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23/12/2014 12:10 EST | Actualisé 21/02/2015 05:12 EST

Une saine remise en question...

On dit souvent que les professionnels évoluent lorsqu'ils se remettent sainement en question. Pour pouvoir le faire en toute humilité, il faut savoir se poser les bonnes questions, d'une part, et, ensuite, il faut savoir y répondre honnêtement et sans détour.

Question 1 : si vous étiez un élève, aimeriez-vous être dans votre classe ?

Il s'agit ici d'une question fort simple qui, admettons-le, n'a pas été souvent matière à réflexion de la part d'un enseignant ! Autrement dit, ce que nous imposons à nos élèves en tant qu'enseignants, est-ce que nous aimerions y être soumis en tant qu'élèves ?

En bref, est-ce qu'en vous projetant assis dans votre classe pour une centaine d'heures par année (selon les matières) vous seriez heureux ? Motivé ? Disposé à apprendre ? Auriez-vous du plaisir à apprendre ? Auriez-vous hâte au prochain cours ?

On dit souvent que les enseignants font ce choix de profession en se basant sur leur propre expérience d'élève au primaire et secondaire. Comment avez-vous appris de vos enseignants ? Autant de ceux que vous modélisiez à l'époque que ceux que vous appréciez moins dont vous juriez de ne pas reproduire les défauts professionnels une fois que vous auriez joint la fonction. Si votre expérience au primaire et secondaire a été mitigée, voilà justement une bonne raison de devenir enseignant pour améliorer ce qui vous a irrité lors de votre expérience en milieu scolaire et ainsi brisé un cycle de transmission d'irritants en éducation !

Ainsi, si à la question : « si vous étiez un élève, aimeriez-vous être dans votre classe ? », vous avez répondu un non! retentissant,il y a lieu de se poser de sérieuses questions sur son propre engagement en éducation !

Question 2 : favorisez-vous l'apprentissage de surface dans vos classes ?

Carolyn Durley a une façon intéressante de présenter les approches pédagogiques. Lorsqu'elle aborde les approches pédagogiques traditionnelles, elle réfère à un tourniquet. En effet, la particularité du tourniquet est qu'il tourne sur un axe. Dans certains cas, le tourniquet peut tourner sans arrêt et dans d'autres, il tourne jusqu'à ce qu'il bloque. L'approche traditionnelle permet justement un apprentissage qui demeure en surface et qui tourne dans tous les sens autour des limites fixées par l'enseignant. Également, cette approche tourniquet est redondante au sens où les situations reviennent d'année en année. Parfois, il tourne dans un sens allant même jusqu'à bloquer complètement un flot. Le lien est facile à faire alors que certaines approches ont pour effet de bloquer le flux vital du flot de l'apprentissage chez l'élève.

À l'opposée, les approches contemporaines, se centrant sur l'apprenant, sont dites évolutives puisqu'elles sont purement verticales et n'ont absolument aucune limite, autres que celles que ce dernier se fixe lui-même. Le fait de ne pas être contraint par un cadre extérieur permet simultanément un approfondissement et une évolution de l'apprentissage chez l'élève. En ce sens, ces derniers ne doivent définitivement plus être considérés comme des éponges qui absorbent passivement des savoirs; plus que jamais, ils doivent être considérés comme des bâtisseurs actifs de connaissances. Dans certains cas, ils peuvent également prendre part à l'aspect didactique de la démarche en créant eux-mêmes différents contenus pédagogiques et évaluatifs.

Il n'y a donc plus lieu de contraindre les élèves à effectuer des exercices par habitude et non par nécessité d'apprendre par soi-même alors qu'ils peuvent choisir les activités pédagogiques qui rencontrent mieux leur profil d'apprenant. Un pas de plus vers une pédagogie ergonomique et différenciée ! Le niveau de dépendance envers l'enseignant diminue drastiquement pour ainsi se muter en une relation d'interdépendance envers les pairs.

Les buts de l'apprentissage ne sont plus limités à l'obtention de résultats visant l'atteinte d'un simple seuil de réussite. En enrichissant la démarche d'apprentissage de l'élève et en lui donnant plus de pouvoir à assumer dans son propre parcours, ces derniers dégagent une certaine fierté face à leur parcours académique dans lequel ils jouent le rôle-clé. Exit l'élève passif et complaisant se satisfaisant de peu et demeurant, justement, en surface. Employer des stratégies pédagogiques axées sur une pédagogie active favorise davantage la mobilisation et l'engagement et permet une verticalité du processus estudiantin d'apprentissage.

Ainsi, favorisez-vous l'apprentissage de surface dans vos classes ou, au contraire, la démarche d'apprentissage est-elle enrichie et approfondie ?

Changer de paradigme

À l'aube du siècle actuel, pour changer de paradigme éducatif, l'ingrédient principal nécessaire à la recette demeure une bonne dose de courage professionnel. Une fois de plus, ce virage pédagogique passe par la formation continue et le développement professionnel puisque, pour oser aspirer à changer la façon dont les élèves apprennent, il faut pouvoir d'abord changer la façon à laquelle nous leur enseignons.

L'éducation représente le domaine du possible. C'est ce qui en fait un milieu spécial rempli d'intervenants animés par une vocation authentique qui est celle de se placer au service de l'autre. Et, dans les circonstances, l'autre est un élève qui est appelé à apprendre et s'affirmer dans l'environnement avec lequel il interagit. N'y a-t-il pas une plus belle profession que celle de voir à influencer des jeunes sur une base quotidienne ? Quelle belle tribune pour les enseignants et quel honneur qu'un parent confie son enfant à de tels professionnels ! D'où l'importance d'être à la hauteur des attentes sociales en ce sens !

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