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26/09/2016 09:00 EDT | Actualisé 26/09/2016 09:00 EDT

La formation de l'identité à l'adolescence

TÊTE À TÊTES - À l'adolescence, le jeune habite un espace particulier, non familier, inconfortable, «mouvant». Dans cet espace «gélatineux», si vous me permettez l'expression, il aura besoin de l'un de ses meilleurs alliés au plan personnel : une confiance en lui.

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Les recherches du psychologue James E. Marcia l'ont conduit à identifier quatre types d'états identitaires qui diffèrent selon la présence ou l'absence de crise et d'engagement; deux éléments importants à la formation de l'identité.

Marcia utilise le mot engagement pour décrire l'investissement personnel dans une activité à caractère professionnel ou dans un système de croyances. Quant au terme crise, il réfère à une période de questionnements et de prises de décisions conscientes que réalisera votre enfant. Le mot «crise» tire son origine du mot grec Krisis qui signifie «décision». En chinois, il est composé de deux idéogrammes dont l'un signifie danger et l'autre opportunité de changement. Toute crise, en fait, représente un moment opportun pour la décision, un temps pour choisir. Ce temps pour choisir correspond à l'étape où le jeune adolescent prendra ses premières grandes décisions; c'est-à-dire celles qui créeront un «avant» et un «après» dans sa vie.

Voici la description des quatre types d'états identitaires :

  1. L'identité en réalisation (la crise mène à l'engagement) : le jeune réalise des engagements qui font suite à une période de questionnement à travers laquelle il a exploré diverses alternatives.
  2. L'identité surdéterminée (l'engagement sans la crise) : le jeune n'a pas consacré de temps à explorer différentes alternatives et s'engage en fonction des projets que d'autres ont déterminés pour lui.
  3. L'identité en moratoire (la crise sans engagement pour le moment) : le jeune réfléchit aux différentes possibilités et semble en voie de s'engager. Il se questionne beaucoup sur son avenir et est préoccupé par la situation. Cette période est souvent caractérisée par une gamme d'émotions allant de l'enthousiasme à l'anxiété.
  4. L'identité diffuse (pas d'engagement, pas de crise): le jeune n'envisage pas sérieusement les différentes possibilités qui s'offrent à lui et préfère éviter de s'engager.

À l'adolescence, le jeune habite un espace particulier, non familier, inconfortable, «mouvant». Dans cet espace «gélatineux», si vous me permettez l'expression, il aura besoin de l'un de ses meilleurs alliés au plan personnel : une confiance en lui. Et c'est avec elle qu'il osera entreprendre, explorer et poser les actions qui le conduiront à choisir et prendre une série de décisions. Des décisions qui, soit dit en passant, il devra assumer... Et c'est là toute la différence, car ce faisant, il devra nécessairement faire l'expérience du «grand vertige», celui de la liberté responsable.

«Faut-il aussi se rappeler qu'il n'existe pas de bonne ou de moins bonne décision. Chacune conduit à vivre des expériences différentes et à faire l'acquisition d'un bagage de vie, lequel n'est pas associé à un diplôme, mais bien à une valeur très estimable au plan de l'identité. »

Comprenez-vous maintenant pourquoi de nombreux jeunes se retrouvent inconsciemment dans l'un ou l'autre des trois derniers états identitaires décrits précédemment? Or, dès qu'ils apprennent à prendre des décisions, à entreprendre, à explorer, ils gagnent en confiance et c'est ainsi qu'ils voient décroître leur anxiété. Faut-il aussi se rappeler qu'il n'existe pas de bonne ou de moins bonne décision. Chacune conduit à vivre des expériences différentes et à faire l'acquisition d'un bagage de vie, lequel n'est pas associé à un diplôme, mais bien à une valeur très estimable au plan de l'identité.

À compétences égales, dans la vie, comme lors d'une entrevue pour un emploi, ce sera l'attitude qui fera toute la différence entre une personne et une autre. Par exemple, un jeune qui croit fermement en son projet professionnel saura convaincre ses parents, ses enseignants ou qui que ce soit, de l'appuyer. Son attitude proactive sera communicative et l'aidera d'ailleurs à traverser les obstacles sur la route. L'attitude est en lien avec l'expérience de vie et ce qu'on fait de cette expérience. Plus on s'engage, plus on réalise des apprentissages et plus on est en mesure de s'adapter à différentes situations. L'école nous prépare largement à l'acquisition d'apprentissages associés aux domaines du savoir et du savoir-faire. Ce que nous faisons de nos acquis est en grande partie déterminé par le savoir-être. Or, c'est à la maison, dans l'environnement immédiat de chaque individu, que s'apprend le savoir-être, soit l'attitude avec laquelle on développe sa perception du monde et sa façon bien personnelle de répondre à la vision qu'on s'en fait.

Ce billet de blogue est tiré et adapté du livre Le défi d'orientation : guide du parent zen.

Vous êtes en situation de crise? Ou vous connaissez quelqu'un qui a besoin d'aide? Plusieurs centres d'écoute sont à votre disposition au Québec, 24h/24, 7 jours sur 7. Vous pouvez aussi joindre Jeunesse, J'écoute au 1-800-668-6868.

Tête à têtes est une nouvelle série de blogues lancée conjointement par le Huffington Post Québec et le Huffington Post Canada. Inspirée par le projet Maddie, cette série met l'accent sur les adolescents et la santé mentale. Elle a pour but de sensibiliser et de susciter des conversations en s'adressant directement aux adolescents qui traversent un moment difficile ainsi qu'à leurs familles, aux enseignants et aux dirigeants communautaires. Nous voulons nous assurer que les adolescents qui sont aux prises avec une maladie mentale reçoivent l'aide, le soutien et la compassion dont ils ont besoin. Si vous souhaitez contribuer à cette série, envoyez-nous un courriel à cette adresse : nouvelles@huffingtonpost.com.

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