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26/10/2016 12:04 EDT | Actualisé 26/10/2016 12:04 EDT

Enrayer la culture du viol: une lourde responsabilité

À titre d'élus, nous devons assumer notre responsabilité collective dans les évènements de la semaine dernière et travailler activement à enrayer la culture du viol... surtout quand elle se manifeste dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Toute ma vie, et encore aujourd'hui, j'ai travaillé pour que les femmes aient plus confiance en elles, pour améliorer leurs conditions de vie. J'ai travaillé, avec elles, pour leur redonner confiance en leurs moyens, en leur force immense. Toute ma vie, j'ai croisé des femmes qui avaient besoin qu'on les rassure, qu'on les appuie, qu'on les croit. Je les ai prises dans mes bras, je leur ai donné ce que j'avais de courage pour qu'elles continuent d'être fortes. Toutes ces années de travailleuse que j'ai passées auprès de femmes qui ont vécu des violences, des injustices et des souffrances, aujourd'hui je la poursuis autrement.

Je ne vous apprendrai probablement rien en vous disant que devenir députée a changé ma vie et ma perspective sur bien des enjeux. Tous les jours, je fais mon travail de députée en ayant à l'esprit la dignité, la sécurité, l'émancipation des femmes, de mes concitoyennes. Je continue de penser que lorsque la vie des femmes s'améliore, c'est toute notre société qui en bénéficie : les enfants, les personnes malades, racisées, âgées, issues de la diversité sexuelle et de genre, et aussi les hommes.

Aujourd'hui, je continue de travailler à donner et à redonner confiance aux femmes. Mais maintenant, quand je croise une femme blessée, quand je la serre dans mes bras, c'est différent. Pourquoi? Parce que je suis l'une des 125 personnes qui ont la responsabilité et le privilège de représenter les Québécoises et les Québécois à l'Assemblée nationale. Pour la population, particulièrement pour les personnes qui vivent des injustices, des souffrances et des inégalités, la fonction de députée a une importance certaine. Nous avons le devoir de travailler à ce qu'elles puissent vivre dans la dignité, à tous les chapitres.

Ce privilège que notre charge de député nous apporte, il nous accompagne à toutes les heures du jour ou de la nuit. Toutes ces personnes que nous croisons, nous avons la possibilité - et même la chance - de faire une différence pour elles. Bien souvent, ce statut de député fait en sorte que les gens nous voient comme dans une classe à part. C'est pourquoi nous devons demeurer humbles. C'est comme ça que j'aborde mon travail d'élue, avec humilité.

Modestement, j'espère contribuer à améliorer la vie des femmes de mon comté et du Québec. C'est mon rôle, comme députée. C'était celui de M. Sklavounos. À titre d'élus, nous devons assumer notre responsabilité collective dans les évènements de la semaine dernière et travailler activement à enrayer la culture du viol... surtout quand elle se manifeste dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Pour tout cela, je serai parmi des milliers de personnes pour dénoncer la culture du viol. J'invite tout le monde à venir marcher à Québec, à Saguenay, à Montréal, à Trois-Rivières, à Sherbrooke afin de dire: « Pas une de plus ».

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