» Essayer de faire entrer un carré dans un cercle

À VOIR AUSSI: