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26/05/2018 08:00 EDT | Actualisé 26/05/2018 08:00 EDT

Libérer le pouvoir d’une génération

C’est la première fois dans l’histoire du G7 que des jeunes prendront place aux côtés des ministres du G7 pour leur parler des défis auxquels ils sont confrontés, de leurs préoccupations et de leurs espoirs pour l’avenir.

Sarah Butler / EyeEm via Getty Images

Hannah Peltier est une Anishinaabekwe de 20 ans de la réserve indienne de Wikwemikong, sur l'île Manitoulin. Elle se passionne pour les jeunes et les droits des LGBTQ2.

Hannah veut être archéologue pour aider à réhabiliter l'histoire de son peuple. Elle est aussi l'une des six jeunes femmes leaders représentant l'Amérique du Nord, l'Afrique, le Moyen-Orient et les Caraïbes qui participeront à la réunion des ministres du Développement du G7 à Whistler la semaine prochaine.

C'est la première fois dans l'histoire du G7 que des jeunes prendront place aux côtés des ministres du G7 pour leur parler des défis auxquels ils sont confrontés, de leurs préoccupations et de leurs espoirs pour l'avenir. Comme le dit Hannah : « Ce qui est difficile, c'est que les adultes ne nous considèrent pas comme des égaux. Ils ne nous prennent pas au sérieux. Les gens se comportent différemment envers les jeunes, et notre voix n'est pas toujours entendue. »

Nous voulons consulter les personnes les plus touchées par les mesures que nous prenons et les faire participer directement à la prise de décisions.

Le Canada est en train de changer cela. Nous voulons consulter les personnes les plus touchées par les mesures que nous prenons et les faire participer directement à la prise de décisions. C'est pourquoi nous profitons du fait que le Canada assume la présidence du G7 pour placer les adolescentes à l'avant-plan de la réunion des ministres du Développement du G7 de cette année – afin qu'elles soient non seulement des bénéficiaires directes, mais aussi des participantes actives. Les adolescentes regorgent de potentiel et d'idées et nous devons les écouter.

Cette décision est l'une des façons dont nous concrétisons la Politique d'aide internationale féministe de notre gouvernement. Nous estimons que l'élimination des inégalités entre les genres et le renforcement du pouvoir des femmes sont les moyens les plus efficaces d'éradiquer la pauvreté et de bâtir un monde plus pacifique et plus prospère. Ces mesures contribuent à l'engagement du Canada vers l'atteinte des 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies d'ici 2030, notamment le cinquième objectif sur l'égalité entre les sexes.

L'histoire de l'humanité n'a jamais compté autant de jeunes. À l'heure actuelle, il y a environ 1,8 milliard de jeunes âgés de 10 à 24 ans, dont un grand nombre vit dans les régions les plus instables du monde. Pourtant, ce groupe est largement laissé pour compte. Trop de jeunes sont marginalisés, privés d'une éducation complète, de bons emplois ou de possibilités cruciales de formation. De plus, un fardeau disproportionné pèse sur les adolescentes.

Les études démontrent que les adolescentes sont parmi les personnes les plus exclues et les plus invisibles de la planète. Elles sont confrontées à la discrimination à de multiples niveaux – âge, sexe, religion, ethnicité et sexualité. Ces obstacles sont intrinsèquement enracinés dans des normes sociales néfastes qui continuent de porter atteinte aux droits des filles.

Les filles vivant dans des pays touchés par des conflits, comme le Mali et la Syrie, sont deux fois et demie plus susceptibles que les garçons de ne pas fréquenter l'école.

Cette dure réalité est aggravée lors de crises humanitaires. Les filles vivant dans des pays touchés par des conflits, comme le Mali et la Syrie, sont deux fois et demie plus susceptibles que les garçons de ne pas fréquenter l'école. Les conséquences sont dévastatrices : risque accru d'être victime de la traite de personnes, d'un mariage précoce ou forcé, de vivre une grossesse précoce et d'être victimes de violence sexuelle ou fondée sur le genre.

Ces enjeux seront les principaux sujets de conversation que mes homologues du G7 et moi-même aborderons la semaine prochaine avec les jeunes participantes à la réunion. Comment pouvons-nous améliorer la situation et la position sociale des femmes et des filles à l'échelle mondiale? Comment pouvons-nous veiller à ce que leur voix et leur capacité d'agir soient respectées? Comment pouvons-nous travailler avec les hommes et les garçons pour aider à changer les attitudes et les comportements et faire d'eux des partenaires et des agents de changement? Comment pouvons-nous rendre l'aide humanitaire davantage sexospécifique afin qu'elle réponde aux besoins particuliers des femmes et des filles, notamment en améliorant leur accès à l'éducation, en assurant leur santé et leurs droits sexuels et génésiques, ainsi qu'en veillant à ce qu'elles participent aux interventions humanitaires? De façon plus générale, comment pouvons-nous être plus innovateurs pour obtenir un effet maximal?

Nous devons écouter attentivement les filles et nous devons travailler ensemble. La vie d'une fille ne peut pas être compartimentée. Pour renforcer le pouvoir des femmes, nous devons nous concentrer sur l'ensemble du cycle de vie des filles, de leur naissance jusqu'à l'âge adulte en passant par l'adolescence. Les adolescentes ne peuvent pas fréquenter l'école de façon sécuritaire mais être ensuite confrontées à la violence ou à la maltraitance tandis qu'elles rentrent à la maison. Elles ne peuvent pas non plus être obligées de se marier à treize ans et de vivre une grossesse à un si jeune âge.

En travaillant avec Hannah et les autres jeunes femmes leaders, les ministres du G7 et moi-même avons une occasion exceptionnelle de faire une différence considérable pour cette population exclue. Nous espérons que cette réunion marquera le début d'une conversation continue avec les adolescentes – une conversation qui a le potentiel d'accroître les investissements, d'améliorer la situation des adolescentes et de faire en sorte que les pays et des régions entières deviennent prospères au lieu de perpétuer les cycles de pauvreté et de conflits pour des décennies à venir.

L'un des plus importants objectifs d'Hannah dans la vie est d'inspirer les jeunes de sa communauté et de leur montrer que le changement est possible. Hannah et les cinq autres porte-paroles des adolescentes sont les visages de la réunion des ministres du Développement du G7 de cette année.

Cette réunion n'est pas la nôtre, mais la leur. Ces jeunes femmes viennent de milieux différents, mais elles sont toutes des leaders dans leurs communautés respectives. En tirant profit de ce potentiel et en libérant le pouvoir des adolescentes partout dans le monde, nous pouvons libérer la puissance de toute une génération et bâtir un monde meilleur pour tous.