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07/01/2016 02:00 EST | Actualisé 06/01/2017 05:12 EST

ONU et veto ou la loi des plus forts

Évidemment, les membres permanents du conseil de sécurité n'ont pas été élus. Peut-on parler de démocratie alors dans une institution (l'ONU) ayant une telle pratique?

L'ONU, dans l'état actuel des choses, est une organisation servant à légitimer les abus des plus puissants et faire accepter l'inacceptable comme étant acceptable et normal.

L'ONU n'est pas un gouvernement mondial. Cependant, ses résolutions donnent une légitimité aux interventions des États et sont de plus en plus appliquées dans le droit national et international.

La notion de «droit de veto» utilisée à l'ONU, est une insulte à tous ceux qui ne bénéficient pas du même droit. Ce fameux droit étant exclusivement réservé aux pays les plus puissants, l'élite (pas forcément les plus riches... même si cela aide).

Le droit de veto du Conseil de sécurité des Nations unies est un droit accordé uniquement aux cinq membres permanents de ce Conseil qui leur permet de bloquer toute résolution ou décision, quelle que soit l'opinion majoritaire au Conseil. Les cinq membres permanents exercent ce droit quand ils votent négativement, mais une abstention ou une absence n'est pas considérée comme un veto.

Historique des vetos utilisés par les membres permanents du conseil de sécurité.

En clair, le veto opposé par un pays contre une résolution prise à la majorité par les autres pays, annule la résolution.

Évidemment, les membres permanents du conseil de sécurité n'ont pas été élus.

Peut-on parler de démocratie alors dans une institution (l'ONU) ayant une telle pratique?

Comment se peut-il qu'un pays ait le droit d'imposer à tous les autres «sa vérité» même si tous les autres pays ont voté contre. C'est la loi des plus forts, dans son expression la plus antidémocratique.

Bien sûr, il y a aussi les jeux des lobbyistes ainsi que les jeux de pouvoir (en coulisses) basés sur les avidités et intérêts des uns et des autres... Le nier relèverait de l'aveuglement ou de la pure hypocrisie.

Juste cela en soi, confirme la mainmise des plus puissants sur cette institution hautement folklorique, décorative et hypocrite où se trament, sans autres états d'âme, les plus horribles ignominies contre l'humanité avec, en toile de fond, la recherche de la justice, de la paix et de l'humanisme. Un panel honteux avec des résultats désastreux!

La paix n'existe plus que dans nos rêves. L'iniquité mondiale entre pays est indiscutable - tout particulièrement entre pays riches et pays pauvres (ou, osons le dire, entre pays pillés par les puissants colonialistes et impérialistes).

L'exploitation des pays les plus faibles par les pays les plus forts est plus que jamais présente.

L'exploitation de l'homme par l'homme est quasiment devenue biblique..., selon les critères de l'accumulation sauvage du capital.

Ainsi, dans cette évidente situation d'inégalité des rapports entre les pays, a vu le jour le «mouvement des pays non-alignés».

Fondé en 1961 lors de la conférence de Belgrade dans l'esprit et la continuité de la conférence de Bandung (Bandoung) de1955, le mouvement des non-alignés a regroupé les pays qui ne souhaitaient pas s'inscrire dans la logique d'affrontement Est-Ouest mais, au contraire, favoriser l'indépendance effective des pays du Sud dans le cadre de la décolonisation.

Vingt-cinq pays d'Asie, d'Afrique et du Proche-Orient ont participé à sa création, ainsi que la Yougoslavie.

Cent dix-huit (118) pays en sont actuellement membres, et si son influence politique a décru après la fin de la guerre froide, il continue de jouer un rôle important, par exemple en refusant les mesures standard de résolution de la dette publique préconisées par le consensus de Washington.

De nouvelles mouvances, dans le sillage du mouvement altermondialiste, s'inspirent de ses principes et des luttes qu'il a incarnées pour prôner une mondialisation plus conforme à l'intérêt des pays du Sud.

1er septembre 1961 - Première conférence des non-alignés à Belgrade: 25 pays non-alignés se réunissent à Belgrade suite à l'invitation de Tito, président de Yougoslavie. C'est là le premier congrès du mouvement de non-alignement luttant contre toutes formes de colonialisme et permettant de faire bloc face aux deux puissances de la guerre froide, les États-Unis et l'URSS.

Depuis 2009, on a vu se mettre en place le groupe BRICS (et ses autres ramifications) pour contrer l'hégémonie des puissances occidentales et du Fonds Monétaire international.

FMI: véritable mafia capitaliste servant à mettre des pays entiers à genoux au profit d'individus contrôlant les multinationales les plus riches de ce monde dont les capitaux astronomiques ont pour source l'exploitation, sans foi ni loi, d'autrui et des pays (les pays dits riches goûtent à leur tour à la même médecine aujourd'hui).

BRICS: acronyme anglais pour désigner un groupe de cinq pays qui se réunissent en sommets annuels: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Avant l'ajout de ce dernier pays en 2011, le groupe était appelé BRIC. Rarement utilisés, les équivalents français de cet acronyme sont l'ABRIC (Afrique du Sud, Brésil, Russie, Inde et Chine[1]), BRASIC ou encore BRICA[2].

Parmi les cinq pays composant les BRICS, quatre sont considérés comme les grandes puissances émergentes actuelles. En 2014, ils sont respectivement les septième, huitième, dixième, deuxième et vingt-neuvième puissances mondiales (au sens du PIB nominal) et septième, sixième, troisième, deuxième et vingt-cinquième en parité de pouvoir d'achat.

Ainsi sous la pression de ces entités émergentes, verra-t-on peut-être naître un jour une organisation des nations plus juste et équitable où les petits seront sur le même pied d'égalité que les grands, et ce, quels que soient leurs ressources ou leur moyen.

Celui qui contrôle l'argent contrôle les pays et le monde. L'ONU ne fait pas défaut à ce grand principe qui règne sur toute la planète en maître absolu! Il faut se rendre à la triste évidence; l'ONU n'est qu'un pantin entre les mains de ceux qui contrôlent le GOD* (Gold, Oil and Diamond - or, pétrole et diamants).

*GOD: pour ceux moins familiers avec la langue anglaise, c'est le mot anglais signifiant «Dieu».

Chers concitoyens, ceci est écrit avec dans le cœur l'espoir d'un monde en paix, juste, équitable, sain et globalement meilleur pour les futures générations.

Après plus de deux millénaires de balbutiement maladroits, d'errements, d'égarements, il est temps que le monde se regarde droit dans les yeux et comprenne que tout est intimement lié; que le malheur des uns entraînera forcément les autres dans un drame un jour ou l'autre.

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