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10/06/2015 11:37 EDT | Actualisé 10/06/2016 05:12 EDT

À chacune sa première fois

Vous en souvenez-vous? Il y en a toujours une...

Vous en souvenez-vous? Il y en a toujours une... On vous a laissé une chance, vous avez saisi l'occasion, vous avez gagné en confiance et vous êtes enfin là où vous souhaitiez être. Il y en a toujours une, première fois, si malhabile, fragile, inconfortable soit-elle. Et même si vous avez atteint vos échelons, il est possible de toujours faire mieux. Et le cycle recommence.

J'ai vu le spectacle de l'école nationale de cirque à La Tohu la semaine dernière. Malgré quelques soirs de spectacles, ils sortent de l'école et déploient leurs talents, certains pour la première fois, à notre plus grand ravissement. Il y a eu des moments qui nous ont ébaubis, d'autres qui nous ont fait sourire et, enfin, ceux où nous avons retenu notre souffle. Tout n'était pas parfait. Il y a eu de belles maladresses, quelques erreurs, heureusement sans conséquence. Surtout, à mon grand bonheur, ils reprenaient là où ils avaient manqué et cette fois, réussissaient avec brio. Allez les voir! Je suis persuadée qu'ils s'améliorent de fois en fois.

D'ailleurs, ce spectacle m'a interpellée, car j'y ai vu toutes ces opportunités que nous avons saisies. Nous sommes là grâce à nos essais-erreurs, à notre courage de reprendre quand ce n'est pas à la hauteur, à notre humilité de le reconnaître; sans que notre ego prenne une trop grosse place ou qu'il nous invite à nous taper sur la tête. Nous avons essayé, triomphé et gagné en confiance.

Nous sommes là aussi parce que, souvent, quelqu'un nous a laissé cette chance. Il a su nous encourager, quelquefois nous réconforter, et il nous a invité à nous reprendre pour mieux nous parfaire. Qui sait? C'est peut-être à votre tour de retourner l'ascenseur et de donner la chance au suivant. Cela prendra de l'indulgence, de la patience et de la compassion pour ne pas vous impatienter; en vous rappelant vous-mêmes d'où vous venez.

Courage, petit train va loin, un jour l'élève dépassera le maître. Comme vous, à qui on a donné une chance. Passer le flambeau, voire se laisser dépasser par l'élève pour que vous-même puissiez apprendre autre chose, cela s'appelle préparer sa relève et vous assurer un avenir différent.

Il est souvent difficile de laisser les autres nous dépasser, nous dire quoi faire ou nous poser douze mille questions. La question est de savoir comment le faire sans perdre patience... Soyez gentil envers l'autre, mettez-vous à sa place, rappelez-vous vos premières fois. C'est important de ne pas oublier d'où l'on vient. Cela contribue à nous rendre plus humains.

En résumé, nous pourrions nous y prendre en trois étapes: respirez, ajustez votre perspective, et ne le prenez pas personnel. Même si cela n'est pas fait comme vous le voulez, pourvu que cela le soit... et vive l'apprentissage! En finalité, c'est le résultat qui compte et à vous de montrer le meilleur chemin pour y parvenir, sans brimer la créativité de celui qui apprend.

En fait, cela pourrait devenir votre défi: aider quelqu'un à faire ses premiers pas et apprécier le spectacle de sa progression! Vous verrez sûrement des prouesses qui vous étonneront, d'autres qui vous feront sourire et enfin, celles où vous retiendrez votre souffle. Tout ne sera pas parfait, mais cent fois sur le métier... ou, comme le disait Jacques Brel: «avec l'envie vient la pratique, et avec la pratique vient le talent.»

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