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07/02/2016 12:38 EST | Actualisé 06/02/2017 05:12 EST

Les 5 défis de Sébastien Proulx

La loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance a été adoptée en 1997. Il est essentiel que nous remettions la famille au centre de nos préoccupations et de nos réflexions.

La famille occupe une place de choix dans l'échelle des valeurs de notre société. Son bien-être et son équilibre sont certainement des objectifs louables et recherchés par tous les parents du Québec.

Le 28 janvier dernier, Philippe Couillard a nommé le député de Jean-Talon, Sébastien Proulx, nouveau ministre de la famille.

Les défis auxquels le ministre de la Famille doit faire face sont grands. Il doit en effet s'approprier plusieurs dossiers touchant son réseau afin d'en assurer la pérennité. Rappelons que la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance a été adoptée en 1997 et qu'il est essentiel que nous remettions la famille au centre de nos préoccupations et de nos réflexions.

Voilà donc les 5 défis de Sébastien Proulx:

1. Une promesse rompue: une nouvelle facture pour les parents

La période de la production du rapport d'impôt remettra l'enjeu de la modulation des tarifs en garderie au premier plan.

En 2014, pendant la campagne électorale, le gouvernement libéral avait promis main sur le cœur de ne pas augmenter les tarifs en garderie au-delà de l'inflation. Il a brisé sa promesse en mettant en place une modulation des tarifs en fonction du revenu familial. Il s'agit d'une augmentation du fardeau des parents du Québec, qui croulent déjà sous les hausses de tarifs et taxes de toutes sortes.

Pour la première fois cet hiver, de nombreux parents auront une très mauvaise surprise en soumettant leur rapport d'impôt: en plus de la contribution de base de 7,30$ par jour qu'ils ont payée pour des services de garde éducatifs à l'enfance, les familles à moyens et à hauts revenus devront ajouter une contribution additionnelle pouvant aller jusqu'à 20$ par jour.

Celle-ci est exigible une fois l'an, soit au moment de la production de la déclaration de revenus. Les familles les plus touchées devront payer jusqu'à 2260 $ de plus par année, par enfant, pour leurs frais de service de garde en CPE. Une situation déplorable qui porte la signature du gouvernement libéral.

2. Mauvaise évaluation des besoins de places en garderies

Les libéraux continuent de développer le réseau des CPE en attribuant les places en vertu d'un plan qui a été décidé par les ministres précédents. Or, les prévisions des taux de natalité sont à la baisse et avec la modulation des tarifs, plusieurs familles se tournent vers les garderies privées non subventionnées. Les listes d'attente dans les CPE et les garderies privées subventionnées sont en baisse.

Les libéraux doivent mettre leur plan de développement du réseau à jour. Nous réclamons du nouveau ministre de la Famille une vision et un plan clair.

3. Rétablir des ponts avec les partenaires du réseau

Le 25 février 2015, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) ont réclamé d'un commun accord la démission de la ministre de la Famille de l'époque, Francine Charbonneau.

On allègue le manque de collaboration et de vision, ainsi que le climat de sourde oreille dont a fait preuve le gouvernement libéral. Cet automne, les discussions parfois houleuses se sont conclues par le retrait de l'AQCPE de la table des négociations.

Afin de bâtir un réseau correspondant aux besoins des parents, il est essentiel d'obtenir la collaboration de tous les acteurs du réseau. L'écoute doit prédominer dans les valeurs du nouveau ministre.

4. Des places toujours fantômes

Le gouvernement libéral n'a toujours pas agi dans le dossier des places fantômes. Il n'a jamais été en mesure de fournir une estimation des coûts engendrés par les places inoccupées. Pour l'exercice financier 2013-2014, le rapport Robillard sur la révision des programmes estime que l'État québécois aurait versé «280 millions de dollars en subventions pour des jours d'occupation sans présence d'enfants».

Le projet de loi 27 déposé à l'automne 2014 devait apporter des pistes de solutions pour régler le problème des places inoccupées. Cependant, l'idée de pénaliser les parents fût mal reçue et le gouvernement a mis ce projet de loi de côté. Or, l'automne dernier, La Presse rapportait que le gouvernement avait l'intention de ramener le projet de loi à l'avant-scène.

Force est d'admettre que le projet de loi avait été présenté sans réflexion et que le gouvernement a dû reculer et refaire ses devoirs. Cette lenteur à intervenir dans ce dossier est inacceptable et coûte cher aux contribuables.

5. Le développement des garderies aux horaires atypiques

Alors que les services de garde répondent adéquatement aux parents travaillant selon des horaires fixes de jour, l'offre pour répondre à la demande grandissante des parents travaillant selon des horaires atypiques se fait rare.

Les parents sont de plus en plus nombreux à travailler selon des horaires de soir, de nuit et/ou de fin de semaine et même parfois à temps partiel.

Le gouvernement semble avoir perdu de vue l'objectif principal de la Loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance, soit d'offrir de services de garde en tenant compte «des besoins des parents, notamment en facilitant la conciliation de leurs responsabilités parentales et professionnelles, ainsi que de leur droit de choisir le prestataire de services de garde».

Le gouvernement libéral doit s'assurer que l'ensemble du réseau se sentira interpellé par cette demande grandissante. L'objectif d'un réseau efficace est de répondre aux besoins des parents et des enfants du Québec.

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