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21/03/2018 01:00 EDT | Actualisé 21/03/2018 01:00 EDT

8 choses que celles qui choisissent d'être mère au foyer doivent savoir

Je me suis dit que j’allais expliquer à une amie qui souhaite devenir maman au foyer à quoi s’attendre en plusieurs points.

8 choses que celles qui choisissent d'être mère au foyer doivent savoir.
vadimguzhva via Getty Images
8 choses que celles qui choisissent d'être mère au foyer doivent savoir.

Cela fait un moment que je voulais écrire un article sur le statut de maman au foyer, sans vraiment trouver l'angle que je voulais y donner. Je ne veux pas tomber dans la caricature de ce statut tantôt mis sur un piédestal, et tantôt jeté dans la boue. Alors je me suis dit que j'allais expliquer à une amie qui souhaite devenir maman au foyer à quoi s'attendre en plusieurs points.

  • Dorénavant la charge mentale, c'est ton travail à temps plein. On a beaucoup entendu parler de la charge mentale ces derniers temps, et j'y ai longuement réfléchi. Est-ce que moi aussi je la subis? Oui, mais j'ai le temps de m'y consacrer, ce qui n'est pas le cas d'une femme/maman qui travaille. Je considère ma journée comme une journée de travail, sauf que je n'ai pas de chef et que j'organise mon temps comme je peux/veux (et que je ne suis pas payée bien sûr ahah). C'est un travail difficile, épuisant, mais surtout c'est du non-stop. Il n'y a pas de journée off, pas de déjeuner sans enfants, pas de moments de calme. Et puis, il y a cette fâcheuse tendance à voir la femme au foyer comme une superwoman capable d'absolument tout gérer (les journées enfants malades, c'est QUE pour toi, oh joie!), où alors c'est nous qui n'arrivons pas à demander de l'aide par égo, certainement un peu des deux.
  • Il y a aussi un nouvel équilibre à trouver avec le conjoint. On ne soupçonne pas l'impact que ce statut peut avoir sur le couple. Notre cas est un peu particulier puisque mon mari ne rentre que le week-end, mais j'imagine bien lorsque le marathon du 18/20h se termine et que l'homme providentiel rentre du travail, c'est un soulagement mais cela peut entrainer parfois aussi un peu de crispation. Et certes, la charge mentale est notre travail, mais il ne faut tout de même pas que le conjoint se désinvestisse complètement du foyer, parce que même une femme au foyer ne peut pas tout gérer. Il faut le temps de trouver un équilibre: marcher sur des oeufs (ou sur un fil suspendu au dessus du vide ahah) pendant un petit (tout petit, promis!) temps.
  • En parlant de conjoint, je te vois venir avec la question fatidique que je déteste viscéralement (mon côté très frenchie qui n'aime pas parler d'argent sans doute!): mais ça ne te dérange pas d'être dépendante de ton mari? Je vois les choses autrement en fait. Nous sommes plutôt dépendant l'un de l'autre. Si je travaillais, il n'aurait pas la même qualité de vie où il peut se consacrer au maximum aux enfants quand il est là; il n'a jamais besoin de prendre de jour enfants malades. Encore une fois, mon mari étant absent la semaine, je me dois d'être disponible à 100% pour ne pas qu'il souffre trop de son absence... Et puis honnêtement, je me vois mal aller travailler pour laisser une grosse proportion de mon salaire en frais de garde simplement pour jouer à l'indépendant woman (désolée Beyoncé!).
  • Si avant tu cherchais frénétiquement le dernier joli tailleur chez ZARA qui irait super bien avec tes escarpins Sezane, maintenant tu te concentres sur le joli et le confortable. Mon dernier emploi était dans un cabinet de recrutement où le combo tailleur/talons était fortement recommandé. Ma démission a donc clairement entrainé un changement dans mon dressing! Alors non, on ne tombe pas dans les travers du pyjama pour amener les enfants à l'école ou le jogging H24, mais être en « casual friday » tous les jours c'est quand même assez chouette! Et rien n'empêche de se mettre sur son 31 pour les sorties.
  • La pire ennemi de la femme au foyer, c'est Bree Van de Kamp. Cela peut sembler très bête, mais généralement lorsqu'une MAF est représentée, elle place la barre tellement haute, un standard impossible à atteindre. Non, on ne peut pas manger par terre tellement ma maison est propre, je suis à jour dans le linge à peu près 2min30, et mes enfants sont aussi sages que les autres, c'est-à-dire un jour sur deux environ ;-). Au début, j'avoue que j'essayais de tout faire parfaitement, et puis j'ai lâché l'affaire. J'ai trois enfants de moins de 4 ans, et il m'est impossible de tout mener de front, parce que je suis maman au foyer avant tout pour eux, et pas pour mon intérieur.
  • Être à la maison à temps plein n'empêche pas la culpabilité. Quand on travaille, on culpabilise du temps que l'on ne passe pas avec les enfants. Lorsqu'on ne travaille pas, on culpabilise de peut-être passer trop de temps avec eux. Est-ce qu'ils seront assez sociables? Est-ce que je montre le bon exemple en étant à la maison, leur donner la valeur du travail? Est-ce que je suis assez patiente, assez bienveillante? Est-ce que je suis/fais assez pour eux?
  • Pour ce qui est de la vie sociale, évidemment il y en a moins. Mais pour moi, ce n'est que du positif. Il y en a peut-être moins mais tu n'as pas à supporter ton collègue insupportable ou ton boss et ses blagues limites. C'est vraiment la qualité maintenant, plutôt que la quantité. Je vois mes amies pour un café dans la semaine en fonction de leurs boulots et cela me convient parfaitement.
  • Le bonheur à l'état pur: être maman au foyer, c'est aussi beaucoup mais alors beaucoup de bonheur. Maël a 3 mois depuis quelques jours et il serait donc temps, si je travaillais, de le mettre en garde pour ma reprise. J'ai le luxe d'avoir le choix, et sincèrement je trouve que la reprise aux trois mois du bébé, c'est un peu comme courir un marathon et s'arrêter juste avant la ligne d'arrivée: les 100 premiers jours de vie sont, on le sait, synonymes de coliques, de nuits hachées, et des premiers sourires ;-). Mais c'est après que vraiment l'échange devient passionnant: les vrais éveils, les débuts de la motricité et l'apparition du caractère. J'ai la chance infinie de ne rien rater. Et vraiment, ça vaut absolument tous les mauvais côtés.

