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24/04/2016 09:09 EDT | Actualisé 25/04/2017 05:12 EDT

Les quartiers de Montréal grands perdants

Les corporations de développement économique communautaire de Montréal ont appris que Développement économique Canada ne renouvellerait pas son appui financier.

Une récente décision de l'Agence de développement économique du Canada (DEC) pour les régions du Québec sonne le glas pour les corporations de développement économique communautaire (CDEC) de Montréal et leur approche de développement économique communautaire basée sur la concertation avec la société civile.

En effet, après avoir survécu au saccage lié à l'adoption du projet de loi 28 l'an dernier et à la reconfiguration du développement économique local montréalais, les CDEC ont appris, le 29 mars dernier, que l'agence fédérale ne renouvellerait pas l'appui financier qu'elle leur octroyait, pour certaines d'entre elles depuis plus de 30 ans.

Nous déplorons cette décision, d'autant plus étonnante que Développement économique Canada a renouvelé son appui financier aux CDEC des autres régions (Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke). Ce sont donc les quartiers de Montréal, que les CDEC ont grandement contribué à revitaliser, qui en seront les grands perdants.

C'est toute une expertise s'appuyant sur une connaissance pointue de la réalité sociodémographique et économique des quartiers de Montréal que l'on perd avec cette décision de Développement économique Canada.

C'est aussi, encore une fois, un espace démocratique, un lieu de concertation qui disparaît. Ce qui s'ajoute à tous ceux qui ont été démantelés au cours de la dernière année par les mesures d'austérité du gouvernement Couillard, que l'on pense aux Conférences régionales des élus (CRÉ), à plusieurs Centres locaux de développement (CLD), aux agences de la santé et des services sociaux.

Les premières CDEC sont nées au milieu des années 1980, notamment dans les quartiers du Sud-Ouest et Hochelaga-Maisonneuve, de la volonté commune des principaux acteurs socioéconomiques de leurs territoires de se donner un outil de développement au service de leurs collectivités. Leurs conseils d'administration, composés de représentants de divers milieux - d'affaires, communautaire, syndical, institutionnel - et de la population sont représentatifs de ces collectivités. C'est cet ancrage local qui a permis une participation réelle de la communauté aux orientations, aux actions et aux projets de développement des CDEC. Établissant un lien indissociable entre le développement économique et social, leurs actions avaient à la fois pour objectifs de maintenir et de créer des emplois sur leurs territoires, et d'offrir des services pour aider les chercheurs d'emploi à améliorer leur formation, leur employabilité et leur intégration au marché du travail.

Elles travaillaient à un développement local durable, mobilisant les acteurs socioéconomiques de leurs territoires autour de stratégies de revitalisation économique et sociale, l'un des exemples étant leurs interventions pour la préservation et la mise en valeur des zones d'emploi dans les différents quartiers de Montréal. Elles comptent à leur actif de multiples projets structurants.

Dans le contexte actuel, alors que l'économie et la création d'emplois sont au ralenti, nous croyons que Montréal n'a pas les moyens de perdre des organisations comme les CDEC et leur approche de développement économique communautaire, axée sur la concertation et la mobilisation des représentants de la société civile. L'Agence de développement économique du Canada doit revenir sur sa décision. Les quartiers de Montréal n'ont pas les moyens de se priver de l'expertise de ces travailleurs et travailleuses qui ont permis de réaliser des projets aux retombées économiques et sociales importantes pour la population.

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