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11/11/2016 06:28 EST | Actualisé 11/11/2016 09:32 EST

Laïcité et vraies affaires: ce qu'on ne dit pas

Les religieux seront morts de rire tant qu'on ne s'attaquera pas à l'éradication de leurs nombreuses et très lucratives sources de revenus.

L'étude de la docteure Cécile Rousseau sur les liens entre la radicalisation des jeunes et la religion appartient au monde de ce que Charles de Gaulle, selon la rumeur, appelait «les chercheurs qui cherchent» et qui trouvent ce qu'ils cherchent. Selon les critères définis par Karl Popper, philosophe des sciences, cette étude est-elle reproduisible, falsifiable, vérifiable empiriquement, réfutable?

La critique des professeurs Baillargeon, Doyon et autres me semble appartenir à ce que les Québécois n'aiment pas: le monde de la chicane. Selon moi, elle ne fait pas avancer le débat en se basant sur des détails aussi techniques.

Dans les deux cas, les auteurs passent à côté des «vraies affaires». Ils contribuent à entretenir une confusion utile à ceux qui défendent la religion.

Quelle personne munie de jugement et de bon sens ne reconnaît pas les liens entre la religion et la violence? Pourquoi argumenter sur ce sujet, si ce n'est pour obtenir des subventions pour faire plus de recherches sur la déradicalisation!

Un article récent suggérait que l'université forme des imams. Les coûts seraient payés par le gouvernement. Pourquoi l'État subventionnerait-il des sorciers, des chamans, prophètes, pourvoyeurs de mythes, de légendes, de superstitions et de fictions? Mythes pour mythes, personnellement je préfère ceux des Grecs avec leurs dieux qui venaient faire la fête avec les humains.

Les «vraies affaires», c'est l'argent. Un État laïc abolirait les sources de revenus publiques des religions.

Récemment, le cégep de Maisonneuve a reçu une subvention pour déradicaliser certains jeunes. Ayant enseigné pendant 36 années dans un cégep, je peux prédire que, l'an prochain, le cégep va demander de doubler le montant de 400 000 $ obtenu cette année. Les travailleurs de corridors vont dénicher des jeunes à déradicaliser par dizaines. Cela s'explique par l'inversion de la théorie du transformisme de Lamarck: le fameux «c'est l'organe qui crée la fonction» devient «c'est la fonction qui crée l'organe».

Les «vraies affaires», c'est l'argent. Un État laïc abolirait les sources de revenus aux religions payées par tous, comme la taxe cachère sur chaque litre de lait vendu. Les réductions d'impôts pour donations aux religions devraient être abolies. Les congés de taxes scolaires et municipales accordés aux églises, synagogues, mosquées devraient disparaître.

Ces lieux bénéficient du déneigement des rues, des services d'aqueduc, d'égouts, de ramassage des vidanges, etc., comme tous les autres citoyens. Pourquoi sont-ils exemptés de taxes?

Les salaires versés aux prêtres, imams et rabbins par les institutions comme les hôpitaux, les universités, les prisons, les CHSLD, les cégeps, les centres jeunesse, etc., ne devraient pas être payés par l'État.

Tout comme les frais encourus pour accommoder ceux qui mangent cachère ou halal dans ces mêmes institutions devraient être abolis. Tous les utilisateurs des lignes aériennes paient pour les repas religieux.

Sans oublier la TPS et la TVQ, qui sont remboursées aux groupes religieux sur tous leurs achats. Ou les congés payés aux enseignants religieux à la CSDM pour les accommoder. Combien coûte à l'État l'exigence pour faire soigner les femmes musulmanes par des femmes médecins et des préposées du même sexe, et pour que les hommes hassidim passent leur examen de conduite à la SAAQ avec un homme?

Pouvons-nous, sans être accusés de faire des «amalgames», dénoncer les subventions aux écoles religieuses qui ne respectent même pas le curriculum du ministère de l'Éducation?

La ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, avait raison lorsqu'elle affirmait récemment que les femmes ont le droit de s'habiller comme bon leur semble. Il ne faut pas légiférer sur un bout de tissu. Les signes religieux ostentatoires comme le voile, le tchador, la burqa, le kirpan, la kippa, etc., ce sont des os à gruger pour les intellectuels, les professeurs, les chercheurs, les journalistes, les commentateurs et les chroniqueurs pour cacher la réalité des vraies affaires.

Un des avantages de ma suggestion d'abolir le financement étatique aux groupes religieux, tout en permettant à leurs membres de se déguiser comme ils le désirent, satisferait le lobby des droits de la personne. La Commission des droits de la personne (CDPDJ) n'aurait plus à entamer des poursuites et des procès payés par le gouvernement pour atteinte à la liberté religieuse. La Ligue des droits et libertés aurait beaucoup moins d'ouvrage.

Tout discours sur la laïcité, la religion, la radicalisation, les signes religieux, la charia, l'islamophobie, etc., qui ne s'attaque pas aux «vraies affaires» n'est pas sérieux et ne fait qu'exciter la galerie en contribuant à faire oublier le nerf de la guerre.

Tout moyen qui contribue à détourner l'attention des «vraies affaires» fait l'affaire des religieux, qui seront morts de rire tant qu'on ne s'attaquera pas à l'éradication de leurs nombreuses et très lucratives sources de revenus.

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