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24/05/2014 08:22 EDT | Actualisé 24/07/2014 05:12 EDT

Festival de Cannes : Prix du jury et Palme d'amour pour Xavier Dolan

Il y a quelques heures, lors de la soirée de remise de prix animée par Lambert Wilson au Grand Théâtre Lumière, le jury a rendu son verdict. Mommy de Xavier Dolan, film le plus acclamé du 67e Festival de Cannes, et Adieu au langage de Jean-Luc Godard, film événement présenté à quelques heures du précédent, ont reçu le Prix du jury. Qu'ont ces deux films en commun? Peu ou prou si ce n'est le fait que tous deux se sont avérés les propositions les plus singulières de cette sage sélection. De fait, le benjamin s'est démarqué avec son flamboyant triangle amoureux maternel, tandis que le doyen a livré un ovni philosophique hermétique.

Godard brillant toujours par son absence, c'est le producteur Alain Sarde qui est allé remercier les membres du jury. Pour sa part, Dolan a profité de l'occasion pour rendre hommage à Jane Campion, lui avouant dans la langue de Shakespeare que The Piano avait été le film qui lui avait donné envie de faire du cinéma et de créer des personnages féminins forts. Son discours senti, où il a aussi rendu hommage à sa génération, s'est ensuivi d'une étreinte avec la cinéaste qui a qualifié de génie le réalisateur québécois à la conférence de presse qui a suivi la cérémonie.

L'autre discours remarquable de la soirée a certes été celui de Timothy Spall, lauréat du Prix d'interprétation masculine grâce à son jeu magistral dans Mr. Turner de Mike Leigh. Ayant appris qu'il devait se rendre à Cannes alors qu'il réparait son bateau en Irlande, Spall a écrit son discours sur son portable dans l'avion. Tandis qu'il tentait de le lire, les textos se faisaient entendre. « J'ai toujours été la dame d'honneur, jamais la mariée », a dit l'acteur souvent relégué aux seconds rôles. Avec humour et émotion, Spall a rappelé qu'il y a 18 ans, il n'avait pas pu célébrer la Palme d'or remportée par Leigh pour Secrets and Lies puisqu'il suivait des traitements de chimiothérapie pour soigner une leucémie. Le Prix d'interprétation féminine a été attribué à Julianne Moore, dont l'interprétation d'une actrice vieillissante en mal de célébrité est l'une des grandes qualités de la critique jouissive du showbizz hollywoodien qu'est Maps to the Stars de David Cronenberg.

Rappelant la richesse et la complexité des romans de Dostoïevski, Leviathan d'Andrey Zvyagintsev a remporté le Prix du scénario. Drame sportif sobre et mélancolique fort d'une lente progression dramatique, Foxcatcher de Bennett Miller a raflé le Prix de la mise en scène. S'il n'était pas étonnant de retrouver Mommy au palmarès tant le film a provoqué l'engouement , Le meraviglie d'Alice Rohrwacher a causé la surprise en raflant le Grand Prix du jury. Film brouillon, cherchant son ton, d'une mise en scène peu inspirée, Le meraviglie avait récolté plus de huées que d'applaudissements en début de festival. À voir la réaction des jurys interrogés sur ce choix discutable, on a senti que Jane Campion et Nicolas Winding Refn s'étaient battus bec et ongles pour que cette chronique familiale rurale se retrouve parmi les lauréats.

Demeuré parmi les favoris depuis sa présentation le troisième jour du festival, le magnifique drame tchékhovien de Nuri Bilge Ceylan, Winter Sleep, s'est vu remettre la Palme d'or. Un prix prestigieux qui arrive à point en cette année où le cinéma turc fête son 100e anniversaire. Le grand cinéaste a par ailleurs dédié son prix aux jeunes Turcs et à ceux qui sont décédés l'an dernier lors des manifestations contre le gouvernement de l'AKP.

Caméra d'or pour Party Girl

Décidément, les mamans auront eu la cote au cours du festival. Ainsi, le film d'ouverture d'Un Certain Regard, Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, a été couronné par le jury présidé par Nicole Garcia du prix saluant le meilleur premier long métrage, la prestigieuse Caméra d'or.

Inspiré de la véritable histoire de la mère de Samuel Theis, qui y joue son propre rôle, Party Girl a également reçu le Prix d'ensemble. David Gulpil a pour sa part reçu le Prix du meilleur acteur pour Charlie's Country de Rolf de Heer. Le Prix Un Certain Regard a été remis à White God de Kornél Mundruczo; le Prix du jury a été attribué à Turist de Ruben Östlund et le Prix spécial du Certain Regard à The Salt of the Earth de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado. Le jury Un Certain Regard était présidé par Pablo Trapero.

Côté court, Leidi de Simon Mesa Soto a reçu la Palme d'or, tandis qu'Aïssa de Clément Trehin-Lalanne et Ja Vi Elkser de Hallvar Witzo se sont partagé une mention spéciale. Pour sa part, le jury de la Cinéfondation, présidé par Abbas Kiarostami, a remis ses premier, deuxième et troisième prix respectivement à Skunk d'Annie Silverstein, à Oh Lucy! d'Atsuko Hirayanagi et à Lievito Madre de Fulvio Risuleo et The Bigger Picture de Daisy Jacobs (ex-aequo). Le jury de la CST a décerné le Prix Vulcain de l'artiste-technicien à Dick Pope pour aa magnifique photographie de Mr. Turner de Mike Leigh.

Dolan chouchou de Cannes

Au cours de la remise des prix et à la conférence de presse des lauréats, c'est une fois de plus Xavier Dolan qui a récolté le plus d'applaudissements et de manifestations d'affection. S'il peut se targuer d'avoir partagé le Prix du jury avec l'un des plus illustres représentants de la Nouvelle Vague, celui qui prévoit retourner aux études à l'automne pourra aussi se vanter d'avoir créé le plus grand buzz de cette 67e édition et de retourner chez lui avec la Palme d'amour. Et ça, ça vaut tout l'or du monde.

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