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05/03/2017 08:13 EST | Actualisé 05/03/2017 08:13 EST

Posez les bonnes questions à votre poissonnier

Avez-vous déjà pensé à demander à votre poissonnier de quoi avaient été nourris les truites ou les saumons d'élevage que vous achetez?

Quand vous allez à l'épicerie et que vous choisissez de troquer un steak de bœuf pour une darne de saumon, vous faites un choix santé. Quand vous questionnez votre poissonnier sur la provenance et l'espèce exacte du poisson qui finira dans votre assiette, vous faites un choix écologique.

S'il y a quelques années, les clients qui osaient demander aux poissonniers la provenance de leur poisson étaient accueillis par des sourcils étonnés, aujourd'hui les marchands affichent les provenances ouvertement, et on va même jusqu'à faire des tests génétiques pour s'assurer d'offrir aux clients les poissons qui sont affichés. C'est que plusieurs poissons sauvages sont en déclin, donc il faut choisir son espèce, sa provenance et sa méthode de pêche avec soin. En optant pour des poissons issus de l'aquaculture, vous vous dites que c'est mieux pour l'environnement. Vous avez raison, dans une certaine mesure.

Le saumon génétiquement modifié autorisé l'an dernier par Santé Canada inquiète les biologistes, car il pourrait se croiser avec des populations sauvages s'il s'évadait. Face à une question d'un actionnaire inquiet, le président d'une grande bannière en alimentation a récemment annoncé qu'elle ne vendrait pas de ces poissons dans ses épiceries, facilitant ainsi le repérage du consommateur, car ce poisson ne serait pas étiqueté comme OGM sur nos tablettes.

Mais, avez-vous déjà pensé à demander à votre poissonnier de quoi avaient été nourris les truites ou les saumons d'élevage que vous achetez? Après tout, la réputation du poulet de grain ou du bœuf nourri à l'herbe ne sont plus à faire. Pourquoi ne pas aussi s'interroger sur ce que mangent nos poissons d'élevage? Les moulées données aux poissons d'élevage carnivores doivent contenir une certaine teneur et une certaine qualité de protéines et de graisses.

On utilise beaucoup le soya, issus des monocultures d'organismes génétiquement modifiées comme intrant de base dans la moulée des poissons d'élevage.

On utilise beaucoup le soya, issus des monocultures d'organismes génétiquement modifiées comme intrant de base dans la moulée des poissons d'élevage. Mais ce soya a une empreinte écologique énorme, associée entre autres à la pollution des eaux de surface et au déclin de la biodiversité, liés aux ruissellements de fertilisants et de pesticides et à la déforestation, particulièrement en Amérique du Sud. Et son coût est à la hausse...

On utilise aussi beaucoup les huiles et farines de poissons sauvages. C'est ici un non-sens pour un client concerné par la protection de l'environnement d'acheter un poisson d'élevage nourri avec les fruits de la surpêche de poissons sauvages. Voilà une bonne question à poser à son poissonnier!

Depuis la semaine dernière, un nouveau type d'intrant dans la moulée des poissons a été autorisé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Il s'agit d'insectes, appelés mouches soldat noires, qui ont été élevés à partir de résidus organiques commerciaux ou agro-industriels. Dans la région de Vancouver, une entreprise traiterait 100 tonnes de matières organiques par jour pour élever des larves de mouches. À l'automne 2016, l'ACIA avait autorisé l'utilisation de ces larves pour nourrir des poulets. Le 15 février dernier, on apprenait que l'autorisation était maintenant accordée pour nourrir les poissons en aquaculture.

Si les gens, avec raison, se rebutent à l'idée de manger des larves de mouches, dites-vous que les poules ou les poissons carnivores en raffolent, et que cette diète leur permet une croissance optimale tout en minimisant l'empreinte sur l'environnement. Selon un récent sondage auprès de 700 répondants mené par Médhavi Dussault de l'Université de Sherbrooke, la grande majorité des Québécois serait confortable à l'idée de manger des animaux d'élevage nourris aux insectes.

Bravo à l'ACIA pour cette nouvelle homologation et à l'entreprise Enterra de Vancouver qui est la première au Canada à s'être lancée dans cette aventure. Et lors de votre prochaine visite chez le poissonnier, n'oubliez pas de lui demander de quoi a été nourri le poisson que vous achèterez!

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