Je ne sais pas en me relisant si mon article donne envie ou pas du tout. Je suis persuadée que l'on peut être complètement épanouie en tant que MAF, à condition de s'organiser et de construire un réseau d'entraide solide afin de pouvoir souffler de temps en temps. C'est certainement là-dessus que ça pêche un peu chez moi. Je vais y travailler pour savourer ce statut qui, je le sais, est privilégié. Je compte tout de même reprendre une activité professionnelle à plus ou moins long terme (quand tous mes enfants seront à l'école), et j'espère pouvoir le faire à mes conditions (ahah je rêve je sais!).

Un dernier conseil, mon amie, surtout ne lis pas les articles ou commentaires sur les mères au foyer rédigés par les mamans qui travaillent, cela te gâche généralement ta journée (vivement que ce débat soit derrière nous n'empêche!)...

Lis plutôt des articles merveilleusement bien écrit sur le rôle de MAF, comme celui-ci.

Voilà, j'aurais encore plein de choses à raconter mais je vais m'arrêter là, sinon ça deviendrai un mémoire ahah. Merci si tu as lu jusqu'à la fin ;-)!

Ce billet est également publié dans son intégralité sur le blog Marie et sa Tribu.

Marie et sa Tribu

(Le nom de l'auteur a été modifié à sa demande)

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