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La douleur lors des relations sexuelles : un défi à surmonter en couple

Les problèmes de douleur durant les relations sexuelles affecteraient de 8 à 20 % des femmes, les plus touchées étant celles de moins de 30 ans.
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Les problèmes de douleur durant les relations sexuelles affecteraient de 8 à 20 % des femmes, les plus touchées étant celles de moins de 30 ans. La forme la plus fréquente de ces douleurs est la vestibulodynie provoquée (VP). La VP est caractérisée par une sensation de brûlure ou de déchirure à l'entrée du vagin lorsqu'une pression y est exercée, principalement lors des tentatives de pénétration vaginale.

La douleur pendant les relations sexuelles entraînent des répercussions négatives dans plusieurs sphères de la vie des femmes qui en sont atteintes. Puisque la douleur survient dans le contexte particulièrement intime des relations sexuelles, elle engendre des conséquences négatives chez le partenaire et pour le couple. À long terme, il en résulte souvent des conflits dans la relation de couple, de l'insatisfaction sexuelle, un sentiment de pression pour avoir des relations sexuelles de même qu'une peur de perdre son partenaire chez la femme. Les partenaires vivent aussi souvent un sentiment d'impuissance. Ainsi, afin de bien comprendre cette problématique, il importe non seulement de tenir compte de l'expérience de la femme, mais aussi de celle du partenaire et de la relation de couple.

Jusqu'à présent, plusieurs études révèlent que la manière dont le partenaire réagit à la douleur a une influence sur l'intensité et le maintien de celle-ci. Néanmoins, il est important de comprendre que les réactions du partenaire ne causent pas la douleur, bien qu'elles puissent contribuer à son maintien ou son exacerbation. Le fait de réagir à la douleur en tentant de trouver des moyens de s'y adapter permettrait à la fois une diminution de l'intensité de la douleur et une augmentation de la satisfaction sexuelle. Par exemple, le partenaire pourrait suggérer de mettre l'accent sur d'autres activités sexuelles que la pénétration. Le fait de démontrer uniquement de la sympathie n'aurait pas les mêmes bénéfices, puisqu'une telle réponse ne favoriserait pas nécessairement l'adaptation à la douleur et pourrait même engendrer l'évitement des rapports sexuels. En outre, le fait de réagir négativement, par exemple en démontrant de la colère, aurait des conséquences négatives sur la douleur et la sexualité, et ce pour les deux membres du couple.

Bien qu'il n'y ait pas de recette infaillible pour faire face à cette problématique, les études auprès de couples dont la femme souffre de douleur durant les relations sexuelles nous informent sur les façons de composer avec la douleur afin d'en diminuer le plus possible les effets délétères.

Afin de s'adapter à la douleur, les couples ont le défi de trouver leur propre manière d'avoir une sexualité riche et épanouissante, malgré le fait que la pénétration soit douloureuse. Pour ce faire, mettre l'emphase sur les multiples autres aspects de la sexualité peut être très aidant pour les couples. Plus précisément, cela pourrait être de mettre l'accent sur le plaisir de se sentir proche de l'autre sexuellement malgré la douleur ou, de pratiquer d'autres activités sexuelles que la pénétration (stimulation orale ou manuelle, massage, caresse etc.). Surtout, il est fortement recommandé d'éviter l'élimination de toute vie sexuelle dans la relation de couple, ce qui pourrait amplifier les conséquences négatives de la douleur.

Par ailleurs, la communication serait particulièrement importante pour composer avec la douleur. Le fait de discuter ouvertement de la problématique et des répercussions sur chacun peut aider le couple à trouver sa façon de s'adapter à la douleur et diminuer les répercussions négatives qu'elle peut avoir sur chacun, par exemple le sentiment d'impuissance souvent vécu par le partenaire. Il est donc primordial que ce sujet ne soit pas évité. Une étude auprès de couples dont la femme souffre de VP révèle que plus les partenaires sont à l'aise avec la manière dont ils expriment leurs émotions au sein du couple, plus grand serait leur bien-être psychologique, sexuel et relationnel. De plus, d'autres études démontrent qu'une bonne intimité au sein de ces couples - c'est-à-dire lorsque les partenaires se dévoilent mutuellement leurs émotions et pensées intimes et se sentent en retour entendus et compris - favoriserait un meilleur fonctionnement sexuel et une plus grande satisfaction sexuelle. Pour composer avec la douleur, il serait donc bénéfique de se dévoiler et d'être empathique envers son partenaire, en se mettant à sa place afin qu'il/elle se sente compris(e) dans ce qu'il/elle vit.

Il est souhaitable que les couples trouvent l'aide appropriée en cas de douleur génitale, afin de ne pas rester seuls avec cette difficulté et les conséquences négatives qui en découlent. De plus, étant donné le rôle important du partenaire, il peut être très pertinent de l'inclure dans le traitement.

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