LES BLOGUES
12/09/2018 11:18 EDT | Actualisé il y a 20 heures

Première au Québec: 47% de candidatures féminines pour l'élection

La résistance à l’égalité des femmes est souvent inconsciente et bien ancrée dans nos habitudes politiques.

Une loi sur la parité enverrait un signal clair que la société québécoise veut un Parlement paritaire et que les moyens doivent être pris pour y parvenir.
THE CANADIAN PRESS
Une loi sur la parité enverrait un signal clair que la société québécoise veut un Parlement paritaire et que les moyens doivent être pris pour y parvenir.

Comme anciennes parlementaires de l'Assemblée nationale, nous nous réjouissons que, pour la première fois dans l'histoire démocratique du Québec, les candidatures féminines pour l'élection de notre Parlement se situent à environ 47%, donc largement au-delà de la zone paritaire débutant à 40%. Tous les partis ont dépassé ce seuil minimal et deux d'entre eux ont même atteint 52%.

La résistance à l'égalité des femmes est souvent inconsciente et bien ancrée dans nos habitudes politiques.

Comme militantes, candidates et anciennes députées, nous savons que d'arriver à ce nombre de candidatures féminines n'est pas une mince tâche pour les chefs et les partis politiques. La résistance à l'égalité des femmes est souvent inconsciente et bien ancrée dans nos habitudes politiques.

C'est pourquoi nous nous réjouissons d'autant plus de ce pourcentage élevé de candidatures féminines. Le vrai test toutefois sera celui des résultats électoraux que nous analyserons avec soin.

L'égalité entre les femmes et les hommes est un principe affirmé en droit québécois et en droit canadien. Toutefois, pour que l'égalité des femmes se concrétise nous avons eu besoin de lois d'application comme par exemple la loi sur l'équité salariale, ou la loi sur l'égalité économique des époux.

Pour bien marquer la volonté des dirigeantes et dirigeants des partis politiques, nous réitérons notre demande, formulée en décembre 2017 dans un mémoire à la Commission des relations avec les citoyens, voulant que l'Assemblée nationale adopte une loi créant deux obligations:

· La première exigerait que chaque parti politique présente au moins 40% de femmes lors d'une élection, se situant ainsi dans la «zone paritaire», fixée entre 40% et 60% de candidatures féminines;

· La deuxième prévoirait une bonification par le Directeur général des élections, du financement des partis politiques qui ont atteint l'objectif de 40% de femmes élues à l'Assemblée nationale.

Pourquoi faut-il une telle loi?

Mais pourquoi une loi si les partis ont été capables de présenter en 2018 un minimum de 40% de femmes candidates?

Parce que le droit des femmes d'être représentées à parts égales à l'Assemblée nationale du Québec doit être inscrit dans une norme juridique. À notre avis, l'État a l'obligation d'assurer la pérennité de ce droit, au-delà des modes et contextes politiques.

Cette obligation découle de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et des engagements de l'État québécois, lorsqu'il a intégré les principes de la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination faites aux femmes (CEDEF).

Une loi créerait une obligation, elle indiquerait la voie à suivre, au-delà des efforts de personnes ou de groupes gagnés à la cause.

Par ailleurs, une loi sur la parité créerait une obligation, elle indiquerait la voie à suivre collectivement, au-delà des efforts de personnes ou de groupes gagnés à la cause. Elle enverrait un signal clair que la société québécoise veut un Parlement paritaire et que les moyens doivent être pris pour y parvenir. Un tel signal serait mobilisateur pour les femmes et les conforterait dans l'idée qu'un Parlement, c'est aussi leur place à elles.

Signataires de la déclaration: Christiane Pelchat, Hélène Daneault, Louise Harel et Carole Théberge pour le Comité des femmes de l'Amicale des anciens parlementaires du Québec.

À LIRE AUSSI:

» Une femme d'exception
» Changements climatiques: nous sommes prêts à l'effort
» Immigration et langue: les propositions incohérentes et irréalistes de la CAQ

À VOIR AUSSI: