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04/12/2013 12:20 EST | Actualisé 02/02/2014 05:12 EST

Les micros de Radio Centre-Ville vont-ils s'éteindre?

Pendant que l'on parle de gros sous qui tombent «comme par hasard» dans les poches de gens bien petits, certains organismes communautaires crient famine et tentent par tous les moyens de sauver leur peau. Dont les radios communautaires qui, en plus d'être confrontées à la suprématie des grands réseaux commerciaux, à la concurrence de la télévision et au développement des nouveaux médias, doivent aussi surmonter un manque de financement et un souci constant de survie financière. Constat bien triste, car je suis fortement convaincue que les radios associatives et communautaires ont joué, et jouent encore un rôle important pour encourager la participation citoyenne, faire circuler l'information de proximité et se positionner comme contre-pouvoir local.

Si je prends la plume aujourd'hui, c'est parce que l'unique radio communautaire et multilingue du Québec, Radio Centre-Ville, dont les studios fort discrets se trouvent sur le boulevard Saint-Laurent de Montréal (coin Fairmount) connaît un avenir incertain. Si je prends la plume aujourd'hui, c'est aussi par intérêt personnel, je l'avoue, car Radio Centre-Ville m'a permis de réaliser un vieux rêve d'être derrière un micro. C'est donc la moindre des choses pour moi de relayer, comme je peux, son appel à l'appui de la population pour assurer le maintien de ses émissions.

L'enjeu? Un de ses plus importants partenaires, Centraide, a décidé de retirer sa subvention annuelle d'un montant de 100 000 dollars à compter de mai prochain. Je crois important de préciser que l'organisme n'a pas pris cette décision de gaieté de cœur. En ces temps de disette pour l'action communautaire dans son ensemble, l'organisme a dû faire une liste de ses «premières priorités» - comme disent les politiciens - pour distribuer ses dons de façon efficiente, tant il y a à faire. Et Radio Centre-Ville ne fait malheureusement plus partie de cette liste. Une décision fort compréhensible considérant les enjeux sociaux, mais elle demeure toutefois désolante. Pour ses auditeurs, ses responsables très dévoués dont son directeur, Arlindo Vieira, ainsi que pour ses 350 bénévoles dont certains sont animateurs depuis près de trente ans et plus.

Oh, bien entendu, ce n'est pas la première fois que cette station qui diffuse des émissions depuis près de 40 ans dans 8 langues (français, anglais, espagnol, portugais, grec, créole, cantonais et mandarin), vit des moments difficiles, et la détermination des personnes qui la portent à bout de bras a toujours été exemplaire.

Aujourd'hui, c'est sous le thème «Un monde différent» que Radio Centre-Ville organise son radiothon et ce, jusqu'au 7 décembre. Si vous vous sentez interpellés, vous pouvez faire un don directement sur le site radiocentreville.com, en envoyant un chèque par la poste ou en vous présentant directement au 5212, boulevard Saint-Laurent. Sur le site, vous pouvez également miser sur les nombreux articles, forfaits restaurants, billets de spectacles, œuvres d'arts et livres de collection, fabuleux prix de sa vente aux enchères qui est organisée.

Merci d'avance !

Quelques aits saillants


Radio Centre-Ville, c'est un engagement continu à articuler la singularité et l'universalité des communautés qui forment le tissu social de Montréal. Et c'est aussi, entre autres :

  • La plus ancienne émission de cinéma, Derrière l'Image (depuis 1980, toujours en ondes)
  • La plus ancienne émission de hip-hop francophone, Nuit Blanche (depuis 1991, toujours en ondes)
  • La plus ancienne émission féministe anglophone, Matrix (depuis 1980, toujours en ondes)
  • La première émission produite par et pour les homosexuels dans la défense de leurs droits (1981)
  • Des émissions réalisées par des prisonniers, Souverains Anonymes (prison de bordeaux)
  • La première émission hebdomadaire produite par des enfants, Radio Enfants (depuis 1999, toujours en ondes)

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