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17/10/2018 16:23 EDT | Actualisé 17/10/2018 16:35 EDT

«Conversations avec mon pénis»: une heure drôle et charmante au théâtre

Le langage est cru et réaliste, mais jamais vulgaire avec des jeux de mots, des blagues de pénis et un humour bien masculin qui rejoint cependant le public féminin.

Tom (Marc-André Thibault) s'entretient avec son pénis, ici incarné par la délicieuse Mary-Lee Picknell dans un costume aussi absurde qu'évocateur.
Andrée-Anne Brunet
Tom (Marc-André Thibault) s'entretient avec son pénis, ici incarné par la délicieuse Mary-Lee Picknell dans un costume aussi absurde qu'évocateur.

C'est la première fois que j'allais à un 5 à 7 de La Licorne, une parfaite et courte expérience théâtrale: la représentation débute à 17h30 et le billet inclut une bière et un pogo. Si j'y suis allée, c'est en grande partie à cause de Marc-André Thibault, excellent comédien, traducteur et metteur en scène de pièces de Martin McDonagh (L'ouest solitaire, Les ossements de Connemara). Conversations avec mon pénis avait d'abord été présentée au Zoofest en 2016. La pièce de l'auteur néo-zélandais Dean Hewison a été traduite et adaptée par Marc-André Thibault et mise en scène par David Strasbourg.

Étant femme, je serais bien en peine d'expliquer la relation exclusive et parfois tordue qu'entretiennent les hommes avec leur pénis, cet appendice qui leur pend entre les deux jambes et qui occupe une importance, disons-le, parfois démesurée dans la vie des êtres de sexe masculin. C'est un outil de procréation, bien sûr, mais aussi de plaisir et de domination, ces deux dernières fonctions prenant souvent le pas sur la première.

Tom (Marc-André Thibault) s'entretient avec son pénis, ici incarné par la délicieuse Mary-Lee Picknell dans un costume aussi absurde qu'évocateur. De l'adolescence où Tom juge son engin trop petit jusqu'à l'aube de la vieillesse où il fonctionne pas mal moins, Tom et son pénis discutent, s'insurgent, s'interrogent et se remettent en question dans des dialogues amusants qui ne sont pas exempts de réflexion.

Le langage est cru et réaliste, mais jamais vulgaire avec des jeux de mots, des blagues de pénis et un humour bien masculin qui rejoint cependant le public féminin.

Dans la salle de répétition de La Licorne, où a lieu la représentation, l'atmosphère est conviviale et chaleureuse, la proximité avec les comédiens et la scène meublée d'une table et de deux chaises y étant pour beaucoup.

Le pénis se mêle de tout et a des opinions

Alors qu'il est saoul, Tom, alors fiancé et âgé de 35 ans, connaît une courte et intense séance de sexe dans les toilettes d'un bar et se retrouve avec une maladie transmise sexuellement. Oh boy! Le dire à sa fiancée ou pas? Et alors que Tom et le pénis se blâment mutuellement, ce dernier souligne que c'est le cerveau de Tom qui se doit s'être le compas moral dans de semblables situations. Et vlan! Pour tous ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur queue...

Une finale hilarante et surprenante couronne cette représentation où les deux comédiens nous ont charmés tout au long de ce récit couvrant les différents âges de la vie, un récit qui sonne vrai et qui n'est pas dépourvu d'insolence ou de profondeur.

Je dois avouer que ce pénis est certainement le plus charmant que j'ai jamais rencontré. Grâce à lui, nous abordons tous les aspects de la sexualité et de la santé d'un homme.

Je dois avouer que ce pénis est certainement le plus charmant que j'ai jamais rencontré. Grâce à lui, nous abordons tous les aspects de la sexualité et de la santé d'un homme, nous vivons toutes les émotions qui font de cette partie du corps le dispensateur de tant de joies, mais aussi de tant de craintes et de peurs.

Je ne crois pas qu'une femme puisse comprendre cette relation plus qu'intime qui unit un homme à son pénis, mais c'est une histoire qui mérite bien, je crois, d'être racontée.


Conversations avec mon pénis: Une production Théâtre Bistouri, aux 5 à 7 de La Licorne jusqu'au 26 octobre 2018.

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