LES BLOGUES
02/12/2013 02:13 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

Prenons parti pour le livre québécois

Il y a un peu plus d'un an, 14 mois à peine, la première ministre m'avait confié le mandat de tenir une commission parlementaire sur l'avenir du livre au Québec et, plus particulièrement, sur la pertinence d'encadrer le prix du livre afin de soutenir le réseau de nos librairies indépendantes.

La vitalité du livre au Québec a toujours été une préoccupation de notre gouvernement.

C'est à Denis Vaugeois, en 1981, qu'on doit la plus importante politique du livre que le Québec ait connu avec la loi 51. C'est sous la gouverne du Parti québécois que s'est tenu en 1998 le Sommet sur le livre et la lecture présidé par le premier ministre d'alors, Lucien Bouchard, et c'est encore notre parti qui est à l'origine de la construction, de la création, de la Grande Bibliothèque du Québec.

Notre gouvernement entend apporter sa contribution dans la défense du livre québécois, dans la défense de notre identité collective.

Le livre est non seulement un objet extraordinaire qui permet d'étendre les frontières de notre imagination, qui nous permet d'aller au-delà de nous-mêmes, il est un élément fondamental de la définition même de l'identité québécoise. Nous le savons tous.

Ce rôle que le livre joue doit être soutenu. Alors que le passage au numérique se fait pratiquement sans transition, il faut appuyer plus que jamais tous les acteurs de la chaîne du livre : les auteurs, les éditeurs, les distributeurs, les librairies indépendantes ainsi que les bibliothèques.

Avec cette volonté en tête et après avoir entendu, écouté, les gens concernés, notre gouvernement ira de l'avant avec un projet de loi pour encadrer le prix du livre afin de limiter le rabais à 10 % sur les nouveautés pendant 9 mois.

La promotion de l'identité québécoise est au cœur du projet politique de notre gouvernement... Voilà pourquoi nous proposons aujourd'hui cette mesure de soutien aux librairies indépendantes du Québec pour leur permettre de faire face à une concurrence de plus en plus féroce.

Les librairies indépendantes ont un statut financier particulièrement précaire. Au cours des deux dernières années, 15 d'entre elles ont dû fermer leur porte. Leur part de marché est en baisse constante et leurs marges de profit de plus en plus minces.

Et pourtant, il faut se rappeler que nos librairies sont des vitrines extraordinaires pour nos auteurs, parmi les rares endroits, en fait, où ils peuvent avoir un rapport direct avec les lecteurs. Combien d'auteurs québécois doivent leur réussite au dynamisme et à l'intuition de nos libraires? Combien de découvertes, combien d'œuvres doit-on à nos libraires ?

Ce sont aussi les librairies qui permettent la diversité de l'offre de livres au Québec. Certaines tiennent de 20 000 à 50 000 titres! Sur les 6000 nouveautés publiées chaque année au Québec, les librairies en tiennent une majorité, voire la totalité.

Les librairies indépendantes sont présentes dans toutes les régions du Québec et contribuent à faire connaître nos auteurs dans leur milieu respectif. Ces commerces spécialisés, ces petites PME, donnent de l'emploi à près de 4000 personnes qui nous donnent le goût de lire en partageant ce que nous appelons leur expertise et qu'ils appellent, eux, leur passion. Bref, nos librairies sont un élément essentiel de notre paysage culturel.

La mesure de soutien que nous soumettrons à l'Assemblée nationale dans un projet de loi dès la prochaine session parlementaire comporterait deux volets :

  • L'encadrement du prix du livre afin de limiter le rabais à 10 % sur les nouveautés pendant 9 mois (au terme d'une période de 36 mois, le gouvernement procédera à une évaluation pour décider du maintien ou non de la mesure);
  • L'assujettissement du livre numérique à la Loi sur le livre.

Nous sommes confiants que ces deux gestes permettront aux librairies indépendantes de regagner du terrain dans le marché du livre québécois et leur donneront les ressources nécessaires afin de faire face au défi de la transition numérique.

Le Québec a été un des grands artisans de la Convention de l'UNESCO sur la diversité culturelle. Or, cette diversité se vit aussi à travers nos entreprises culturelles, notamment, nos librairies. Comme défenseurs d'une identité québécoise forte, il est de notre devoir de leur donner notre plein support.

Je ne peux passer sous silence la contribution et le dynamisme de notre réseau de bibliothèques publiques. 805 bibliothèques, 1044 points de service, plus de 24 millions de livres disponibles gratuitement pour les Québécoises et les Québécois.

Nos bibliothèques offrent des services d'animation, de mise en valeur de nos écrivains et de leurs œuvres. Et dépendent à bien des égards des librairies pour leurs acquisitions. L'univers du livre au Québec est constitué d'un ensemble de partenaires... nous sommes heureux d'en être.

Permettez-moi en concluant de vous inviter à faire votre part vous aussi en ce début du temps des Fêtes en consommant sans modération nos produits culturels dans nos librairies, nos musées, chez nos disquaires, en allant voir du théâtre, du cinéma, de la danse, du spectacle...

Nous avons un milieu culturel extraordinaire. Nous devons l'encourager et le soutenir et c'est ce que fait le gouvernement de Pauline Marois depuis maintenant un an.

LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES

- Prix unique du livre: s'inspirer de la réglementation française? - Vincent Chabault

- Des libraires... Luddites en devenir? - Mario Asselin

- Derrière le prix des livres, l'enjeu de la bibliodiversité - Sylvain Campeau

- Le PQ et le prix du livre: affirmer l'identité québécoise, mais laisser mourir sa littérature? - Gabriel Nadeau-Dubois

- Gabriel Nadeau-Dubois: chevalier des monopoles et des cartels? - Vincent Geloso


VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Les plus belles bibliothèques publiques du monde

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.