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19/12/2018 14:46 EST | Actualisé 19/12/2018 14:48 EST

Trouver sa mission de vie en se basant sur la joie

Si je ne prends pas le temps d'habiter mon lien aux personnes que je côtoie, quel sens peut véritablement avoir ma vie?

Westend61 via Getty Images

Un entretien avec Adrien Candiard, moine dominicain au couvent du Caire, paru dans la revue Sources à l'automne 2018, a suscité en moi cette réflexion concernant la place de la joie dans nos vies, dans notre relation à autrui.

Adrien Candiard évoque la mission de vie comme étant un mystère à travers lequel se déploie la joie: celle de donner, de se donner.

«Trouver sa vocation, c'est trouver l'activité, la vie dans laquelle on va pouvoir complètement se donner, tout donner. Le critère essentiel pour déterminer si l'on a trouvé sa vocation, c'est la joie, la joie que l'on a à se donner. Une vocation, c'est une sorte d'accomplissement. On a trouvé sa vocation quand on a trouvé cette place où l'on va pouvoir se donner avec joie.»

En tant que coach de carrière, comptable, secrétaire, avocate, agent de bord, médecin... est-ce que je donne dans la joie? Est-ce que je me donne, entièrement et avec la joie comme moteur de relation? Quelle réflexion intéressante!

À plusieurs reprises au cours de ma carrière, j'ai eu le plaisir d'interviewer en entretien d'embauche une variété de personnes. Deux questions coup de cœur leur étaient adressées: «Quelle perception avez-vous de votre rôle?» et «Sur quoi appuyez-vous votre désir d'occuper cet emploi?» Vous vous douterez bien que personne n'a jamais répondu: «Je souhaite donner, me donner avec joie et dans la joie!»

Dans mon travail, là où je suis en relation avec des gens, des clients, des collègues, est-ce que je me donne entièrement avec et dans la joie? Est-ce que je permets à la joie d'habiter mon écoute, ma présence à l'autre? Est-ce que j'accueille l'autre avec en moi un espace où la joie peut se vivre, se communiquer, se partager?

En fait, qu'est-ce que je devrais porter d'autre en moi, sinon la joie d'être en relation avec autrui, accompagner autrui, faire une certaine différence dans sa vie.

Si je ne prends pas le temps d'habiter mon lien aux personnes que je côtoie, quel sens peut véritablement avoir ma vie?

Depuis des années, plusieurs de mes clients sont à la recherche de leur mission de vie. Lorsque je demande quel sens pourrait avoir cette mission, on me répond: «Ce serait de faire la différence dans la vie des gens». Je peux donc déclarer qu'il est vraiment devenu facile aujourd'hui de faire la différence, de se distinguer, de changer la vie des gens.

En effet, quel que soit le métier que j'occupe actuellement, je peux faire de ce métier une véritable mission de vie. Comment? Simplement en réactivant la joie. Cela semble difficile? Alors, en imaginant de quoi la joie pourrait avoir l'air en moi, si je lui donnais accès pour un moment.

Rappelons que nous possédons tout en nous pour créer notre réalité.

Vous aurez compris que je ne parle pas de «faire semblant». La joie, ce n'est pas une feinte ni un sourire en coin. C'est un sentiment profond auquel on donne libre accès... ou pas. Il se peut que la joie soit actuellement étouffée par une tonne de priorités jugées plus importantes. Et c'est peut-être ce qui explique que nous cherchions tant le bonheur à l'extérieur.

En plus de me nourrir et alléger mon quotidien, cette joie me rendra présent à autrui, à l'écoute de l'autre, mon collègue, mon client, mon ami, mon enfant. Et ça, c'est tellement devenu rare, que je ferai assurément toute la différence dans mon environnement, au travail comme dans ma vie.

Enfant, on a la joie facile. Elle nous habite avec innocence et si belle spontanéité. Avec le temps, la joie se tasse, se tanne, s'enfuit. Est-ce que ma joie est repliée sous des piles de préjugés? Est-ce que mon égo, mon besoin d'accomplissement ou de performance aurait complètement saturé l'espace de joie? Si je n'ai pas la joie comme moteur de relation, qu'est-ce qui se trouve à sa place? Vous avez probablement une réponse à cela.

Nous ne faisons que passer sur cette merveilleuse planète bleue. Et ce séjour n'est pas très long. Ainsi, en réactualisant la joie au cœur de mon être, il m'est impossible de faire fausse route. En plus de me nourrir et alléger mon quotidien, cette joie me rendra présent à autrui, à l'écoute de l'autre, mon collègue, mon client, mon ami, mon enfant. Et ça, c'est tellement devenu rare, que je ferai assurément toute la différence dans mon environnement, au travail comme dans ma vie.

Aider. Donner. Se donner. Tout plein de gens vivent des burn-out en faisant cela. Est-ce que la joie ou plutôt son absence pourrait y être pour quelque chose?

Quelle perception ai-je de mon rôle?

Sur quoi s'appuie mon désir d'aider, d'accompagner, d'accomplir ma mission de vie?

La joie est un puits. Le désir d'accomplir sa mission de vie doit veiller à garder ce puits loin de l'assèchement.

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