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02/02/2014 09:44 EST | Actualisé 31/07/2014 10:31 EDT

Inégalités: le problème se trouve dans les extrêmes

Des faits comme ceux dévoilés par Oxfam la semaine dernière indiquant que la fortune des 85 personnes les plus riches de la terre est égale à celle de la moitié de la population mondiale nous laissent facilement abasourdi. Si on s'indigne de plus en plus de la croissance des inégalités, c'est que le phénomène est mondial et qu'il est loin d'être endigué.

L'indignation ne règle peut-être rien, mais elle permet au moins de faire prendre conscience à un plus grand nombre de la nature fondamentalement injuste de cette situation. Même l'élite économique mondiale a décidé de se pencher sur la question des inégalités croissantes lors du forum économique mondial de Davos, ce qui est un événement en soi, montrant que les mieux nantis peuvent avoir à cœur le sort des plus pauvres ou du moins qu'ils considèrent maintenant que la situation précaire d'une grande portion de l'humanité peut avoir des conséquences néfastes sur l'économie mondiale.

L'extrême pauvreté est en effet une réalité insoutenable à long terme pour la stabilité, tant économique que politique, du monde. En fait, le problème est dans les extrêmes. L'extrême pauvreté qui laisse des gens mourir de faim ou vivre dans des conditions misérables est inadmissible et moralement indéfendable. Devant une telle situation, comment est-il alors possible de justifier logiquement, d'un point de vue éthique, l'extrême richesse?

Il est important d'établir un seuil économique minimum permettant de préserver la dignité de tout être humain, comme il est aussi important d'établir une limite à la richesse pour éviter que les ressources matérielles soient concentrées dans les mains de quelques-uns pendant que d'autres sont privés de moyens de subsistance adéquats.

La richesse est louable, comprenez-moi bien. Mais s'il est juste qu'un bien nanti puisse bénéficier de sa richesse, il est aussi juste que personne ne soit abandonné dans la plus abjecte des misères. Quand la pauvreté atteint le seuil de la famine, c'est qu'une forme de tyrannie s'exerce quelque part. Et, malheureusement, cette famine est présente partout dans le monde, même dans nos sociétés riches.

Se laisser berner par un fatalisme imprégné d'idées fausses du genre que la nature humaine pousse à toujours placer ses intérêts personnels en premier lieu fait en sorte que nous reculons au lieu d'avancer. La compassion est une forme d'intelligence qui se développe. Avoir le cœur tendre et penser aux autres sont des qualités à cultiver.

Ne laissons pas l'apathie et la léthargie paralyser nos esprits. Évidemment, les processus sont complexes et les solutions toutes faites n'existent pas, mais la créativité humaine est tout à fait capable de trouver un moyen d'endiguer l'accroissement de ces extrêmes de richesse et de pauvreté et de permettre à tous d'avoir les moyens nécessaires pour vivre.

Nos problèmes économiques mondiaux requièrent à la base une prise de conscience de l'unité fondamentale de la race humaine. Le bien-être et la sécurité collective, à l'échelle mondiale, exigent que nous prenions réellement conscience de notre interdépendance et que nous agissions en conséquence. À bien y penser, comment améliorer le monde si ce n'est en se questionnant sérieusement sur les façons pratiques de matérialiser en politiques publiques nos nobles idéaux de justice et d'équité?

S'indigner n'est pas suffisant. Il nous faut restructurer notre système économique pour qu'il tienne compte de l'essentielle réalité de l'unité du genre humain. C'est certainement possible, avec un peu de bonne volonté collective.

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