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19/10/2018 10:54 EDT | Actualisé 19/10/2018 10:58 EDT

La parité une fois pour toutes

Pourquoi une loi si le progrès est arrivé de lui-même? Parce que les avancées en matière d’égalité des femmes dans une société comme la nôtre ne sont pas à l’abri des reculs.

Regardons les choses en face. Nous avons atteint le palier inférieur de la zone paritaire. Le prochain 10% sera tout un défi! Il y a fort à parier que chaque pourcentage additionnel sera gagné de haute lutte.
THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Regardons les choses en face. Nous avons atteint le palier inférieur de la zone paritaire. Le prochain 10% sera tout un défi! Il y a fort à parier que chaque pourcentage additionnel sera gagné de haute lutte.

Un résultat de 42,4% de femmes élues à l'Assemblée nationale du Québec le 1er octobre dernier, c'est sans conteste une victoire. Un Conseil des ministres paritaire comme vient de l'annoncer le premier ministre c'est un motif de réjouissance. Il faut le reconnaître et le célébrer. Mais ne nous y trompons pas. Cela ne s'est pas fait tout seul.

La société québécoise était mûre pour ce changement et les nombreux partenaires de la parité l'ont rendue possible. À force de mobilisation, de prise de parole, de pression, de revendications, de détermination. L'année qui a précédé l'élection a été particulièrement riche en actions de toute nature qui ont préparé le terrain pour une avancée aussi concluante.

Il fallait s'y attendre. Des voix s'élèvent déjà pour saluer le progrès et, du même souffle, clamer que des mesures contraignantes ne sont pas nécessaires. Pourquoi contraindre quand on a obtenu un si bon résultat naturellement?

Pourquoi une loi si le progrès est arrivé de lui-même? Parce que nous ne sommes pas en terrain solide. Les avancées en matière d'égalité des femmes dans une société comme la nôtre ne sont pas à l'abri des reculs.

La partie n'est pas gagnée à tout jamais. Sans l'adoption d'une loi sur la parité, on risque de laisser le champ libre au bon vieux principe de la discrimination systémique. Sans bruit, avec des allures de normalité, ce type de discrimination s'installe dans les mœurs, les processus, les esprits. Elle conduit au renouvellement des tendances habituelles, aux règles du jeu qui favorisent la reproduction des modèles classiques.

Comme le pouvoir fut exercé par les hommes depuis des millénaires, c'est de ce côté-là que sont les acquis. Pas du côté des femmes. La récente percée n'est pas un changement de modèle en profondeur. Cela nous dit que c'est possible – et c'est déjà magnifique – mais pas que c'est acquis.

Nous avons atteint le palier inférieur de la zone paritaire. Le prochain 10% sera tout un défi! Il y a fort à parier que chaque pourcentage additionnel sera gagné de haute lutte.

Regardons les choses en face. Nous avons atteint le palier inférieur de la zone paritaire. Le prochain 10% sera tout un défi! Il y a fort à parier que chaque pourcentage additionnel sera gagné de haute lutte. C'est pourquoi nous continuerons de demander l'adoption d'une mesure législative pour pérenniser la parité à l'Assemblée nationale.

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Car, qu'est-ce qu'une loi, sinon la mise en forme d'une conception du bien commun? L'ensemble des règles qui nous gouvernent définissent le bien et le mal, consignent le permis et l'interdit, tracent les contours de notre idéal de société. Elles sont un puissant signal de ce que nous désirons être collectivement, elles sont l'expression de la volonté d'un peuple.

En ce sens, une loi sur la parité ajouterait au progrès du moment la détermination d'ancrer une fois pour toutes la présence des femmes au Parlement dans notre histoire politique. Pour celles qui sont déjà là, ce serait une reconnaissance majeure. Pour celles qui hésitent encore, cela indiquerait qu'on les souhaite et les attend. Pour l'ensemble de la société, on inscrirait la parité à l'encre indélébile, signifiant le désir d'être gouverné à parts égales par les hommes et les femmes qui la composent.

Pour le comité des femmes de l'Amicale des anciens parlementaires
Marie Malavoy, Hélène Daneault, Louise Harel, Christiane Pelchat et Carole Théberge

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