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23/11/2015 10:23 EST | Actualisé 23/11/2016 05:12 EST

Sur écoute (2)

Un avocat véreux, des nazis en Amérique, des docteurs aux méthodes barbares, le chapeau de Walter White...

Un avocat véreux, des nazis en Amérique, des docteurs aux méthodes barbares, le chapeau de Walter White... C'est au menu de SUR ÉCOUTE, le blogue pour tout savoir sur les séries du moment... et de demain.

Le cave se rebiffe

La première saison de Better Call Saul n'avait pas déçu. On attend donc avec impatience le retour du spin-off de Breaking Bad, mettant en vedette le brillant Bob Odenkirk dans la peau de l'avocat Jimmy McGill, alias Saul Goodman. La chaîne AMC a annoncé que la série de Peter Gould et Vince Gilligan allait revenir le 15 février prochain. Au lieu des 13 épisodes initalement commandés, cette seconde saison ne comptera finalement que 10 épisodes, comme la précédente. Les deux premières bandes-annonce dévoilées par AMC laissent à penser que Jimmy - victime de son intégrité durant la première saison - va se rebeller pour se rapprocher un peu plus du personnage magouilleur que l'on a découvert dans Breaking Bad aux côtés de Walter White et Jesse Pinkman.

Pour rappel, Better Call Saul se déroule plusieurs années avant les événements racontés dans Breaking Bad, avant que Jimmy McGill ne bascule du côté obscur de la force et ne devienne Saul Goodman, l'avocat véreux préférés des trafiquants de méthamphétamine et autres sombres personnages.

L'Amérique aux mains des nazis

Plus grosse production - à ce jour - d'Amazon Studios, The Man in the High Castle dépeint le monde tel qu'il aurait pu être si les Alliés avaient perdu la Seconde Guerre mondiale.

Adaptée du livre culte de Philip K. Dick publié en 1962, l'uchronie en 10 épisodes nous plonge ainsi dans une Amérique occupée, avec une grande moitié est du pays sous le joug du IIIe Reich, une côté ouest devenue une province de l'Empire du Japon, et, au milieu, une zone tampon appelée «Zone neutre». Face aux envahisseurs, certains Américains résistent pendant que d'autres collaborent avec l'ennemi.

Si tout n'est pas parfait dans cette adaptation produite par Ridley Scott avec le showrunner Frank Spotnitz, ex-scénariste de X-Files, le premier épisode de 60 minutes (disponible sur la plateforme de VOD Amazon Instant Video depuis le 20 novembre) a laissé entrevoir un fort potentiel, avec un Rufus Sewell impressionnant sous les traits d'un officier nazi terriblement vicieux.

L'hôpital en folie

Si on aime tant The Knick, la merveilleuse série de Steven Soderbergh, c'est autant pour la performance éblouissante de Clive Owen en docteur cocaïnomane que pour la bande sonore envoûtante de Cliff Martinez et les scènes de chirurgie qui repoussent sans cesse les limites du gore. Au Knickerbocker (l'hôpital new-yorkais qui donne son nom à la série), une banale opération peut se transformer en véritable boucherie (l'histoire se déroule en 1901, à une époque où la médecine en est à ses premiers balbutiements et où les chirurgiens se font la main sur des cochons morts, ceci expliquant cela).

Dans ce domaine, l'épisode 5 de la saison 2, Whiplash, diffusé la semaine dernière, nous a encore offert quelques scènes d'anthologie, comme lorsque le Dr. Thackery (Clive Owen) triture le cerveau d'un patient éveillé pour tenter de découvrir les origines du phénomène de l'addiction. Moins gore, mais tout aussi dérangeant, l'épisode voit aussi son collègue, le Dr. Everett Gallinger (Eric Johnson), se livrer à la castration de jeunes garçons souffrant de troubles mentaux pour les empêcher de se reproduire. Une solution pour le moins radicale, pour ne pas dire barbare. Mais pouvait-on attendre autre chose d'un homme qui a vu sa propre femme, la malheureuse Eleanor (Maya Kazan), se faire arracher toutes les dents pour soigner ses crises de démence?

Le coup du chapeau

Sans lui, il ne serait pas devenu Heisenberg. Le «pork-pie hat» (chapeau aux bords courts dont la forme rappelle celle d'un plat à tarte) est devenu le symbole de la transformation du gentil prof de chimie en redoutable trafiquant de drogue. Entré dans la légende, le couvre-chef porté par Walter White (Bryan Cranston) dans Breaking Bad, a rejoint la collection du Smithsonian's National Museum of American History à Washington, en même temps que les masques à gaz et les combinaisons étanches portés par Mr. White et son élève, Jesse Pinkman (Aaron Paul) dans la série aux 16 Emmys. Le badge de policier de l'agent Hank Schrader (Dean Norris) et trois sachets de bonbons (qui faisait office de cristaux de méthamphétamine bleus sur le tournage) ont également fait leur entrée au musée. Une exposition est prévue, mais pas avant 2018.

Un blogue écrit par Malik Cocherel, journaliste spécialisé dans les séries télé, le cinéma et les musiques urbaines, collaborateur à Urbania.ca et cestjustedelatv.artv.ca.

Twitter: @MalikCocherel

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