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30/06/2015 08:35 EDT | Actualisé 30/06/2016 05:12 EDT

Les Malouines: le dialogue, et non la militarisation

Le Comité spécial de l'ONU sur la décolonisation se réunit cette semaine pour traiter de la situation des 17 territoires dépendants, la plupart de l'ancien empire britannique.

Le Comité spécial de l'ONU sur la décolonisation se réunit cette semaine au siège des Nations unies à New York. Le Comité, connu sous le nom C-24, est composé de représentants de 29 pays et traite de la situation des 17 territoires dépendants, y compris Gibraltar et les Malouines/Falklands, deux questions d'importance pour l'Espagne et l'Argentine, respectivement.

Concernant les îles Malouines/Falklands, qui sont sous administration britannique, cela est particulièrement intéressant cette année, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, la résolution 2065 des Nations unies - une résolution clé - entre dans son 50e anniversaire cette année. Cette résolution fournit des éléments essentiels quant à la demande de l'Argentine. Les Malouines/Falklands constituent une forme de colonialisme qui doit prendre fin. En outre, elle prend note de l'existence d'un conflit de souveraineté entre l'Argentine et le Royaume-Uni. Enfin, elle invite les deux pays à entamer des négociations pour trouver une «solution pacifique au problème et faire rapport au Comité spécial ou à l'Assemblée générale» sur les résultats y afférent.

Bien sûr, les négociations doivent être menées en tenant compte des objectifs et des dispositions de la Charte des Nations unies, de la résolution 1514 sur le principe de l'intégrité territoriale et les intérêts de la population des îles. En ce qui concerne ce dernier, il convient de rappeler que les îles Malouines étaient occupées en 1833 par les forces britanniques, qui ont expulsé la population locale et ne leur ont pas permis de revenir, brisant ainsi l'intégrité territoriale de l'Argentine.

De même, ceux qui vivent dans les îles possèdent les caractéristiques et le mode de vie britannique, et n'ont pas été «subjugués par une puissance coloniale». Par conséquent, le principe de «l'autodétermination» invoqué par les Britanniques ne s'applique pas.

En ce qui concerne l'état d'avancement des négociations, je crois que rien ne semble indiquer que les deux pays entreront en négociations dans un avenir proche. L'Argentine a lancé une campagne, recherchant et obtenant un soutien dans différentes régions du monde, par le biais, cette année, non seulement de résolutions et de déclarations, mais également de pétitionnaires et de descendants de ceux qui ont été expulsés.

Le Royaume-Uni entreprend régulièrement un lobbying à plusieurs niveaux, y compris au niveau scientifique, en envoyant des pétitionnaires qui feront valoir que le principe de l'autodétermination doit être appliqué dans son intégralité.

Enfin, les journaux britanniques font état d'une militarisation croissante dans l'Atlantique sud devant la possibilité d'une agression argentine.

Ces mêmes médias ont accusé l'Argentine d'avoir acheté des équipements militaires auprès de la Russie et de la Chine. Des experts en matière de défense à Buenos Aires ont fermement démenti que l'Argentine ait acheté des équipements et ont rappelé l'engagement du pays à la paix. En outre, ils ont fait valoir que l'annonce britannique fait partie de la campagne de lobbying menée par certains groupes au Royaume-Uni qui sont très préoccupés par la récente coupe budgétaire approuvée par le premier ministre Cameron.

En tout état de cause, et même si cette annonce fait partie d'un grondement national entre le gouvernement et certains secteurs du Royaume-Uni, la militarisation croissante dans l'Atlantique sud est très préoccupante.

En fin de compte, les deux États devront entrer en négociation: cette situation ne peut pas rester ad eternum, en particulier alors que la question des Malouines/Falklands reste une question du C-24.

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