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23/04/2015 12:00 EDT | Actualisé 22/06/2015 05:12 EDT

La voix des jeunes au Sommet des Amériques

Lors du Sommet des Amériques, toute l'attention était dirigée vers la rencontre historique entre le président de Cuba, Raul Castro et le président des États-Unis, Barak Obama. Mais les propositions que les jeunes ont partagées aux leaders de 35 pays présents au Sommet méritent aussi notre attention.

«Nous, les jeunes, sommes la majorité de la population en Amérique latine et dans les Caraïbes et nous voulons faire partie des décisions politiques.» C'était le message de José Montemayor, un jeune de la ville de Panama, aux chefs d'État présents au Sommet des Amériques au Panama le 10 et 11 avril.

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José était un des participants au Forum des Jeunes, tenu avant le Sommet. Ce forum, qui a réuni 400 jeunes des Amériques, n'a pas fait la manchette des médias. Lors du Sommet des Amériques, toute l'attention était dirigée vers la rencontre historique entre le président de Cuba, Raul Castro et le président des États-Unis, Barak Obama. Mais les propositions que les jeunes ont partagées aux leaders de 35 pays présents au Sommet méritent aussi notre attention.

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J'ai eu l'occasion de suivre les discussions du Forum des jeunes et d'échanger avec quelques participants. Pour plusieurs d'entre eux, ce Sommet des Amériques représentait le début d'une nouvelle ère de dialogue et de collaboration dans la région. Ils ont aussi rappelé qu'ils habitent dans la région la plus inégale du monde et que la « Prospérité avec Équité », thème central du Sommet, deviendra une réalité seulement avec l'implémentation des politiques qui s'adressent aux défis auxquelles ils sont confrontés au quotidien.

Selon l'UNFPA, en Amérique latine et dans les Caraïbes, il y a plus de 165 millions de personnes entre 10 à 24 ans, sur une population totale de 618 millions. Les jeunes au Panama ont présenté cette situation démographique particulière comme une occasion à saisir. «Dans la région, il y a une grande proportion de la population avec la capacité de travailler, de produire, d'épargner et d'investir», a affirmé une jeune de la Colombie.

Pourtant, cette opportunité n'est pas potentialisée ni par les gouvernements, ni par le secteur privé ni par la société civile. 39 pour cent des jeunes de la région vivent dans la pauvreté. Plusieurs d'entre eux n'ont pas accès ni à l'éducation ni aux services de santé et souvent sont victimes de la violence (l'une des principales causes de décès en particulier pour les jeunes hommes).

En Amérique Latine et dans les Caraïbes, le taux de chômage des jeunes reste deux fois plus élevé que le taux moyen. D'après l'Organisation internationale du travail, il y a plus de jeunes qui sont étudiants à plein temps, faisant de cette génération la mieux éduquée de toute l'histoire. Parallèlement, 108 millions de jeunes dans la région ont des difficultés à trouver du travail au début de leur vie professionnelle.

De plus, ce sont les jeunes autochtones et les filles qui souffrent le plus d'exclusion et de l'impact des inégalités économiques. L'Amérique latine et les Caraïbes ont le deuxième taux le plus élevé dans le monde de grossesses chez les adolescentes entre 15 et 19 ans .

Quelles étaient donc les demandes des jeunes aux leaders des Amériques? Martina Bouchal, ambassadrice de World Merit et panelliste dans le forum des Jeunes, l'a bien résumé: « Rien sur nous, sans nous. Les jeunes doivent être inclus dans chaque étape du processus.»

Dans la déclaration présentée aux leaders, les jeunes ont demandé la création d'espaces formels pour participer aux décisions qui les concernent. L'investissement dans l'éducation universelle de qualité, la création d'emplois décents, le respect des droits des migrants, la lutte contre la corruption, plus de transparence, l'action sur les changements climatiques et la proclamation des les Amériques comment une « zone de paix ».

Le Sommet des Amériques devait finir aussi avec une déclaration commune des États. Malheureusement, ils ne sont pas arrivés à un accord, un résultat décevant pour les jeunes et pour ceux qui vivent au jour le jour les impacts néfastes des inégalités.

Le Sommet et les forums sont finis, mais les recommandations sont sur la table. C'est maintenant aux chefs d'État des Amériques d'agir. Les demandes des jeunes et de la société civile sont claires: nous voulons que la balance soit équilibrée, nous voulons un monde plus juste.

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