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02/12/2015 12:54 EST | Actualisé 02/12/2016 05:12 EST

Les coupures d'heures à la SAQ nous laissent un goût amer!

Dans votre course effrénée vers le profit à tout prix, vous semblez avoir oublié un des éléments fondamentaux qui ont fait de la SAQ l'entreprise de qualité que nous connaissons aujourd'hui: ses employés.

Monsieur Couillard, Monsieur Brunet,

Depuis plusieurs années déjà, votre vision de la Société des alcools du Québec (SAQ) vous amène à prendre des décisions qui nous apparaissent irréalistes et nuisibles au bon fonctionnement de celle-ci.

Dans votre course effrénée vers le profit à tout prix, vous semblez avoir oublié un des éléments fondamentaux qui ont fait de la SAQ l'entreprise de qualité que nous connaissons aujourd'hui: ses employés. En effet, force est de constater que vous n'êtes plus en mesure de considérer à sa juste valeur l'apport majeur que vous apportent les conseillers qui œuvrent chaque jour à faire rayonner ce fleuron québécois.

Vous n'êtes pas sans savoir que les profits de la SAQ sont en constante augmentation; de 546 millions $ de profits en 2005, nous en sommes maintenant à plus d'1 milliard $ de profits annuels. Peu d'entreprises au Québec peuvent se vanter d'avoir accru aussi rapidement leurs profits en si peu de temps. En regard du portrait positif que nous dressons de la situation financière de la SAQ, il nous est difficile de comprendre comment vous justifiez les compressions majeures que nous subissons dans nos heures de travail. Quelle incohérence! Les réductions drastiques et constantes des heures nous empêchent d'effectuer correctement notre travail.

La SAQ se targue de vouloir être un exemple en matière de service à la clientèle, mais comment arrivera-t-elle à maintenir cette réputation si elle refuse de se doter des ressources nécessaires à l'atteinte d'un tel objectif? Malheureusement, seuls les employés semblent accorder une réelle importance à la clientèle.

Partout à travers le réseau de succursales, nous entendons le même message: «nous souhaitons faire ce qui nous passionne le plus, c'est-à-dire, servir adéquatement les clients et partager notre passion et notre expertise pour les vins et les spiritueux. Par contre, ça devient de plus en plus difficile, car on voit constamment nos heures disparaître. On ne remplace presque plus les employés en maladie ou en vacances, les heures sont données au compte-gouttes et l'on ne sait plus où donner de la tête!»

De l'Abitibi aux Îles-de-la-Madeleine, en passant par Montréal et Gatineau, les coupures d'heures sont sur toutes les lèvres et l'épuisement professionnel se fait de plus en plus sentir. Le plus frustrant dans tout ça, c'est que bon nombre de gestionnaires osent encore affirmer qu'il n'y a aucune réduction des heures, qu'il n'y a qu'une «saine gestion». Comment l'employeur peut-il nier un fait aussi largement dénoncé?

L'ingratitude de notre employeur est déjà une source de mécontentement importante, mais se faire aussi allègrement mentir ne peut que mener à l'indignation et à la grogne collective.

Le gouvernement actuel, dans la guerre ouverte qu'il mène contre tout ce qui relève du domaine public, néglige imprudemment les gens qui font la force de notre tissu social et économique. Il est plus qu'urgent d'intervenir collectivement et de mettre fin à ce saccage éhonté de nos conditions de travail.

En août dernier, la commission Robillard rendait public son rapport concernant la SAQ en prétendant y avoir décelé un manque «d'efficience». Il nous apparaît évident qu'en réalité, nous faisons plutôt face à un grave problème de «gouvernance», tant de la part du gouvernement que des dirigeants de la SAQ.

Les conseillers qui œuvrent au sein de la SAQ ne demandent qu'à faire leur travail correctement et à faire vivre leur passion pour cette belle entreprise. Donnez-leur les ressources nécessaires et ils sauront vous le rendre au centuple!

Les coupures massives que subit actuellement l'ensemble des services publics (éducation, système de santé, etc.) se font déjà amplement sentir. Pouvons-nous, en plus, nous permettre de négliger l'apport essentiel que nous fournissent les revenus d'une société d'État telle que la SAQ?

Il est grand temps de mettre fin à ce démantèlement de notre société d'État, de redonner à ceux et à celles qui portent la SAQ à bout de bras, le support qu'ils méritent par le dévouement dont ils font preuve chaque jour, par cette passion qu'ils mettent généreusement au service d'une entreprise dont ils sont fiers et qu'ils souhaitent voir fleurissante.

Pour y parvenir, nous demandons à l'État et à notre employeur de redonner des heures décentes aux employés de la SAQ!

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