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18/04/2019 10:11 EDT | Actualisé 13/05/2019 10:48 EDT

L’urgence de prendre en charge les personnes souffrant du mal de vivre

La famille s’épuise et crie au secours. Pourquoi notre système de santé ne peut-il pas répondre au nombre grandissant de jeunes en détresse psychologique et qui souffrent de divers problèmes?

aldomurillo via Getty Images
Des familles peuvent attendent plusieurs mois avant de rencontrer un professionnel pour une première évaluation et par la suite d’avoir un rendez-vous pour leur jeune souffrant de détresse psychologique.

La santé mentale de nos jeunes est préoccupante. Les familles ayant des jeunes qui souffrent de problèmes de santé mentale ne reçoivent pas de services. Lorsque le jeune est malade, toute la famille en souffre et ça devient lourd et stressant pour tout le monde. Même les adultes qui sont aux prises avec des problèmes de maladie mentale sont présentement coincés, en attente de rencontrer un psychiatre.

La durée d’attente est interminable pour une famille. Elle cherche de l’aide, se rend à l’urgence et ne reçoit pas les soins appropriés, elle s’en retourne bredouille sans avoir de solutions pour aider son enfant en détresse. Pour elles, le temps semble long, surtout si l’enfant démontre des comportements dérangeants et perturbants.

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La famille s’épuise et crie au secours. Les parents ne savent pas où cogner pour obtenir de l’aide. Que se passe-t-il? Notre système de santé est-il à bout de souffle? Est-il rendu inefficace? Pourquoi ne peut-il pas répondre au nombre grandissant de jeunes en détresse psychologique et qui souffrent de divers problèmes?

Le premier problème est l’engorgement des guichets uniques, soit les GMF, surtout dans le domaine de la pédopsychiatrie et même dans les urgences de plusieurs hôpitaux.

Ça déborde partout. On manque de places pour recevoir les patients qui devraient demeurer à l’hôpital et recevoir des soins en psychiatrie. Dans les GMF, on leur donne des rendez-vous plusieurs mois plus tard ou, encore, on manque de pédopsychiatres et de psychiatres.

Des familles peuvent attendre plusieurs mois avant de rencontrer un professionnel pour une première évaluation et par la suite d’avoir un rendez-vous pour leur jeune souffrant de détresse psychologique. Quoi faire pour remédier à cette situation qui ne laisse personne indifférent?

Lors de l’arrivée de la personne en détresse psychologique, le psychiatre de garde doit évaluer la dangerosité de la personne. Si cette dangerosité n’est pas imminente, on ne garde pas la personne.

Pour les psychiatres, si la personne n’est pas dangereuse pour elle-même et encore moins pour les autres, alors on lui donne son congé dans les 24 heures qui suivent.

On relate dans les journaux des histoires accablantes concernant le suicide chez nos jeunes et les adultes. Qu’attendons-nous pour mettre en place des services comme des cliniques spécialisées en santé mentale? Pour ouvrir plus de centres temporaires pour la prise en charge des personnes souffrant de psychose, comme les centres de crise L’Accès, qui peuvent répondre présentement à la demande?

Qu’attendons-nous pour mettre en place des mesures préventives pour contrer les suicides et pour atténuer la souffrance des personnes aux prises avec une maladie mentale avec psychose à travers les hôpitaux du Québec?

Il est urgent de se pencher sur ces graves problèmes qui ne font qu’accentuer la détresse psychologique des familles et des proches atteints de maladie mentale qui ne sont pas pris en charge en raison de leur niveau de dangerosité qui n’est pas imminent.

Il est où le problème? Qui doit s’occuper de ces jeunes en détresse psychologique? Comment parvenir à recevoir des soins pour atténuer la souffrance de plus en plus présente dans notre société?

Les familles et leurs jeunes sont dans l’impasse. Les familles sont dépassées par l’attente interminable, elles souffrent, surtout chez les mères qui deviennent épuisées, inquiètes et qui cherchent désespérément de l’aide, vivent de l’angoisse, de l’anxiété et de la détresse. Cette détresse peut se changer en dépression étant donné leur impuissance face à leur enfant souffrant et qui est sans diagnostic.

Il faut que ça change dans notre système de santé, et particulièrement dans nos urgences. Il faut aider ces familles aux prises avec un jeune souffrant du mal de vivre pour parvenir à atténuer leur souffrance, pour les aider à trouver de l’aide pour leur enfant qui a des problèmes de comportements en classe et à la maison. On doit vraiment trouver des solutions pour permettre aux familles de soigner leur enfant souffrant. Il y a une urgence d’agir pour apaiser la souffrance de ceux qui la subissent.

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