LES BLOGUES
11/04/2017 04:41 EDT | Actualisé 11/04/2017 04:41 EDT

Améliorer la nutrition chez les filles accroît leurs forces et leur potentiel

Bien qu'elles choisissent, préparent et cuisinent les aliments, l'inégalité entre les sexes et les normes culturelles font en sorte que souvent, elles mangent le peu qui reste après que les autres se sont servis.

Une bonne nutrition est essentielle, non seulement pour rester en bonne santé, mais pour avoir suffisamment de forces pour exploiter son plein potentiel. C'est une leçon que m'a apprise Alima Mbaye, 18 ans, qui vit à Thiès au Sénégal.

Je l'ai rencontrée avec ses amies d'école alors que je visitais le village éloigné de Notto Diobass. À première vue, Alima et ses amies avaient l'air d'étudiantes types du secondaire. Cependant, en leur parlant, une chose m'a frappée: même si elles étaient à l'âge où les filles canadiennes terminent habituellement leurs études secondaires, beaucoup de ces filles étaient encore loin d'obtenir leur diplôme, et d'autres ne l'obtiendraient probablement jamais. Contrairement aux garçons de leur âge, elles étaient laissées pour compte.

Alima et ses amies étaient à un moment de leur vie où leurs perspectives d'avenir et leur potentiel auraient dû être sans limites. Au lieu de cela, la malnutrition - dans le cas présent, l'anémie - freinait leur progression. Trois adolescentes sur dix dans le monde sont anémiques. Dans cette région du Sénégal que j'ai visitée, c'est le double.

L'anémie est une maladie qui provoque une anomalie des globules rouges, que ce soit en nombre ou en taille, en raison d'une carence en fer dans l'organisme. Si vous en souffrez, la capacité de votre corps à transporter de l'oxygène est limitée. Bien que les symptômes ne soient pas toujours visibles, quand une fille souffre d'anémie, sa qualité de vie peut en être gravement affectée. Elle peut être fatiguée ou léthargique. Elle est plus susceptible de contracter des maladies. Elle peut avoir des difficultés à l'école ou être moins productive.

Par ailleurs, les filles peu instruites sont plus susceptibles de se marier et d'avoir des enfants tôt. Pendant sa grossesse ou à l'accouchement, une fille souffrant d'anémie risque de graves complications, voire la mort. À la naissance, son bébé risque d'être petit ou prématuré - un facteur le prédisposant à des problèmes de santé, des handicaps et des maladies plus tard dans sa vie.

Lorsque des mères souffrant de malnutrition accouchent de bébés trop petits, le cercle vicieux de la malnutrition peut se perpétuer, affecter les enfants et nuire à leur capacité de se développer et de contribuer plus tard à l'économie.

La malnutrition, comme la pauvreté, est sexiste.

La malnutrition, comme la pauvreté, est sexiste. Dans beaucoup trop de régions, les femmes et les filles mangent en dernier et moins que les autres. Bien qu'elles choisissent, préparent et cuisinent les aliments, l'inégalité entre les sexes et les normes culturelles font en sorte que souvent, elles mangent le peu qui reste après que les autres se sont servis.

La nutrition fait toute la différence. La différence entre donner la vie à un enfant et y laisser sa vie; et, pour Alima et ses amies, la différence entre aller à l'école et apprendre.

Heureusement, bien que les cas d'anémie soient complexes, les solutions disponibles sont simples, et nous pouvons agir.

J'étais au Sénégal avec des représentants de Nutrition International (qu'on appelait auparavant l'Initiative pour les micronutriments) pour lancer l'Initiative pour un bon départ. Ce programme financé par le Canada permettra d'offrir à 1,2 million de filles sénégalaises des solutions peu coûteuses et essentielles, comme des suppléments de fer et d'acide folique, des aliments enrichis en fer, de l'éducation nutritionnelle et des services de soutien. L'Initiative pour un bon départ fait partie d'une initiative internationale visant à améliorer la nutrition de 100 millions de femmes et de filles d'ici 2020.

L'amélioration de la nutrition des femmes et des filles est déterminante pour leur renforcement socio-économique, mais elle profite également à l'ensemble d'une collectivité. C'est pourquoi le Canada est fier de s'associer à Nutrition International pour aider Alima et des millions de filles comme elle dans le monde à réaliser leur plein potentiel et à devenir de puissantes agentes de changement.

LIRE AUSSI:

» Réduire les inégalités: ce ne sont pas que des mots

» Quels ministres fédéraux ont déjà fumé du «pot»?

» Les femmes autochtones ne seront plus laissées seules pour accoucher

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST